‹ Béranger et ses chansonsChapitre 74 sur 269 · LES OISEAUX · texte numérisé non relu

LES OISEAUX

Monsieur Ainault, condamné à l'exil en 1815, se préparait à quitter la France ; Béranger ressentit vivement le malheur de cet homme de bien, à qui d'ailleurs il avait de véritables obligations. La police découvrit la chanson; elle fut même lue à Louis XVIII, qui s'opposa à la destitution, répétant qu'il fallait passer quelque chose à l'auteur du Roi d'Yvetot, On se contenta donc de sermonner fortement ledit auteur, de le menacer d'un congé. <( Dans se cas, je me fais journaliste, répondit-il; si cela convient, je suis prêt! » Gela ne convint pas, et il garda sa place.

Monsieur Arnault, qui recevait beaucoup de monde alors, et faisait même partie d'une société littéraire, dite des Déjeuners, où Béranger chanta une partie de ses chansons, fut un de ses aristarques et lui donna de bons conseils; surtout à propos du poëme intitulé le Pèlerinage, espèce d'idylle en grands vers, faibles et assez secs. Béranger avait beaucoup travaillé cet ouvrage, et lui dut plus d'un progrès dans sa façon d'écrire.

Ces couplets valent-ils le danger qu'ils firent courir à l'auteur?... Il y aurait tout au moins à remarquer que l'émigration des oiseaux n'est, sous aucun rapport, un exil pour eux, et qu'en voyageant ainsi ils se donnent bien plutôt les airs et les aises des prétendus

heureux d'ici -bas, pouvant, suivant les saisons, chercher un climat plus frais ou plus chaud.

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