‹ Béranger et ses chansonsChapitre 79 sur 269 · MA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

MA RÉPUBLIQUE

Tout cela est un peu cherché, et donne lieu dès lors Mes rapprochements dont le plus grand défaut n'est ps toujours de manquer de justesse.

Le second couplet parle de proscrire l'ennui : Bérager l'avait en effet en parfaite antipathie. Il me rcontait qu'un jour , à table , dans une grande maisu, entre deux voisins comme il en est trop, il s'était lîssé aller à un tel engourdissement d'esprit , qu'oubant la scène et les personnages et croyant se parler àui-même, il s'écria tout à coup ; « Mon Dieu ! que j< m'ennuie! »

Point d'entraves à la pensée Par ordonnance de Bacchus.

( qui semblerait revenir au veritas in vino. Mais cette

un scène pleine de charme et de grâce. Taliarque a pour seuls interlocuteurs les vents, alors aussi

Rendant les portes bruyantes ,

et doit boire tout seul son vin : or, s^erait-ce le plus vieux falerne, le passe-temps, ne pouvait sembler bien gai à un homme que rien n'empêchait d'aller causer avec tous les gens amusants d'alors.

Et quelle différence entre les deux façons de finir ! Ces jeux du soir , ces causeries d'amour à voix basse , rappellent sans doute ce qu'a de plus gracieux et de plus piquant la jeunesse; mais évidemment il n'est donc plus question d'hiver, et l'on serait tenté de croire que ces deux dernières strophes appartiendraient à une autre pièce. Chez Béranger au contraire le tableau s'achève, et, malgré son cadre si étroit, semble complet.

Que nos portes restent closes , Et jusqu'au retour des roses, Chauffons -nous, chauffons -nous 'bien!

On regretterait que, pour mettre la jeune fille en scène , il ait fallu gâter un peu cet ensemble. Le second couplet, nécessaire au troisième, ne vaut aucun des autres, et n'a pas leur allure facile et leur pureté.

Pendant la première impression du volume, le correcteur fit tous ses efforts, auprès de Béranger, pour obtenir , dans le second couplet , le changement du mot ardent; et, comme on le voit, n'y réussit pas. Il

y a dans la Nostalgie : La fièvre court triste et froide en mes veines.

Tibulle a traité- un sujet analogue, sans doute avec son charme ordinaire , mais de manière à mieux montrer la supériorité de Béranger.

Oh! qu'il est doux, lui fait dire un traducteur.

Oh! qu'il est doux lorsque la pluie

A petit bruit tombe des cieux, De céder à l'attrait d'un sommeil gracieux! Qu'il est plus doux encor, la nuit près de Délie, De se sentir pressé dans ses bras amoureux Et d'entendre mugir l'Aquilon furieux !

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