‹ Béranger et ses chansonsChapitre 49 sur 269 · BOUQUET A UNE DAME DE 70 ANS · texte numérisé non relu

BOUQUET A UNE DAME DE 70 ANS

Sans contredit l'esprit fut loin de manquer à Panard, à Favart et à plus d'un autre, et ils savaient aussi bien que personne tourner des couplets vifs, élégants, d'une correction suffisante à tout prendre et d'un fonds d'idées à l'avenant. Mais Béranger aura beau les vanter, ses éloges ne compenseront pas le tort que ses vers font aux leurs. Pour montrer ce qu'ils valent , le mieux serait de l'emporter moins sur eux.

Au reste, il a eu plus d'un rapport avec Panard. Comme lui il fut d'abord simple expéditionnaire , et

comme lui %e passa de grec et de latin , et d'amour à la Saint-Preux.

En parlant des Parques il semblerait oublier son antipathie pour le vieil âge :

Les souvenirs naîtront bien vite; Nos cœurs émus en seront pleins.

Moments divins!

Les moments divins !... quoi de mieux à vingt ans! et pour Béranger dont les souvenirs ici vaudraient l'es pérance. M"^ de Scudéry appellerait celle-ci la fleur, les autres les fruits du bel arbre de notre vie humaine. Avec cette différence , lui dirait - on , que les mauvais fruits ne sont bons qu'à jeter, et que les souvenirs, tout peut se garder , suivant le pieux Enée, les pires devenant presque les meilleurs avec le temps.

Des maux passés la souvenance est douce.

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