‹ Béranger et ses chansonsChapitre 78 sur 269 · L'HIVER · texte numérisé non relu

L'HIVER

Du Soracte vois -tu le faîte Déjà de neige se couvrir, Et les grands arbres dont la tôte Sous les frimas semble fléchir?

Horace, dont la composition est trop souvent négligée, se montre inférieur ici à Béranger, même sous les autres rapports. Dans la chanson latine il ne s'agit que d'un simple conseil , à la vérité comme savait en donner l'ami de Virgile ; dans la française, c'est toute

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un- scène pleine de charme et de giàce. aiuirque a pour seuls interlocuteurs les vents, alors a-isi

Rendant les portes bruyanles,

et doit boire tout seul son vin : or, jjerii-ce le plus vieux falerne, le passe-temps, ne pouvait Mnbler bien gai à un homme que rien n'empêchait d lier causer avec tous les gens amusants d'alors.

Et quelle différence entre les deux faços de finir! Ces jeux du soir, ces causeries d'amour .voix basse, rappellent sans doute ce qu'a de plus gr.:ieux et de plus piquant la jeunesse; mais évidemient il n'est donc plus question d'hiver, et l'on serait teté de croire que ces deux dernières strophes a])i)artien<'aient à une autre pièce. Chez Béranger au contraire hiableau s'achève, et, malgré son cadre si étroit, sentie complet,

Que nos portes restant closes , Et justju'au retour des roses, ChaufTons-nous, chauflbns-nous'ltn!

On regretterait que , pour mettre la lune fille en scène , il ait fallu gâter un peu cet ensemb . Le second couplet , nécessaire au troisième , ne vai aucun des autres, et n'a pas leur allure facile et lei pureté.

Pendant la première impression du voime, le correcteur fit tous ses efforts, auprès de Bémger, pour obtenir, dans le second couplet, le chiigement du mot ardent; et, comme on le voit, n'y rassit pas. Il

^ a dans la Nostalgie : La fièvre court triste et froide e mes veines.

Tibulle a traité- un sujet analogue, sans doute avec sa charme ordinaire , mais de manière à mieux mont;r la supériorité de Béranger.

Oh! qu'il est doux, lui fait dire un traducteur.

Oh! qu'il est doux lorsque la pluie

A petit bruit tombe des cieux , De céder à l'attrait d'un sommeil gracieux! Qu'il est plus doux encor, la nuit près de Délie , De se sentir pressé dans ses bras amoureux Et d'entendre mugir l'Aquilon furieux !

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