‹ Béranger et ses chansonsChapitre 251 sur 269 · SOUVENIRS D'ENFANCE · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'ENFANCE

A la paresse, hélas! toujours enclin.

Il le fut en effet dans son enfance, au delà de toute mesure, et physiquement et intellectuellement; car à huit ans il se faisait encore porter sur les bras ; et , d'autre part, comme le plus souvent les maux de tête l'empêchaient de suivre aucune étude, il feignait de les ressentir , même quand il était bien . afm de se

préserver autant que possible de l'a, 6, c. D'ailleurs sa mémoire, quoique excellente , se refusant à retenir le moindre mot de latin, on le jugea incapable de devenir enfant de chœur. Ce début promettait peu.

La gloire , inconstante fumée

Qui tire aussi les larmes de nos yeux.

Rapprochement un peu forcé, il en convenait. La fumée de la gloire, aussi douce d'abord que l'autre est acre, devient assez vite bien autrement douloureuse et nous tire des larmes plus cuisantes. Loi générale et absolue, et qui n'est pas une des moins admirables de l'ordre moral : plus un avantage exceptionnel, quel qu'il soit, nous élève au-dessus d'autrui. plus il faut en souffrir tôt ou tard; gloire, esprit, fortune, beauté, pouvoir, il n'importe ! Le pourquoi serait facile à montrer, mais ailleurs que dans une note.

La Berceuse, c'est la jeunesse, c'est-à-dire l'espérance : continuer à espérer, c'est avoir conservé le meilleur du bel âge. Combien de rêves de quinze ans déjà dissipés à trente! Dîners, bals, maîtresses et le reste ne sauraient fournir une carrière bien longue; le bout s'en trouve vite. Or, la pauvre vieille femme, se traînant vers le soir des jours gras, dans quelque église écartée, et qui fait sourire peutêtre le jeune homme courant aux fêtes , si elle croit fermement, espère plus et mieux ([ue toutes les fêtes.

F/r SES CHANSONS. 375

que toutes les joies de ce monde, et la jeunesse, valant en effet par l'espérance, ffuellc jeunesse vaudrait son vieil âge? Quelle jeunesse vaudrait la foi?

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