‹ Béranger et ses chansonsChapitre 252 sur 269 · LE VIEUX VAGABOND · texte numérisé non relu

LE VIEUX VAGABOND

Sorte de protestation conirc l'indifférence de la société pour ses membres, et revenant à ceci : On brûle ou on enterre les morts, par piété, si l'on veut; et encore, parce qu'ils empoisonneraient l'air. Mais les vivants, si on ne s'en occupe aussi d'une certaine façon, sont-ils moins à craindre? D'où viennent la peste, le choléra et les autres fléaux semblables?... Si c'était de la misérable vie de certaines populations ! D'où viennent les révolutions, et, ce qui est un pire mal peutêtre, la lutte incessante des gouvernés et des gouvernants, ou des gouvernés entr'eux?... Si c'était des idées fausses, partout répandues, et dont, par une inexplicable sottise, ne s'inquiètent en aucune façon les gens les plus intéressés à les redresser et à qui la chose serait facile !

Combien de plaintes et de moqueries contre ces pauvres paysans, laissant croupir à leurs portes les eaux de pluie et d'étables ! Mais que l'Europe laisse croupir à sa porte aussi ces déplorables populations de rÉgypte et de l'Asie, où couvent des fléaux dont elle se voit décimée tous les vingt ans, et qu'elle laisse

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croupir ses innombrables artisans dans l'ignorance des vérités morales les plus simples ; qui s'en plaint , ou s'en effraie ou y prend garde même ! Seulement, on commence à trouver que les révolutions deviennent, bien fréquentes, et à s'étonner d'entendre professer et proclamer hautement certaines propositions, devant lesquelles auraient reculé naguère les habitués des bagnes eux-mêmes.

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