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Ailleurs, au Joicrnal des Débats, les rédacteurs se succédaient et se combattaient comme dans une arène. Il y avait M. Cuvillier-Fleury, M. Bersot, M. Renan, descendu tout à coup des hauteurs de la théologie indépendante pour déclarer qu'il avait pHs la peine de hre le chansonnier et prouver qu'il n'y entendait guère. D'un autre côté, M. de La BédoUière et M. Veuillot annonçaient au public, le premier par le crayon de son dessinateur ', le second, avec le style contrit approprié aux capucinades, que Béranger s'était confessé, tandis que les voltairiens épars dans divers recueils l'accusaient d'irréligion et d'impiété. Enflm, M. de Lamartine élevait une statue au poëte et à l'homme, vers le temps où M. Louis Ulbach, dans le Courrier du Dimcmchey parlait de « l'indécision et de la tactique » du bonhomme, de sa poétique surannée qui ne » sait que faire rimer lauriers et guerriers, cotillon et )D Frétillon, »
Chose singuhère , l'homnae ainsi poursuivi et traqué de toutes parts, avait eu, quelques mois auparavant, 500,000 personnes à son convoi. Ce jour-là les ouvriers désertèrent leurs ateliers. La population entière, sur le passage du cercueil, acclama le citoyen et le chansonnier. Les rues regorgeaient d'hommes et de femmes de toutes les classes, portant des immortelles à la main ou à la boutonnière ; la garnison de Paris, le fusil chargé, rendait des honneurs à Béranger en protégeant l'ordre, et, sur les murs de la capitale, les proclamations de M. le
^ Les Grands Hommes iUustrés, par Janvt-Lange : BÉRANGER,