JEANNE LA ROUSSE
Sorte de caprice. Béranger se laissa séduire par le mouvement énergique et simple que comportait un pareil sujet.
Avec de tels vers, Jeanne, malgré ses cheveux et le dédain qu'ils lui valent, devient touchante, presque belle. Et cependant son histoire attristerait sans doute les filles n'ayantni dot ni figure : car richesse et beauté, assure- t-on, rendent le mariage plus facile. Je ne sais ; mais laideur et simple aisance le rendent évidemment plus heureux. Dans ce dernier cas, en effet, c'est l'esprit, le caractère, la bonté, les talents et les autres qualités semblables que l'époux a voulues. Tout cela reste, même acquiert plus de prix avec les ans. On n'en saurait dire autant de la figure et de la fortune,
l'une poLivaiil, l'autre devant disparaître... et bien vite quelquefois !... Ce sont les beaux yeux et la cassette qui font surtout les lunes ih miel, après quoi viennent, hélas ! les lunes, même les années de fiel. Le mot de miracle, au dernier couplet, laisserait espérer un instant la conversion du braconnier, en tant c[u'il soit païen ou pire. On croit le voir s'amender, tout au moins prendre un port d'armes, enfin rendre Jeanne désormais heureuse. Le miracle fait défaut, mais restent ces vers vigoureux et frais comme des boutons printaniers .