‹ Béranger, ses amis, ses ennemis et ses critiquesChapitre 7 sur 39 · LES CRITIQUES BIENVEILLANTS · texte numérisé non relu

LES CRITIQUES BIENVEILLANTS

MM. de Lamartine, — Louis Blanc,— Laurent Piehat,

— George» Band, — A. Biaise, — Ta vile Delord , — Hlppolyte Lacas, — Jules Janin, — Bersot, — Louis de Loniénie. — Edouard Fournier, — dénient de Bis,

— Alexandre Dumas, — Julien Travers, — Eugène Noël, — l> ii mes it il. — Michelet, — Gœthe.

Nous venons de voir le portrait de Béranger peint par ses ennemis et ses adversaires. Suivant l'un, — M. Sainte-Beuve , — le chansonnier était un malin et un égoïste, plein de ruse dans son talent et dans sa vie , un habile toujours à l'affût de la popularité et lui sacrifiant même son devoir; suivant l'autre , — M. de Pontmartin, — il représentait l'esprit de parti dans ce qu'il y a de plus bas, de plus méchant et de plusèé/e. Un troisième, — M. Veuillot, — après avoir converti et confessé le poëte, passait brusquement de la calomnie à l'insulte, traitait d'illustre baudruche

et de canaille l'absous de la veille , et s'égayait aux dépens de ce mort voué à la réprobation dans ce monde et aux flammes de l'enfer dans l'autre. Aussitôt survenait un philosophe mélancolique , qui découvrait un théologien sous l'auteur du Bon Dieu, et l'appelait faux ivrogne et faux libertin, homme d'opinions plates et philistin. Nous avons ensuite consulté, sans sortir de la sphère religieuse, la pléiade des écrivains protestants. En désaccord sur tous les points avec les autres adversaires du chansonnier, ils lui ont seulement reproché son immoralité, regrettant sans doute qu'il n'ait pas consacré son immense talent à faire des psaumes , ce qui aurait répandu en France le goût des saines traditions et des beautés de la Bible. Tout à coup un bruit sourd, mêlé à la voix des grelots , a détourné notre attention; c'était le Figaro qui battait la grosse caisse avec un goupillon , et annonçait à son public habituel qu'il avait surpris Béranger dans la voie des aveux cyniques; que ce prétendu poëte était un affreux bourgeois, un athée , un ennemi de la société, s'arcboutant au- vainqueur pour ruer contre le vaincu.

Au sortir de la foire , nous avons eu le plaisir de rencontrer M. Proudhon, admirant le poëte, oubliant l'homme, blâmant le révolutionnaire dans Béranger, mais sans douter un instant de la sincérité de ses convictions ; puis M. Louis Ulbach, qui applaudit M. de Pontmartin, qui applaudit M. Pelletan, et reproche au chansonnier d'avoir été trop peu emprisonné et pas du tout exilé. Enfin , M. Pelletan s'est dressé devant nous, la main levée : il a

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