PARNY
Cette chanson, faite à la demande de M. Wilhem, a quelque chose d'apprêté; ce qui lient sans doute à la différence d'inspiration des deux poètes, u Parny est homme de grand talent, me disait Béranger; quelquefois, à la vérité, ne tirant pas de ses sujets tout ce qu'ils pouvaient lui fournir. — Sans contredit! Mais ajoutez que préoccupé sans fin de lui-même, il ne sait jamais s'oublier pour quelque idée généreuse et d'un intérêt général, ni donner même à ses jouissances ou à ses regrets une expression qui les relève au moins. Car la passion peut encore trouver une excuse dans sa violence et se dérober en quelque sorte sous l'éclat de ses feux ; mais comment ne pas se lasser bientôt de tous ces caquetages d'alcôve? )>
Et ses œuvres de longue haleine ne rachètent guère le défaut de ses autres pièces. Que dans celles-ci, il ait égalé, surpassé, si l'on veut, TibuUe, ce serait un mérite et qui a son prix; mais que dans le Paradis perdu , dans les Galanteries de la Bible , dans la Guerre des dieux surtout, il ait, plus que Voltaire même, abusé de la raillerie, et d'une raillerie sans mesure, et bien souvent sans goût, et sans pitié, c'est ce qui semble difficile aussi à contester.