‹ Béranger et ses chansonsChapitre 249 sur 269 · CONSEIL AUX BELGES · texte numérisé non relu

CONSEIL AUX BELGES

Béranger était républicain, mais patriote surtout, et dans l'acception raisonnable du mot; c'est-à-dire que, s'il avait cru la monarchie plus favorable aux intérêts de la France, il l'aurait préférée, malgré ses répugnances personnelles. C'est dans ce sens, et dans ce sens seulement, qu'il fut partisan de Napoléon. Il vit en lui l'homme qui nous avait donné tant de gloire et fermait l'ère des échafauds et de l'anarchie ; car 93 ne s'était jamais effacé de son souvenir, ni la vue de

KT SES CHANSONS. :m

ces tôtes portées au bout des piques, dans les journées d'octobre.

Après de tels spectacles, et mieux éclairé encore par sa connaissance si nette de l'histoire, il avait compris, de bonne heure, ce qu'avec l'âge et quelque esprit d'observation, on manque rarement de comprendre ; à savoir : qu'un gouvernement, quels que soient ses noms et institutions et constitutions , n'est autre chose en effet que ce que lui permettent ou le forcent d'être les gouvernés. Et encore, que le caractère politique des individus ne dépend non plus du titre qu'ils se donnent, ni du parti auquel ils appartiennent; mais de leurs sentiments, de leurs idées, de leurs habitudes, en un mot, de toute leur façon d'être; et, dans ce sens, ne serait-il pas aussi difficile, par exemple, de tenir, dans un certain sens, pour royaliste Fénelon, gentilhomme et archevêque, que pour repwblicains tant de gens, curieux avant tout de vivre à l'aise , d'être haut placés, bien rentes, logés, parés, aimant la liberté, l'égalité, la fraternité, presque autant que les soupers et les maîtresses?... Oh! qu'elle est bien contée l'histoire du loup,

Qui, commençant d'avoir petite part Aux brebis de son voisinage , . Crut qu'il fallait s'aider de la peau du renard, Et faire un nouveau personnage *.

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