‹ Béranger, ses amis, ses ennemis et ses critiques (volume 2)Chapitre 9 sur 67 · N06 INTIMES · texte numérisé non relu

N06 INTIMES

préfet de police déclaraient giie le poote était une € gloire nationale. i»

On aurait pu croire qu'il ne restait de fidèles à Béranger, le lendemain de sa mort, que le [Mnij)le et M. le préfet de police. Le reste, hommes dt» 1<Htres et bourgeois, sauf de belles et nombnnises exceptions sur lesquelles nous reviendrons, semblait l'abandonner et le renier.

De pareils faits sont trop extraordinaires pour ne pas nécessiter une explication.

On sait que Touvrier parisien ne choisit pas habituellement ses grands hommes sur la rec/)mmandation du haut fonctionnaire préposé à la sAreté pul)liqiie. On comprend que des ennemis ne se nuniissent pas, que des amis ne se séparent pas, de j^^aitîté de cœur, sans im naotif apparent ou caché ; qu'il a fallu pour amener un pareil résultat des causes exceptionnelles, un malentendu, volontaire ou non, mais complet. Il n'est pas logique que l'on condamne à la fois chez un même homme, son hypocrisie et sa licence, sa haine des rois et son mépris de la liberté, son impiété et son déisme aboutissant à une conversion; qu'on l'accuse d'avoir mis perfidement un immense talent au service des plus mauvaises passions, et d'être un piètre rimeur de chansons sans portée; qu'on lui reproche, républicain, de rêver Tônpire, égoïste, de rester pauvre, ambitieux, de refuser tous les honneurs, et cela à seule fin de se montrer désagréable à ses contemporains et de conserver une popularité dont sa ruse et son habileté n'ont su, d'ailleurs, tirer bien clairement aucun profit personnel.

Mais avant de nous occuper des ennemis avoués de Déranger, de ceux qui Tout hautement attaqué, nous devons parler de quelques-uns de ses amis intimes dont plusieurs ont contribué à rendre la réaction contre le poëte populaire plus générale et plus violente.

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