VI PRÉFACE
ont tour à tour abordée avec plus ou moins d'équité, plus ou moins de succès.
Je n'ai pas voulu redire seulement, sur les vertus et la bonté de l'homme privé, ce qu'on a si souvent répété, et augmenter le nombre des anecdotes vraies, vraisemblables et fausses, qui se sont étalées dans les journaux, dans les brochures, dans les livres petits et gros.
Je n'ai pas tiré de ma mémoire, ni de mon carnet, des mots saisis au vol, à la table de Béranger, ou des lambeaux de phrases hachées par les hasards et les caprices de la conversation. Je ne donne même qu'un très-petit nombre de citations de lettres inédites du poète, et ces citations, où l'on ne trouvera rien qui me soit personnel, ont pour unique objet de mettre dans un jour éclatant ses opinions politiques, si cruellement défigurées depuis quelques années par des adversaires à qui tous les moyens ont semblé bons, pourvu qu'ils parvinssent à transformer, aux yeux du public, le républicain Béranger en un courtisan de toutes les dictatures, du 18 brumaire jusqu'à nos jours.
C'est en entrant dans vos vues que j'ai formé le plan de ce travail. — Quel est-il?
Vous n'aviez pas connu personnellement notre grand poëte national, mais vous deviniez, sous la