Archives de la Seine. Va L
propriétés comprises dans les baux, nous relevons encore la description suivante de la commune de Bercy en 1 8 1 8 :
Le territoire de la Commune de Bercy est très restreint, il ne comprend que 259 hectares 82 ares. Sur cette étendue, plus de la moitié est enlevée par les propriétés bâties et les jardins qui en dépendent, par les terrains le long de la rivière qui servent de magasins ou de chantiers ; et enfin, par le parc du grand château de Bercy, dont partie est en bois, et l’autre cultivée par le propriétaire. Ce qui reste est excessivement morcelé, une parcelle d'un arpent est fort rare, la plus grande partie est exploitée par les propriétaires, le reste est loué par petites parties à des gens qui sont plutôt jardiniers que cultivateurs, car ainsi qu’on l’a déjà dit, la Commune n’est qu’un vaste potager. Ces petites parties de biens changent souvent de propriétaires et plus souvent encore de locataires, les mutations qui ont lieu dans cette commune sont si fréquentes, qu’il n'a pas été possible de retrouver soit les propriétaires, soit les locataires des biens dont on ax ait pu se procurer les baux antérieurs à l’année 1809 L
Omnibus. — En 1828, la Municipalité semble quelque peu réfractaire à tous moyens de communication avec la capitale. C’est ainsi que le maire, M. le comte de Nicolay, prend un arrêté interdisant aux voitures, dites omnibus , créées justement en cette même année à Paris 1 2, de circuler sur le port :
Mairie de Bercy : Nous, Maire de laCommune deBercy, département delaSeine.
Vu l’arrêté de M. le Préfet de Police, relatif au service des voitures publiques, dites Omnibus.
Considérant :
i° Que ce service n’a été autorisé que pour l’intérieur de Paris, ce qui nous a été confirmé par une lettre explicative de M. le Préfet ;
20 Que le passage continuel de ces voitures sur les ports de Bercy, leur longueur et leur attelage, peuvent embarrasser les mouvements du port, nuire à la libre circulation et causer des accidents qu’il est de notre devoir de prévenir ;
Et voulant cependant concilier ce qu’exige la sûreté publique avec les avantages que le Commerce peut retirer de l’établissement de ces voitures à Bercy.
Arrêtons ce qui suit :
Article premier. — Le passage sur toute l’étendue des ports de Bercy, est interdit aux voitures, dites Omnibus.
2. La ligne d’omnibus créée en 1828 et desservant Bercy partait de la Bastille.
Art. 2. — Ces voitures pourront circuler sur toutes les autre voies publiques de la Commune.
Art. 3. — Aucune des voitures publiques, dites du Commerce , ne pourra stationner sur le port ; la tolérance accordée jusqu'à ce jour est révoquée.
Art. 4. — Les contrevenans seront dénoncés aux tribunaux, pourêtre poursuivis conformément à l’article 471 du Code pénal concernant les embarras de la voie publique, sans préjudice de toutes autres poursuites en cas d’accidents.
Art. 5. — Le présent arrêté aura son exécution 24 heures après sa publication ; il sera en outre imprimé et affiché dans toute l’étendue de la Commune, principalement sur les ports et aux barrières.
Art. 6. — Le Commandant de la Gendarmerie de cette résidence est chargé de tenir la main à l’exécution du présent.
Fait à Bercy, le 7 juillet 1828.
Signé : Comte de Nicolay L
En 1846, les voitures Orléanaises allaient du Louvre à la barrière de La Râpée, et les Omnibus , de la Bastille à la rue Grange aux Merciers. Après que le monopole des transports en commun de Paris eut été donné à la Compagnie des Omnibus , en 1 855, Bercy eut régulièrement deux lignes : Faubourg Sair.t-Honoré-Charenton , et Louvre-Bercy.
Bateaux-Mouciies. — Par eau, les communications entre Paris et Bercy sont assurées, depuis 1867, par les bateauxmouches devenus baleaux-parisiens , dont le terminus, en amont, est à Charenton, sur la rivière de Marne, avec escale à Bercy.
Fiacres etcabriolets. — Dans sa séance du 24 février 1847, le Conseil Municipal de Bercy, traita avec un loueur de cette localité, M. Harivel, pour l’organisation d’un stationnement sur la voie publique de fiacres et de cabriolets dont les prix étaient fixés à 1 fr. 5o la course et 2 francs l’heure 1 2.
Le 8 décembre 1849, le maire traitait avec M. Clément, pour un stationnement de six voitures de place et de remise, devant
2. Archives delà Seine, Registre n" 3 des délibérations duConseilMunicipaldeBercy.
sa maison, rue de Charenton, à la Barrière, et pour un stationnement semblable à La Râpée, concédé au sieur Richard.
Cabinet de lecture. — Dans un ordre d’idées, d’ailleurs tout différent, l’administration supérieure faillit intervenir pour retirer à la laborieuse population le pain de l’esprit en la privant, à force de formalités des distractions, saines ou malsaines, que procuraient alors ces officines très à la mode qui se nommaient des cabinets de lecture.
En 1827, cette ressource précieuse contre l’ennui et l’oisiveté était sur le point d’être créée à Bercy, quand le souspréfet de Sceaux s’avisa de vouloir examiner l’affaire de près, ce qui motiva la lettre explicative suivante du maire de la commune :
Mairie de Bercy. — Le 26 janvier 1827.
Monsieur le Sous-Préfet,
Répondant à votre circulaire du 19 courant concernant les cabinets de lecture et boutiques de librairie, j’ai l’honneur de vous annoncer qu’aucun établissement de ce genre n’existe en cette commune, seulement, le sieur Raphanel (Pierre) marchand débitant de tabac, ayant été obligé de prendre en paiement quelques collections de romans, s’est imaginé de se compléter en ce genre une petite bibliothèque qu’il tient dans son arrière-boutique et qu'il loue aux habitants, mais il ne donne pas à lire chez lui et ne tient pas de journaux.
Ces livres proviennent en grande partie du sieur Leroux, ci-devant instituteur en cette Commune, qui avait formé sa demande en autorisation pour un cabinet de lecture, mais ayant été obligé de quitter le pays, il se défit de ses livres en faveur du sieur Raphanel à qui il devait de l’argent. Ce dernier attache peu d’importance à cette spéculation, son commerce et ses propriétés suffisent pour le faire exister honorablement ; cependant si cette manière d’utiliser les livres qu’il a en sa possession, exige une autorisation, il en formera la demande aussitôt qu’il saura la marche à suivre pour cet effet.
Il est marié et père de famille, bien famé et connu avantageusement, ses opinions politiques sont sages et favorables au gouvernement du Roi.
Agréez, Monsieur le Sous-Préfet, l'assurance de ma haute considération.
L’adjoint : Tricot L
Théâtre. — Après le livre, la comédie.
En i832, une petite salle de spectacle avait été organisée dans une maison communale de Bercy, et la concession donnée à Sevestre, directeur des théâtres de la banlieue. La salle en question, d’ailleurs, présentait si peu de sécurité que sa fermeture avait bientôt été décidée par ordonnance du préfet de police. Cette mesure se justifiait également par le sans-gêne du directeur Sevestre, qui laissait la plupart du temps ses abonnés sans spectacle.
Les conséquences ne s’en firent pas attendre : levée de boucliers des habitants, échange de correspondances entre le maire de Bercy, le sous-préfet de Sceaux, le Préfet de police et, finalement, adoption d’une délibération du Conseil Municipal, le io mai i83q, tendant à la construction d’un théâtre dans les terrains de M. Gallois, situés au centre de la commune. La même délibération prévoyait que le théâtre serait construit selon les règles de l’art et suivant les ordonnances de police, et aussi que la direction continuerait à en être confiée aux frères Sevestre, Directeurs privilégiés des théâtres de la banlieue , en dépit de leur mauvaise volonté. De la lecture d’une lettre écrite par M. Libert, maire, le 6 juin 1 838, nous retenons que le Ministre de l’Intérieur refusa l’autorisation de construire le théâtre voté en i83q, et que la première salle, dont malheureusement nous n’avons pu identifier l’emplacement, avait été démolie en i83y h
Dix ans plus tard, le journal La Semaine , du 12 mars 1848, annonce qu’une tentative va être faite de la construction d’une salle de spectacle.
Bercy, cependant, ne demeura pas sans théâtre, et nous trou-
vons que des représentations continuent à y être données. En 1 853 « un essai a été tenté et a parfaitement réussi, quoique le théâtre, improvisé pour ainsi dire, laissât beaucoup à désirer...»
En i85q, l’œuvre fut continuée « sous l’active et intelligente direction de M. David Cerf fils » en raison « des résultats si avantageux obtenus pour la moralité de la commune ».
L’année suivante, le maire adressait à son Conseil Municipal un long rapport dans lequel il exposait la situation :
La population de la Commune de Bercy, disait-il, augmente de jour en jour, cette population qui se compose en grande partie d’employés et d’ouvriers, si laborieuse pendant le jour, est aisée et vit honorablement de son travail ; mais le soir elle inonde les estaminets et les cabarets. Les principaux habitants de la Commune ont pensé qu’il y avait nécessité à porter remède à cet état de choses, l’établissement d'un théâtre a été jugé indispensable.
Et le maire indiquait que deux honorables propriétaires avaient pris l’initiative de l’affaire en ouvrant chez les habitants une souscription qui s’était élevée â 22. 5oo francs. LJn grand bâtiment avait été loué et transformé ensuite en salle de spectacle, mais le tout revenait à 35.225 francs, qu’il n’était guère possiblede solder avec les 22. 5oo francs de la souscription. D’où intervention sollicitée du Conseil Municipal, par le maire, pour combler le déficit.
L’assemblée ne lit pas la sourde oreille. Après de longs considérants que l’on trouvera à nos pièces justificatives, elle vota, dans sa séance du i3 février 1 855, une somme de i5.ooo francs payable par tiers, pendant les années 1 856, 18,57 et [858, pour couvrir les dépenses du dit théâtre, et assura, pendant ces trois années, un loyer de douze cents francs par an pour le bâtiment1 .
D’une délibération du ier décembre 1 855, nous tirons d’autres
détails intéressant la question, à savoir, que les deux initiateurs du projet se nommaient Chrétien et Courvoisier, le premier, propriétaire de l’immeuble, le second, son associé ; que l’établissement qu’ils avaient fait construire était « un très joli théâtre, aussi beau, aussi bien décoré et meublé que ceux de Paris», et pour lequel ils avaient dépensé une somme de 37.600 francs en partie couverte par une souscription. Que bientôt, ne trouvant plus le concours de la population sur lequel ils comptaient, ils étaient sur le point de procéder à la démolition pour rentrer dans leurs déboursés, quand l’idée leur vint de s’adresser à la municipalité et de lui proposer de racheter le tout pour une somme de i5.ooo francs.
Ce fut alors qu’intervint la décision du i3 février, corroborée par celle du Ier décembre suivant, portant la mention ciaprès :
Le Conseil, considérant que la construction du Théâtre a eu lieu dans un but d’utilité publique, à la demande générale de tous les habitants, que ce théâtre plaît généralement et est devenu un lieu de réunion fort agréable pour les soirées d’hiver, qu’il fixe la résidence des négociants à Bercy; qu'il ne peut pas être détruit à présent sans porter un véritable préjudice à la propriété de Bercy et à la prospérité de la Commune L
Après le vote indiqué plus haut, il fut convenu que la Direction serait laissée à M. Husson, déjà titulaire de la place.
Ecoles. — C’est en 1 833 que, conformément à la loi du 28 juin de cette année, la commune de Bercy organisa deux écoles pour recevoir gratuitement 60 garçons et 40 hiles. Précédemment, les frais scolaires étaient couverts, en grande partie, par des dons particuliers, tel, celui du maire, M. Libert hls aîné qui, en 1 833, avait offert de ses deniers une somme de 900 francs.
1. Archives de la Seine. Registre n“ 4 des délibérations du Conseil Municipal de
Par sa délibération du io août 1 833, le Conseil, « considérant que l’Instruction publique est le plus grand bienfait de l’humanité, qu’il est du devoir de toutes les administrations de la propager et de la protéger partout », affectait un crédit de i.5oo francs à l’école de garçons pour loyer, traitement, chauffage et éclairage ; et un autre crédit de 5oo francs, dans les mêmes conditions, à l’école de filles. L’école de garçons était alors située rue de Bercy n° 36, et l’école de filles, rue de Charenton 1 .
Dans sa délibération du 20 septembre 1842, le même Conseil décidait la construction, d’après les plans de M.Canissié, architecte, de deux écoles de garçons et de filles, d’une salle d’asile et de la maison d’habitation des maîtres et maîtresses, le tout sur le terrain communal situé place de l’Eglise, à proximité de la nouvelle mairie. Il affectait à cette édification une somme de 49.0986'. 5p plus celle de 10. 520 fr. 97 pour achat d’un terrain supplémentaire, d'une superficie de 689 m. 90.
Avant cette époque, la commune était obligée de louer des salles pour ces écoles, et le loyer des trois maisons s’élevait à la somme de 1.800 francs.
En 1842, l’école communale de garçons comptait 120 enfants, celle de filles, de 110 à 1 1 5, et la salle d’asile, de 100 à 1 1 0 2 .
Une seconde école communale de garçons fut créée en 1 855, pour être desservie par quatre frères des Ecoles Chrétiennes.
Voici quel était le mouvement scolaire au 1e1' janvier 1857, trois années avant l’annexion à Paris :
1. Archives de la Seine. Registre n» i des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.
2. Archives de la Seine. Registre n" 2 des délibérations du Conseil Municipal de
BARRIÈRE DE PICPUS, de l’enceinte des Fermiers Généraux. D’après l’aquarelle de Palaiseau, exécutée vers 1819.
Une école de garçons tenue par les frères des Ecoles Chrétiennes, 260 élèves gratuits ;
Une école de tilles tenue par des religieuses, c5o élèves crratuites ;
Une école communale de garçons tenue par des maîtres laïques, 120 élèves gratuits, et 5o payant 3 francs par mois ;
Une école communale de tilles, tenue par des maîtresses laïques, 120 élèves gratuites, et 5o payant 3 francs par mois.
Une salle d’asile, 125 enfants payant o fr. o5 par jour.
Eclairage. — La commune de Bercy connut les beautés de l’éclairage au gaz à la suite de la délibération de son Conseil Municipal, du 6 novembre 1844. Avant cette date, elle était éclairée à l’huile, et avait même, à peu de temps delà, racheté à la Ville de Paris un certain nombre de réverbères abandonnés par cette dernière, quand elle-même avait adopté le gaz.
Cette délibération, qui avait été provoquée par une pétition d'habitants, de restaurateurs, de boutiquiers, concluait à la signature d’un traité de 18 années avec M. Fouçart, entrepreneur d’éclairage, cour des Petites-Ecuries, n°ç), à Paris. Ce traité devait commencer le Ier janvier i85o, date à laquelle expirait celui de l’éclairage à l’huile, à moins de résiliation anticipée de ce dernier. Une usine devait être édifiée en dehors du territoire de Bercy, et éclairer tout d’abord le port et les rues environnantes.
Le sieur Eoucart comprenait également dans son engagement, l’éclairage à l’huile de certaines parties de la commune, en attendant l’installation intégrale du gaz. Il devait recevoir une redevance de ofr. o.3 par bec de gaz et par heure, o fr. o5 par bec à l’huile et par heure, et o fr. 02 par lanterne de ce dernier système. L’entrepreneur s’engageait
BEKCY.
également à servir le gaz aux habitants moyennant le prix de o fr. 5o le mètre cube 1 .
Plaques de noms de rues. — Dans sa séance du 10 février 1845, le Conseil Municipal de Bercy décida que, dorénavant, des inscriptions de noms de rues seraient apposées aux angles de chaque voie publique. Le texte disait :
Considérant qu’il est indispensable d’indiquer exactement par plaques indestructibles, les noms des rues, places, chemins et boulevards de la Commune, de manière qu’en cas de démolition du mur ou de la maison qui porterait cette plaque, elle puisse être facilement déposée et reposée sur la nouvelle construction.
En vertu de cette décision, il fut commandé aux sieurs Bouillaut et Cie, fondeurs brevetés, 92 plaques en fonte indicatives des noms de rues, places et chemins, au prix de 4 fr. 5o l’une, posée et placée.
Colonnes urinoirs-affiches. — C’est dans cette même année, et à la suite de la séance du 10 novembre 1845, que le Conseil accorda au sieur Philibert Loron, entrepreneur d’affichage à Paris, l’autorisation de construire à ses frais dix colonnes urinoirs : « conformes à celles placées sur les boulevards de Paris ». Huit devaient être posées sur le port de Bercy, et deux sur la place de l’Eglise. Moyennant cette autorisation, l’entrepreneur avait le droit exclusif d’affichage sur ses colonnes, et la préférence pour en construire d’autres, au cas de demandes ultérieures votées parla commune.il se rémunérait, bien entendu, à l’aide de la publicité faite sur ces édicules z.
Les chemins vicinaux et la Révolution de 1848. — A cette époque, le Conseil Municipal de Bercy porte le titre de
1. Archives de la Seine. Registre n» 2 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.
2. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal deBercy.
Commission provisoire reconnue par le Gouvernement provisoire. Celle-ci se compose des citoyens Libert, Président, Dubrunfaut et Pierre Martin, Vice-Présidents ; Hugot, Secrétaire, Portier-Desvignes, Reyneau, Paris, Saunier, Rosey, Morisson, Dumont, Caron, Chareau, Hippolyte Graud, Hartel, Garby, Jean Martin, Denise, Bonvalot, Auger.
La misère est grande, et aussi le chômage. Dans les séances des 28 février et i3 mars, la dite Commission vote un crédit de 9.000 francs pour distribution de bons de pain et de viande aux ouvriers nécessiteux privés de travail. Dans celle du 16 mars 1848, elle décide de les employer aux travaux communaux à exécuter dans les voies publiques de la commune : chemin des Meuniers, chemin du Cimetière, chemin de Reuilly, chemin de la Croix-Rouge et chemin des Marais. Le considérant de cette décision visait surtout les ouvriers de Bercy employés à Paris, et revenus dans leur localité, faute d’occupations dans la capitale :
Considérant que la cessation du travail dans une grande partie des ateliers de Paris et de la banlieue amène sur la place publique un grand nombre des ouvriers demeurant à Bercy, qui tous viennent demander de l’ouvrage ou du pain...
Le 2 mai 1848, M. de Nicolay, voulant prendre sa part du malheur des temps, faisait remettre une somme de 1. 000 francs pour sa contribution dans les travaux exécutés parles ouvriers sans ouvrage sur les chemins vicinaux1.
Abattoirs et marchés. — Bercy fut pourvu d’abattoirs avec un chemin vicinal d’accès, en vertu de la délibération du 9 février i85g. Les terrains choisis pour cet établissement étaient situés au nord de la commune, et à plus de 100 mètres des habitations agglomérées. L’écoulement des eaux était assuré
1. Archives de la Seine. Registre n» 3 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.
au moyen d’un égout les conduisant directement au ru de Montreuil, passant au bas de ces terrains. La Municipalité avaitaffecté à cette opération, la somme de 469.756 fr. 96, y compris l’achat des terrains, la confection du chemin et de l’égout b
Le marché de Bercy dut vraisemblablement toujours exister autour de l'église. En 1871, il s’y tenait encore, dans la forme d’un stationnement sous abris mobiles. Il fut, à cette époque, déplacé provisoirement et partiellement pendant la durée des travaux de reconstruction de l’église et le déblaiement de la Mairie, toutes deux incendiées pendant les derniers jours delà Commune de 1871 2.
Eaux. — Nous ajouterons que, deux ans avant sa suppression, la commune de Bercy, par sa délibération du 1e1' février 1 858 avait passé un traité avec la ville de Paris aux termes duquel cette dernière consentait à lui fournir l’eau nécessaire pour ses services publics et privés, et à faire à ses frais tous les travaux de canalisation nécessités par la distribution.
Voies publiques. — Nous avons relevé sur le plan de l’ancienne commune de Bercy, reproduit dans ce volume et daté de i85q, les noms des voies publiques existant à cette date. On en trouvera ci-après la nomenclature, avec la situation actuelle de chacune d’elles dans Paris:
Beaune (rue de). De la rue d’Orléans à la rue de Bercy. Actuellement rue Meursault, de la rue de Sauternc à la rue de Cognac, aux Entrepôts.
Bercy (rue de). De la barrière de Bercy à la rue Grange aux Merciers. Actuellement rue de Bercy, du boulevard de Bercy à la place de la Nativité.
1 . Archives de la Seine. Registre n» 4 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.
2. Rapport et notes sur /’ Administration des Services et établissements municipaux compris dans la Direction de /’ Administration Générale de la Ville de Paris, par M. Pelletier, Directeur. Paris, 1871, p. 53.
Bercy ( quai de). Du Pont de Bercy à la ruelle du Pont aux Meules. Actuellement quai de Bercy, du Boulevard de Bercy aux fortifications.
Bercy (boulevard de). De la barrière de Bercy à la barrière de Charenton. Actuellement boulevard de Bercy, de la rue de Bercy à celle de Charenton.
Bordeaux (rue particulière de). Du quai de Bercy à la rue de Bercy. Actuellement rue de Bordeaux, de la rue du Port de Bercy à la rue de Cognac, aux Entrepôts
Bourgogne (rue particulière de). Du quai deBercy à la rue de Bercy. Actuellement rue de Nuits, de la rue du Port de Bercy à la rue de Bercy, aux Entrepôts.
Brèche-aux-Loups (rue de la). De la rue de Charenton à la rue de la Lancette. Porte encore la même dénomination mais se prolonge jusqu’à la rue Claude-Decaen.
Brèche-aux-Loups (ruelle de la). De la rue de la Lancette au chemin de Reuilly. Actuellement rue de la Brèche-aux-Loups, de la rue de la Lancette à la rue Claude-Decaen.
Charenton (rue de). De la barrière de Charenton à l’avenue des Dames. Actuellement rue de Charenton, du boulevard de Reuilly aux fortifications.
Charenton (boulevard de). De la barrière de Charenton à la barrière de Reuilly. Actuellement boulevard de Reuilly, de la rue de Charenton à la place Daumesnil.
Charpentier (ruelle). Du chemin de Reuilly au chemin de la Croix Rouge. Aujourd’hui supprimée par incorporation aux propriétés voisines.
Chemin Vert (rue du). De la rue de Charenton au chemin des Meuniers. Actuellement rue Nicolaï, de la rue de Charenton à la rue des Meuniers.
Cimetière (rue du). De la rue de Charenton au chemin des
Meuniers. Actuellement rue Théodore-Hamont, de la rue de Charenton à la rue des Meuniers.
Commerce (rue du) . De la place de l’Église à la rue de Charenton. Actuellement rue Proudhon, de la place de Lachambeaudie à la rue de Charenton.
Croix (rue de la). Du chemin des Meuniers au chemin de la Croix-Rouge. Actuellement rue de Fécamp, de la rue des Meuniers à l’Avenue Daumesnil.
Croix Rouge (chemin de la). De la barrière de Picpus à l’allée des Noyers. Actuellement rue de Picpus, du boulevard de Reuilly aux fortifications.
Église (place de 1’). De la rue de Bercy à la rue du Commerce. Actuellement place de Lachambeaudie, de la rue de Bercy à la rue Proudhon.
Fonds Verts (rue des). De la rue du Commerce à la rue de Charenton. Porte encore la même dénomination, de la rue Proudhon à la rue de Charenton.
Fleury (rue de). De la barrière de Reuilly à la rue Raoul. Aujourd’hui supprimée, absorbée par l’avenue Daumesnil.
Gallois (rue). Du quai de Bercy à la rue de Bercy. Actuellement, de la rue du Port de Bercy à la rue Pommard, aux Entrepôts.
Gare (rue de la). De la rue de Bercy au boulevard de Bercy. Actuellement rue Corbineau.
Grange aux Merciers (rue). Du quai de Bercy à la rue de Charenton. Actuellement rue Nicolaï pour partie, aux Entrepôts. De l’ancienne rue Grange aux Merciers, il ne subsiste que la partie située dans l’Entrepôt, et celle située entre les rues Coriolis et de Charenton.
Jardiniers (rue des). De la rue de Charenton au Chemin
des Meuniers. Actuellement de la rue de Charenton à la rue des Meuniers, avec la même dénomination.
Lancette (rue de la). De la rue de Charenton à la ruelle de la Brèche-aux-Loups. Actuellement de la rue Taine à la rue Nicolaï, avec la même dénomination.
Lancette (ruelle de la) ou Vallée de Fècamp (ruelle de la). De la rue de la Lancette à la rue de la Croix. Aujourd’hui supprimée par incorporation aux propriétés voisines.
Laroche (rue). De la rue particulière Léopold à l’avenue du Petit-Château. Actuellement de la rue Léopold à la rue de Blaye, aux Entrepôts, sous la même dénomination.
Léopold (rue particulière). Du quai de Bercy à la rue de Bercy. Actuellement rue Léopold, du quai de Bercy à la rue de Cognac, aux Entrepôts.
Libert (rue). Du boulevard de Bercy à la rue du Commerce. Ci-devant impasse de la Planchette. Aujourd’hui supprimée et absorbée par la rue Coriolis et le chemin de fer de Lyon.
Mâcon (rue particulière de). Du quai de Bercy à la rue de Bercy. Actuellement rue de Mâcon, delà rue du Port de Bercy à la rue de Cognac, aux Entrepôts.
Marais (chemin des). De la Barrière de Reuilly à l’Allée des Noyers. Actuellement avenue Daumesnil,de la place Daumesnil aux fortifications.
Martel (avenue) . Duquai de Bercy au chemin de fer de Lyon. Aujourd’hui supprimée, absorbée par le chemin de fer.
Meuniers (chemin des). Delà rue de Charenton à l’allée des Noyers. Actuellement rue des Meuniers, de la rue de la Brèche-aux-Loups, au boulevard Poniatowski.
Militaire (route). Longeant les fortifications, delà Seine au chemin des Marais. Actuellement boulevard Poniatowski, de la Seine à l’avenue Daumesnil.
Noyers (allée des). De la rue de Charenton au chemin des Marais. Actuellement absorbée par le bois de Vincennes.
Orléans (rue d’). Tenait d’un bout à une cour située près de la rue particulière de Bordeaux et aboutissait à la rue particulière de Mâcon. Actuellement rue de Sauterne, de la rue de Corton à la rue Dessort.
Orléans (rue d’). Du quaide Bercy à la rue de Bercy. Actuellement rue de Thorins, aux Entrepôts, de la rue du Port de Bercy à la rue Gabriel-Lamé.
Pelil-château (avenue du). De la rue Laroche à la rue de Bercy. Actuellement de la rue Laroche à la rue de Pommard, aux Entrepôts, sous la même dénomination.
Planchette (rue de la). De la rue Libert au boulevard de Bercy. Supprimée pour le chemin de fer de Lyon.
Poni-aux-Meules (ruelle du). Du quai de Bercy à l'avenue des Dames. Aujourd’hui dans la commune de Charenton.
Raoul (rue). Du chemin de Reuilly au chemin des Marais. Actuellement de la rue Claude-Decaen à l’avenue Daumesnil, sous la même dénomination.
Râpée (boulevard de la). Du quai de Bercy à la barrière de Bercy. Actuellement boulevard de Bercy, du quai de Bercy à la rue de Bercy.
Reuilly (boulevard de). De la barrière de Reuilly à la barrière de Picpus. Actuellement boulevard de Reuilly, de la place Daumesnil à la rue de Picpus.
Reuilly (chemin de). Delà barrière à l’allée des Noyers. Actuellement rue Claude-Decaen, de la place Daumesnil aux fortifications.
Saint-Louis (rue particulière de). De la rue particulière Léopold à l’avenue du Petit-Château. Actuellement rue du Médoc, aux Entrepôts, de la rue Léopold à l’avenue du Petit-Château.
Sainte-Anne(rue particulière de). De la rue particulière Léopold à l'avenue du Petit-Château. Actuellement rue de Pommard pour partie, aux Entrepôts, de la rue de Bercy à l’avenue du Petit-Château.
Soulages (rue). Du quai de Bercy à la rue de Bercy. Actuellement de la rue Saint-Estèphe à la rue de la Garonne, aux Entrepôts.
Tourneux (ruelle des). Du chemin de Reuilly au chemin des Marais. Actuellement rue Tourneux, de la rue Claude-Decaen à l’avenue Daumesnil.
Trois-Chandelles (ruelle des). Du boulevard de Charenton à la ruelle de la Brèche-aux-Loups. Actuellement rue de la Durance, du boulevard de Reuilly à la rue de la Brèche-aux-Loups.
Vallée de Fécamp{ ruelle de la) voir Lancette (ruelle de la).
Yonne (Passage de 1’). Du quaide Bercv à la ruede Bercy. Actuellement rue de l’Yonne, aux Entrepôts, de la rue Saint- Estèphe à la rue Gabriel-Lamé.
PIÈCE JUSTIFICATIVE N" i
Concession à l'Hôtel de la Grange aux Merciers d'une partie de l'eau alimentant l' Hôtel de Conjlans. i38y.
Charles, etc; Savoir faisons à tous présens et avenir, que pour considération des bons, notables et profitables services que notre amé et féal chancelier Pierre de Giac, chevalier, nous a faiz, fait de jour en jour et espérons que face au temps a venir; et pour les plaisirs que avons pris et pensons prendre en l’ostel de notre dit chancelier appelé la Grange aux Merciers assiz lez Paris; et aussi pour certaines causes et considérations qui nous viennent avons volu et ordené, volons et ordenons et avec ce avons octroyé et octroyons par la teneur de ces présentes de grâce especial, plaine puissance et auctorité royal a notre dit chancellier, pour lui, ses sucesseurs et aians cause, seigneurs pour le temps de son hostel dessus dit qu’ilz aient, puissent et doivent avoir pour lusage, aisance et proufit d’eulz et d’icellui hostel la cinquiesme partie de ta fontaine ordenée faire venir en lostel de notre très chier et très amé oncle le duc de Bourgoigne, nommé de Confians, assiz lez pont deCharenton.
Et donnons en mandement à notre prevost de Paris, au receveur des aides par nous octroyées pour le fait de la dicte fontaine et à touz autres sur ce commis et a commettre et a touz nos justiciers et officiers presens et avenir ou a leurs lieutenans et a chacun deulz si comme à lui appartiendra que la dicte cinquiesme partie de la dicte eaue facent venir par bones et convenables conduiz et par la meilleure manière que faire se pourra en lostel de notre dit chancellier, sanz ce qu’il en soit tenu a paier ou soustenir aucunes missions ou fraiz, lesquelz nous voulons estre faiz et paiez des deniers des aides dessus diz par ledit receveur d'icelle et que yceulx par rapportant vidimus de ces présentes soulz scel royal avec
mandement de notre dit prevost et quittance de ce que paié aura, soient allouez en ses comptes et deduiz de sa recepte partout ou mestier sera sans contredit. Non obstant quelconques autres octroys ou grâces faites à notre dit chancellier pour quelconque cause que ce soit et que spécifiez ne soient en ces lettres avec ordenance, mandement ou défenses à ce contraires.
Et afin que ce soit ferme chose et estable à tousiours, nous avons fait mettre notre scel a ces présentes, sauf en autres choses notre droit et l’autrui en toutes.
Donne à Paris, l’an de grâce mil trois cens quatre vingt et sept, et de notre règne le 8e au mois de mars L
Contrat de donation de la maison située à la Grange aux Merciers , en la vallée de Fécamp, aux Pères de la Doctrine Chrétienne.
i3 janvier i6y 7.
Par devant nous Conseillers du Roy, notaires, garde notes de sa majesté au Chastelet de Paris, soubzsignez furent presens en leurs personnes noble homme Jacques Champion, ancien avocat au Parlement et demoiselle Marie du Port sa femme de luy autorisée, à l’effet des présentes, demeurant rue du Cimetière et paroisseSaint-André des Arts, lesquels, a l'honneur et gloire de Dieu pour témoigner àsa divine majesté leur petite reconnaissance des grandes grâces que sa bonté leur a faites, pendant le cours de leur vie, pour le salut de leurs âmes et rémission de leurs peschés, ont volontairement donné et donnent par donation entre vifs irrévocable aux Reverends pères de la Doctrine Chrestienne de la Province de Paris stipullant etaceptant pour eux et leurs sucesseurs de la dicte province par Reverend père Charles Gautherot, Provincial, fliacinthe Le Bigot, Procureur général de la Congrégation, Thomas Chevallier, Conseiller du dit Père provincial, et Antoine Le François, Recteur de leur maison de Saint Jullien et aussy Conseiller du dit Père Provincial, assemblez dans la maison de Saint-Charles fauxbourg Saint Marcel au lieu et en la manière ordinaire pour traiter de leurs affaires, tous à ce presens, ta maison a eux appartenante, seize hors le faulx-bourg Saint-Antoine en la vallée de Fécam, paroisse Saint Paul, consistante en deux corps de logis l’un de fasce et l’autre en aisles, faisant deux estages l’un sur l’aultre, un cabinet eslevé au-dessus en forme de donjon, court, petite basse-court, salon, cuisine, chapelle, jardin, letout de la contenance d’environ deux arpens, et encore en une maison manable estant a l’un des bouts du dit jardin, consistant en un petit corps de deux chambres l’une sur l’autre courts étables et autres commoditéz, sans rien réserver du fond et propriété des dictes choses, chargées savoir, la dite grande
1. Archives Nationales. J. J. 1 33, N" CXXXfV, f* 81, v° et 82 r.
maison et la partie du jardin jusques à l’augmentation de deux bouts de muraille qui se regardent l’un du costé de la terre de Toussaint Huot et l’aultre du costé de la terre de Simon Piedelou, de trente six livres de rente foncière envers Monsieur de Bercy, Me des requestes, payable au jour Saint-Martin d’hiver, pour louttes et sans autres charges sinon le cens énoncé envers le dit sieur de Bercy, la dite maison et héritage acquis par le dict sieur donateur savoir, la maison princi pal le en l’estât qu'elle estoit lors de defi'unct Antoine Sonnaville et sa femme par contrat passé par devant de Mar et son compagnon notaires le... mil six cens... et le surplus scavoir ce qui prend à l’endroit ou commence les dites augmentations de murs de Thomas Mulot et Catherine Rosny sa femme, par autre contrat receue par les dits notaires le... jour de... mil six cens... de laquelle petite maison estant à l’un des bouts du jardin ouvrant sur le chemin appelé vulgairement La Planchette, ensemble de tout le haut du dict jardin depuis icelle maison jusques à l’autre bout aboutissant à la maison de Michel Auger et Jeanne Fouchot sa femme, les dits sieur et damoiselle donateurs se sont réservez la jouissance pendant leur vie et du dernier vivant d’eulx, en laquelle petite maison et lieux il leur sera loisible de faire telles choses pour leur commodité que bon leur semblera. Pour le tout appartenir aus dits donataires lors de la consolidation du dict usufruit. Et à cet effet sera fait une séparation de la dicte partie du surplus du jardin entre les dicts deux bouts d’augmentation de murs avec perches et eschalats garnis de plans d’arbres, au milieu de laquelle closture y aura une porte pour pouvoir par les dicts donateurs avoir la commodité de leur promener en la dicte partie réservée, et les dits donateurs de pouvoir entrer dans le jardin des dicts donnataires pour les visitter et assister à leurs offices quand bon leur semblera.
Pour commencer à jouir de la dicte maison et jardin jusques à la dicte séparation et y avoir par les dicts donataires leurs habitations aussitôt que les dicts donateurs auront fait faire les accomodemens qu’ils désirent faire faire pour leur retraite dans la dite petite maison et qu’ils y ayent faict transporter leurs meubles. Et laquelle présente donation est faite sans comprendre en icelle les meubles qu’ils ont de présent et auront dans la dicte maison aux jours de leurs décèds, et aux charges et conditions expresses sans lesquelles la présente donation n’auroit été faicte que les dicts donataires auront et tiendront dans la dicte maison nombre suffisant de religieux de leur ordre et congrégation lesquels y vivront en communauté et couventualité et célébreront les divins offices ainsy qu’ils font dans leurs autres maisons; qu’ils ne pourront vendre, alliéner ny autrement disposer des dictes choses données ny autrement les appliquer, sinon à l’usage qui vient d’estre dict à peine de nullité des présentes, et encore à la charge que les dicts sieur et damoiselle donateurs auront leurs sépultures quand il plaira à Dieu les retirer de ce monde, dans leur église de Sainct Charles, et lors des dicts décedz fournir tous les luminaires et ornements nécessaires, sans néantmoins aucune tantures de deuil. De plus qu’au jour du décedz de chacun d’eulx et dans la huitaine suivante les dicts donataires feront dire et célébrer
trois grands services pour le repos des âmes des dicts donateurs, l’un en la dicte église de St Charles, l’autre en celle de Saint Jullien et Paultre en l’église de la dicte maison cy-devant donnée. Plus de dire et célébrer dans le mois du jour de chacun des dicts decedz cent messes basses ou dans les trois maisons ou dans celle d’icelles qui bon leur semblera, et oultre dire et célébrer pour eux et leurs successeurs, par chacun an à perpétuité dans l'église de la dicte maison donnée un service complet des trespassez et haulte messe. Et ce à pareils jours que l’un et l’autre des dicts donateurs seront déceddez. Pour lesquelles célébrations ilz seront tenus fournir pain, vin, luminaire et ornemens.
Et afin que la mémoire de la dicte présente donation, charges d’icelle, et des temps des dicts decedz soient conservez, feront les dictz donataires sceller une pierre dans le mur de la dicte église dans laquelle ils feront escrire et graver les noms et surnoms des dicts donateurs avec mention de la dicte donation, des jours des dicts décedz et charge des dicts services. Révoquant, les dicts donateurs, tous testamens codiciles et dispositions qui pourroient avoir esté par eux cy-devant faits comme de nul efiect au moyen des présentes; ayant présentement fourny et délivré es mains du dict R. P. Le Bigot les tiltres et contrats concernant la propriété des dictes choses cy-dessus données, avec les quittances des cens et droits seigneuriaux et de la rente foncière de trente six livres deubs au dict sieur de Bercy, la dernière pour une année escheue au jour et feste Sainct Martin d’hiver dernier passé. Transportant en oultre, par les dicts sieur et damoiseile donateurs aus dicts donataires pour eux leurs dicts successeurs de la province de Paris tous droits de propriété, noms, raison et action qu’ils avoient et pourroient avoir à prétendre sur la dicte maison et choses données, aux charges, réserves et conditions deument exprimées, dont ils se sont dessaisy et désisté au proffict des dicts donataires au dict noms, voullant et procurant le porteur donnant pouvoir et pour requérir l’insinuation des présentes dans les temps de l’ordonnance au greffe des insinuations du chastelet de Paris et ailleurs où il appartiendra. Les parties ont faict et constitué leur procureur irrévocable le porteur donnant pouvoir. Car ainsy et promettent, obligent, chacun en droit soy les dicts sieur et damoiseile donateurs solidairement l’un pour l’autre sans division, discution ny sudejussion, et les dicts R. P. au dict nom renonçants de part et d’autres, mesmes les dicts sieur et damoiseile donateurs aux bénéffices et exceptions des dicts droits. Fait et passé à Paris, scavoir par les dicts donateurs en leur maison dicte rue du Cimetière Saint André, et par les dicts révérends pères donataires en la dicte maison et Communauté de Sainct- Charles, l’an mil six cens soixante dix sept le treizième jour de janvier avant midy, et ont signé la minute des présentes demeurée vers Bellanger notaire. Signé Lebeuf et Bellanger L
i. Archives Nationales , S. 68,41.
Lettres patentes du Roi Louis XIV, autorisant les Prêtres de la Congrégation de la Doctrine Chrétienne , de s'établir à Bercy, dans la vallée de Fecamp, au lieu dit la Grange aux Merciers (Mars /6yy).
Lettres patentes.
Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présents et advenir salut. Les Révérends pères de la Doctrine Chrétienne de la Province de Paris nous ont fait remontrer que par contract passé le treiziesme janvier de la présente année mil six cens soixante et dix sept, le sieur Champion advocat au Parlement et damoisellt Marie Duport sa femme, leur auraient fait don d’une maison et enclos sise en la vallée de Fecan les Paris au lieu appelé la Grange aux Merciers hors le faux bourg de Saint Antoine, auquel endroit pour la gloire de Dieu et l’instruction si nécessaire pour les pauvres familles répandues es lieux circonvoisins a quoy ils sont obligez par l’institution de leur ordre ils auraient de l'adveu et consentement du sieur d’Alligret leur bienfaiteur, obtenu permission de notre très cher et bien aimé cousin le sieur archevêque de Paris, de transférer l’establissement qu’il avoient depuis quelques années commancé au bourg la Reyne comme leur étant peu commode. Ensemble le revenu et rentes par luy donnez aux dicts exposans pour leur subsistance au dit lieu du Bourg la Reyne en celuy de la Vallée de Fecan, laquelle translation ne se pouvant faire que de notre autorité, les dits exposans nous ont très humblement fait suplier leur vouloir accorder nos lettres sur ce nécessaires. A ces causes, désirant contribuer autant qu’il nous est possible au bien et utilité de nos subjets en ce qui regarde leur instruction et advencement dans les exercices de Piété dont les dits exposans font leur principal employ, de l’avis de notre Conseil qui aveu le contrat de donation qui leur a esté fait par le dit sieur Champion et la damoiselle sa femme, le consentement du dit sieur d’Alligret pour la dite translation ensemble le consentement et permission du dit sieur archevêque de Paris, le tout cy attaché sous le contrescel de notre chancellerie, de nos grâces spécialles, plaine puissance et autorité Royalle, nous avons aux dits prestres de la Doctrine chrétienne de la Province de Paris, permis et accordé, permettons et accordons par ces présentes signées de nostre main de s’establir en la dite maison et enclos de la vallée de Fécan ditte la Grange aux Merciers hors le dict fauxbourg de St Antoine, et de transporter au dit lieu l’establissement entier qu’ils avoient au dit Bourg la Reyne, pour y vivre et leurs successeurs, régulièrement en communauté selon l’institut de cette congrégations et des autres establies dans le diocèze de Paris. Donnons en mandement à nos amez et féaux Conseillers les gens tenans nostre cour de Parlement, chambre de nos comptes, cour des aydes et tous autres, nos officiers qu’il appartiendra que ces présentes nos lettres de
permission de la dite translation ils fassent registrer et de leur contenu jouir et user les dits prestres de la Doctrine et leurs successeurs de la dite Province. Plainement, paisiblement et perpétuellement cessant et faisant cesser tous troubles et cmp'jschement au contraire sauf notre droit et l’autruy en tous, car tel est notre plaisir, et affin que ce soit chose ferme stable et à tous jours nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. Donné au camp de Vallentienne, au mois de Mars l’an de grâce mil six cens soixante et dix sept et de notre règne le trente quatrième, et plus bas est escrit, signé Louis, et sur le reply est escrit, de par le Roy signé Colbert, visa d’Alligré, pour permission aux Pères de la Doctrine chrétienne de transférer de Bourg la Reyne à la vallée de Fecan i.
Permission donnée par l Archevêque de Paris , François de Harlay, aux Prêtres de la Congrégation de la Doctrine Chrétienne , de s'établir à Bercy , dans la vallée de Fecamp, au lieu dit : la Grange aux Merciers (6 mars 167 7).
François, par la grâce de Dieu et du St. Siège apostolique, archevêque de Paris, Duc et Pair de France, Commandeur des ordres du Roy, Proviseur de Sorbonne. Sur la requeste à nous présentée par les Prestres de la Congrégation de la Doctrine Chrestienne de la Province de Paris narrative que M. Jacques Champion avocat au Parlement et damoiselle Marie Duport sa femme leur auroient fait don d’une maison cize en la Vallée de Fécan lez Paris dans le lieu appelé la Grange aux Merciers hors le fauxbourg St. Antoine, a laquelle ils auroient dessein de transférer rétablissements d’une Communauté qu’ils auraient autrefois commencée du consentement de notre prédécesseur au Bourg-la- Reyne de notre diocèze comme étant, le dit lieu du Bourg-la-Reyne, peu commode pour leur Congrégation, laquelle trouveroit bien plus d’utilité si le dit établissement étoit transféré en la dite maison de la vallée de Fécam, joint qu’il serait d’un grand secours aux habitants de la Vallée de Fécam, qui pour estre trop éloignés des Églises perdent souvent la messe aux jours de Dimanches et fêtes, et pour cet effet, ils nous supplioient très humblement de leur vouloir accorder la translation du dit établissement et de la Communauté, Veuë laquelle requeste, notre ordonnance étant au bas d’icelle du huitième février dernier, par laquelle nous avons commis le Sr. abbé de Benjamin notre grand vicaire et notre official pour informer de la commodité ou incommodité tant de la maison de la dite vallée de Fécan que de la chapelle et autres appartenances, pour sur son procès verbal estre par nous ordonné ce que de raison. Le procès-verbal de la visite faite par notre dict