‹ Béranger et ses chansonsChapitre 9 sur 269 · MA GRAND'MÈRE · texte numérisé non relu

MA GRAND'MÈRE

A bien compter, la jeunesse de cette vieille dame remonterait aux dernières années de Louis XV, et n'offre rien dès lors que de conforme aux mœurs de ce bon temps. Elle en devait causer simplement et sans phrase; ce qui a lieu. Seulement, le charme de ces beaux souvenirs lui fait oublier le demi -siècle écoulé depuis. Or les choses ont un peu changé, et, en y prenant garde, elle n'eût pas sans doute ajouté de conseils à ses confidences; car les petits- enfants qu'elle édifiait ainsi, ne pouvaient- ils lui dire : (( Mais, grand' mère, si vous agissiez dans votre jeune temps comme le font aujourd'hui , sauf le respect qui vous est du , les personnes de mauvaise vie, c'est qu'alors c'était sans doute l'usage; même fallait-il faire ainsi peut-être pour se voir considéré; mais désormais, malgré la grande dépravation tant reprochée à notre temps, si nous nous donnions la moitié de vos licences, mal pourrait nous en prendre. »

La bonne femme d'ailleurs, il faut le reconnaître, est amusante à écouter, et conte ses prouesses comme personne ne les eût contées dans ses beaux jours , s'entendant à versifier aujourd'hui, aussi bien qu'elle s'entendait jadis à faire

Tout ce qu'avait fait sa grand'mère.

ri BÉRANGER

Il fallait en effet une lessive à cette saleté d'autrefois; mais le sang lave -t- il?

Croirait -on que certaines gens ont été s'imaginer qu'il s'agissait ici de la grand'mère de Béranger?

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