‹ BercyChapitre 124 sur 133 · DES ANNÉES I · texte numérisé non relu

DES ANNÉES I

Nous allons essayer d’identifier cette pierre à l'aide du plan des Limites, de Jean Beausire qui se trouve aux Archives Nationales. Estampes, Ve, 46, t. I. Pour la rue ou route de Charenton, le document en question, ainsi que l'État

des Bornes de la Ville et Fauxbourgs de Paris posées en conséquence des déclarations du Roi des 18 juillet 1724 , 29 janvier 1726, 23 mars et 28 septembre 1728, publié par Delamare, dans son Traité de la Police (t. IV, p. 426), indiquent l’existence de quatre bornes. Deux bornes limitant la paroisse de Sainte- Alarguerite, l’une à droite dans ia rue de Charenton, à l’angle et en deçà de la rue Grange-aux-Merciers, aujourd’hui Nicolay, et ainsi qualifiée : « Borne posée à la dernière maison de la paroisse du Eauxbourg à droite dans la dite rue, appartenante au sieur Diot, à trois toises trois pieds en deçà de la rue Grange-aux-Merciers.» L’autre, située à gauche de la rue de Charenton, au coin en deçà de la rue ou ruelle des Marais, à peu près en face de la précédente, et ainsi qualifiée: « Borne posée à la dernière maison de la paroisse du fauxbourg à gauche dans la dite rue, appartenante au sieur Vallery, à neuf toises trois pieds en deçà de la ligne qui marque l’endroit où se termine la paroisse Sainte-Marguerite. »

Les deux autres bornes indiquées par le plan de Jean Beausire concernent les limites du faubourg Saint-Antoine. L’une est placée à gauche en montant la rue de Charenton vers la barrière, au-delà de la rue Grange-aux-Merciers. Elle est ainsi qualifiée : « La borne numérotée quatrième est appliquée et incrustée dans le mur de face de la maison du sieur Colin, à soixante-dix-huit toises de l'alignement de la rue de la Grange aux Merciers et contient la quatrième inscription et est à seize toises cinq pieds six pouces au delà du n° 40, à gauche. » L'autre est placée à droite dans la dite rue de Charenton, au-delà de celle de la Grange-aux- Merciers et est ainsi indiquée : « La borne numérotée troisième est appliquée et incrustée dans le mur de face de la maison du sieur Hardy, à soixante-quatre toises de la rue de la Grange aux Merciers, et contient la quatrième inscription et est à cinq toises deux pieds six pouces au-delà du n° 48, à droite.»

La pierre que nous avons retrouvée étant une borne limitant le faubourg, ne peut ctre que l’une de ces deux dernières. Mais laquelle ?

Probablement, selon nous, la dernière. Nous voyons, en effet, que la maison du sieur Hardy était voisine et probablement mitoyenne des immeubles numérotés 3oq-3o6 sur la rue de Charenton, dans lesquels la borne se trouve actuellement. Si l’on mesure soixante-quatre toises à partir de la rue Grange aux Merciers, ou Nicolay, en remontant la rue de Charenton, soit 126 m. 72, on arrive à peu près à la maison portant aujourd'hui le n° 3 16. il peut donc très bien se faire qu’à la suite du remaniement des immeubles voisins, de démolitions et de reconstructions, la plaque soit venue échouer dans quelques maisons situées plus bas, pour devenir le carrelage d’une arrière-boutique ?

L’expression adoptée par Jean Beausire : « la borne numérotée troisième » veut dire qu’elle portait le n° 3 de son plan. La première était la borne de paroisse placée au coin de la rue des Marais; la deuxième, la borne de paroisse apposée sur la maison Diot; la troisième, la borne de faubourg de la maison Hardy, et la quatrième, celle de la maison Colin.

La formule ci-après employée par le même Beausire, pour les deux dernières bornes de faubourg : « et contient la quatrième inscription » indique qu’elles

appartenaient à la quatrième catégorie et que leur texte fut d’abord le suivant :

Limites des fauxbourgs de la ville de paris Du RÈGNE DE LOUIS XV De par le Roy

DeFFENSES EXPRESSES SONT FAITES DE BATIR Depuis les présentes bornes et limites Jusqu'au plus prochain village aux peines portées par les déclarations de sa Majesté des années 1724-1726.

Mais ce texte, dira-t-on, ou tout au moins son en-tète, ne se présente pas de la même façon que celui du fragment de l’inscription retrouvée ?En voici l’explication : En regard de l’inscription ci-dessus, reproduite sur son registre, Jean Beausire a eu le soin d'accoler l'annotation ci-après :

« Nota. — Ces bornes ont esté déposées et aux mêmes endroits il en a esté placées deux autres dont les titres ont esté changés, lesquels portoient : limites des fauxbourgs de la Ville de Paris, au lieu duquel il a esté mis :

Bornes de Limites. »

Cette correction vient donc d’une façon absolue corroborer le texte de l’inscription servant de carrelage, sauf le millésime 1728, effacé ou omis.

En ce qui concerne les deux numéros 40 et 48 portés sur les deux dernières bornes citées, ce sont ceux indiqués dans le plan de Jean Beausire et se rapportant, le premier, à la maison de Colin, le second, à celle de Hardy.

Nous ajouterons que, dans la séance de la Commission du vieux Paris, du 25 mai 1910, nous avons fait adopter une proposition tendant à entamer des négociations pour assurer le retour à la Ville de Paris de cette borne-limite, et aussi pour sa réapposition à l’endroit où elle avait été placée en 1728.

Charenton. — (Déviation du chemin de Charenton devant le château de Bercy), page 58, ligne 7. — La déviation de ce chemin, aujourd’hui rue de Paris à Charenton, fut autorisée par une ordonnance des Trésoriers de France du i5 septembre 1690, permettant à M. de Bercy de faire transférer : « le grand chemin qui va de Charenton à Paris le long de sa maison, à 40 pieds au-dessus du précédent. » Nous donnons ci-après le texte de cette ordonnance, extrait des Registres du Bureau des Finances de la généralité de Paris:

« Sur la requeste à nous présentée par M. Anne Louis Julles de Malon, Chevalier Seigneur de Bercy, Conseiller du Roy en ses conseils. Maistre des requestes ordinaires de son hôtel, contenant que le chemin qui passe devant la porte de sa

maison de Bercy et qui va à Charenton, estant fort incommode, tant pour le public, que pour luy, et mesme à cause des carrières dans lesquelles il passe, estant lors aisé de le donner au public beaucoup plus beau et plus court en le reportant à trente ou quarante toises dans la plaine aux offres qu’il faisoit de fournir le dit chemin dans la dite plaine comme Seigneur du dit lieu et propriétaire des dites terres de la largeur convenable à ce suivant mesme que le sieur de Louvois surintendant des bastimens du Roy en auroit fait faire le plan et figure qu’il a approuvé, requeroit à ces causes le dit sieur de Bercy qu'il nous plut ordonner telles scituation et largeur pour le dit grand chemin dans la dite plaine qu’il seroit necessaire comme le contient la dite requeste, vue laquelle, nostre ordonnance sur icelle du quatrième septembre dernier portant qu’avant faire droit les lieux en question seront veus et visitez en présence du sieur Bragelongne, Trésorier de France en ce bureau assisté du Procureur du Roy par François Leclerc commis à l’exercice de la voirie, les procureurs sindics et marguilliers des paroisses de Conflans et de Charenton de présent en charge et tous austres voisins et intéressez présents ou deument appelez dont seroit dressé procès-verbal, plan, figure et rapport pour le tout estre ordonné ce que de raison.

« Nous, ayant esgard à la requeste du dit sieur de Bercy en conséquence des consentemens cy-devant énoncez, et attendu que par le rapport et plan il nous appert que le nouveau chemin en question sera plus avantageux et commode au public que l’ancien, estant plus droit, plus court et plus sûr; avons permis au dit sieur de Bercy la translation du dit chemin conformément au plan qui en a esté arresté de l’ordre de sa Majesté le trente un aoust dernier signé de Villacerf, et à celuy fait en présence du dit sieur Commissaire à la charge de faire abattre le mur marqué A sur le dit plan qui est celuy qui sépare présentement le parc de Vincennes d’avec le chemin B qui va à Charenton, de faire bastir le mur marqué C pour fermer à l’avenir le dit parc de Vincennes des mesmes qualitez, hauteur et épaisseur qu’il est a présent, et ainsy qu’il en restera au droit de la vallée de Fescamp, et de faire construire le mur de la nouvelle closture du parc de Bercy à vingt toises de distance de celuy marqué C de ligne droite en toute la longueur à prendre pour le mur de closture de Bercy à l’angle d’une petite maison qui est proche le bout du dit parc de Bercy du costé de Rambouillet jusques au mur du clos des Religieux Carmes Deschaussez, et à vingt toises de distance de l’encoignure du jardin de la dame de Lappe, à l'effet de quoy ordonnons qu’alignement en sera donné par le dit sieur commissaire assisté du dit procureur du Roy, après que par le dit Leclerc commis à l’exercice de la voirie les opérations auront esté faites de la manière accoustumée ; Et aussy à la charge de faire planter en toute la longueur du dit nouveau chemin l’allée marquée F pour servir de chemin Royal, observant dans la dite l'ovalle marquée E devant le Château, et que les arbres soient plantez à six pieds de distance des dits murs à la charge pareillement de remplir et supprimer les enfoncemens, et eslevations des terres qui se trouveront dans toute la longueur et largeur du dit

nouveau chemin pour le rendre plus de niveau que faire se pourra, de combler une ancienne ouverture de carrière qui se trouve vis-à-vis l’avenue de la maison de Conflans, de terre ferme et bien battue en sorte qu'il ne s’y fasse à l’avenir aucun affaissement, et d’entretenir le dit nouveau chemin en bon estât pendant cinq années en cas d’affaissement de terre, et encore à la charge qui le pavé qui est aux deux aboutissans de l’ancien chemin sera arraché et reposé sur le dit nouveau chemin aux frais et despens du dit sieur de Bercy par l’entrepreneur de l’entretenement du pavé du grand chemin de Paris passant par Charenton, et ce sur une mesme longueur et largeur à cette fin que toisé sera fait sur pavés avant l'arrachement d’celuy en présence du dit sieur commissaire dont sera dressé rapport pour sur iceluy estre ordonné ce que de raison, Et aussy à la charge de rapporter dans deux mois lettres de la volonté du Roy sur la translation du dit chemin. ( Archives Nationales, S. 1 12g.)

Chxrenton (ancienne maison rue de). Page iq5, ligne 16. — La Commission du Vieux Paris a également fait prendre la photographie d’une partie de la maison située rue de Charenton, n° 3o6. Il s’agit d’une suite de baies cintrées flanquant, d’un côté, le couloir à ciel ouvert conduisant de la rue à la cour. Ces baies sont aveuglées par des murs et n’ont conservé qu’un œil de bœuf circulaire, percé dans chacune d'elles. A l’extrémité, près de la cour, est une petite niche moulurée dépourvue de sa statuette. Le couloir dont il s’agit est fermé sur la rue par une belle porte en bois dont le tympan est sculpté dans le style Louis XV. On remarque également, dans la chambre du premier étage de l’immeuble, des chambranles de portes très délicatement sculptés, d’époque Louis XVI, présentant une fine décoration, dite à rubans et à perles.

Nous espérions découvrir dans les origines de propriété de cette mason, qui est justement celle dans laquelle nous avons trouvé la borne-limite de 1724-1726 dont nous parlons plus haut (voir les mots : Bornes-limites ) quelques renseignements ou points de repère nous permettant de l’identifier et d’avoir ainsi l’explication des architectures particulières conservées dans son passage conduisant à la cour, et qu’une légende locale attribue à l’ancienne caserne de cavalerie de Bercy. Rien, dans les renseignements que nous fait parvenir si obligeamment M. Léon Dufour, notaire et membre de la Commission du Vieux Paris, ne nous éclaire sur ce point. Voici, au surplus, la liste des propriétaires : Avant iy33, la maison, divisée en deux portions appartenait à M. Adrien Soyer, marchand de vin. Par contrat du 24 avril 1733, devant M° Masson, notaire à Paris, l’immeuble est vendu i° à M. Guillaume Rouv ; 20 à Mme Mougenot, née Rouy, qui le détiennent jusqu’en 1774. Par contrat du 3o août 1774 devant Me Du Moulin, notaire à Paris, et licitation du 3o mai 1785, devant Me Deyeux, l’immeuble passe aux consorts Estancelin et Clérambault, qui le conservent jusqu’en i832. Dans le contrat du 3o août 1774, la maison est désignée comme suit : « maison située à la Grande Pinte de Bercy ayant pour enseigne l'Image Saint-Pierre, louée à M. Louis Léger, marchand de vins, consistant en : une cuisine, deux salles, caves,

deux étages de chambres, escalier, cour, puits et celliers, petit grenier... tenant : devant, à la grande route de Charenton, derrière, au Colombier de la Seigneurie de Bercy. Des deuxcôtés au Sr Le Maire. » Par contrat du i5 août 1 832 , devant Me Vintenat, notaire à Charenton, l’immeuble passe à M. Pillias, qui le garde jusqu’en 1 84 1 . Par contrat du 16 mars 1841, devant Me Hebert-Desroquette, notaire à Charenton, la maison est acquise par M. Louis Lanier, qui la détient jusqu’en 1873. Le 12 juin 1873, adjudication au Tribunal de la Seine, en faveur de M. Aron, propriétaire jusqu’en 1900. Le 20 mars 1900, adjudication devant M* William Bazin, notaire à Paris, en faveur de Mme Marx, actuellement propriétaire.

L’immeuble est qualifié : Anciennement à Bercy, lieu dit la Grande Pinte, route de Charenton n° 62 puis 64, aujourd’hui rue de Charenton 3o6.

L’examen de notre plan de 1859 montrera facilement que la caserne de cavalerie n’allait pas jusqu’à la rue de Charenton et ne dépassait pas la rue de Bercy. Le Colombier de Bercy se trouvait, d’après cet acte de 1774, derrière cette maison, c’est-à-dire entre la route de Charenton, au Nord, la rue Grange aux Merciers à l’Ouest, et le Domaine des Frères Pâris, au Sud.

Chateau de Bercy (Les boiseries du). Page 75, ligne 20. — M. Louis Bonnier, architecte en chef de l’Elysée, a bien voulu nous faire visiter le salon de ce palais, dont les boiseries proviennent de Bercy. Ces dernières ne comportent nullement la sculpture faite après coup, de l’effigie de Napoléon III, ainsi que l’indique M. de Champeaux dans son volume sur VArt décoratif dans le vieux Paris (p. 307). Il semble bien, d’ailleurs, que cet auteur est mal renseigné à ce sujet car le salon dont il donne la description et qu'il indique comme provenant de Bercy, n’est en rien conforme à celui dont nous venons de parler. Cette observation s’adresse également à la mention que donne M. de Boislisle sur le même sujet, dans sa Seigneurie de Bercy (p. 25, note 2).

Chateau de Bercy (Les boiseries du). Page 75, ligne 23. — Les boiseries achetées par M. La Rochefoucauld, au château de Bercy, ont été remontées dans son hôtel, rue de Varennc n°47. Elles y garnissent une grande galerie, un grand et un petit salon, et un boudoir. Elles sont reproduites dans l’ouvrage: Vieux hôtels de Paris, Le faubourg Saint-Germain, troisième série, notices historiques et descriptives, par M. J. Vacquier. Librairie d’art, F. Contet, 101, rue de Vaugirard.

Chateau de Bercy (les œuvres d’art du). Page 79, ligne 3. — Au moment de la dispersion des œuvres d’art et de la démolition du château, de nombreux moulages en plâtre furent exécutés des œuvres de sculpture : boiseries, consoles, statues, corniches, mascarons, chapiteaux, balustres, médaillons, rinceaux, arabesques, cadres de glaces, et de tout ce qui, en relief, présentait un intérêt artistique. Ces moulages furent sans doute recueillis par des ateliers de sculpture

ornementale ? Des photographies fort intéressantes en ont été prises et la collection Paul Blondel en possède une suite de trente environ, formant un ensemble précieux.

La même collection détient également une série de onze dessins d’architecte qui sont des profils de boiseries, de cadres de glaces, de meubles de la bibliothèque, et d’autres sculptures sur bois qui existaient dans le château.

Il faut répéter que tous les recueils et journaux d’architecture et d’art qui se publiaient en 1860 et 1 861 , renferment de nombreux dessins des motifs intérieurs et extérieurs de ce logis.

Chateau de Bercy (Le parc du). Page 44, ligne 6. — L’écrivain Emile de Labédollière, contemporain de la démolition du château de Bercy, a consacré une page éloquente à la disparition de ce domaine. Il montre l'agriculture envahissant petit à petit le parc seigneurial; il indique qu’à l’angle de l’avenue de Conflans la compagnie Richer avait établi un dépôt de ses produits; il signale la coupe des arbres dont les troncs s’entassaient près du saut-de-loup, le long de la terrasse où deux lions dévoraient leur proie :

« Adieu donc, s’écrie-t-il, superbes aurores et magnifiques couchers du soleil, splendides effets de lumière que les Parisiens avaient coutume de venir admirer aux deux lions; avenues ombreuses et sombres solitudes, adieu pour toujours I Vous représentez un capital de plus de seize millions, et nul n’est assez riche aujourd’hui pour se passer de ces fantaisies-là. » (Histoire des environs du Nouveau Paris, p. 212.)

Colons algériens (départ des). Page 298, ligne 1 5. — Un dessin sur bois de l’Illustration, est intitulé : Départ du premier convoi des colons pour l'Algérie à Bercy, le 8 octobre 1848. C’est une image du temps, montrant les longs bateaux plats couverts de cabines en planches et de bâches. Une foule nombreuse salue les passagers.

Le journal anglais The illustrated London News, a aussi donné une vue de cette nature, intitulée : Departure of colonists from Paris, for Algeria. On y voit l’archevêque de Paris, entouré de généraux, au bord d’un quai, bénissant les bateaux de colons. Ce dessin est daté aussi de 1848. (Planches de la collection Paul Blondel.)

Contestations entre M. de Bercy et l’Archevêché. Page 34, ligne 29. — A propos de ce procès entre M. de Bercy et M. de Lorière, disons que le puissant châtelain fut aussi en contestation avec l’archevêché pour des terrains bordant les deux domaines. Dans un plan appartenant aux Archives Nationales, montrant une partie du parc de Bercy et du village de Conflans, se voit, au bord de la rivière, au Sud-Est du domaine de Malon, l’indication d’une bande de terrain mentionnée de la façon suivante : «Terre dont M. de Bercy s’est emparée en 1754, quoique l’Archevêché en eut la jouissance de tems immémorial et faisant partie de la pièce de cinq arpens, ainsi qu’il est constaté par les tenans et aboutissans dési-

gnés dans les déclarations qui ont été passées de la dite pièce au terrier de Bercy par Mgr le cardinal de Noailles, Mgr de Vintimille et Mgr de Beaumont, en 1722, 1734, 1748. »

Cette bande de terre représentait 2 arpents 88 perches ( Archives Nationales, S. 1 129.)

Destait.leur (Collection d’hlstampes) — Lire Destailleur et non Destailleurs.

Douzième arrondissement. Page 358, ligne i3. — Cet arrondissement, qui, comme on le sait, contient une partie de l’ancienne commune de Bercy, avait tout d’abord été numéroté le neuvième dans un projet de nomenclature qui ne fut pas maintenu, des vingt nouvelles municipalités de Paris. Ce fait est une phase assez peu connue de l’annexion des communes suburbaines, qu’il nous paraît intéressant de rappeler ici.

Dès le commencement de l’année i85q, à l’occasion de l’incorporation de la banlieue à la capitale, la Préfecture de la Seine avait soumis à l’enquête la division projetée des nouveaux arrondissements. Si le problème du fractionnement territorial du Paris futur avait été à peu près rationnellement résolu par l’Administration, il n’en était pas de même du numérotage des arrondissements, qui semblait être le résultat du hasard et paraissait, par son incohérence, avoir été tiré au sort dans un sac de loto. On pourra s'en rendre compte en examinant certains plans publiés à cette époque par des éditeurs trop pressés, et sur lesquels il figure. Nous citerons, par exemple, le Plan du nouveau Paris dressé en 1859 par Lallemand , géographe, rue des Poitevins, n° 6. C’est dans ce projet que le douzième arrondissement actuel était numéroté le neuvième.

Lors de l’enquête mentionnée plus haut, un dire, consigné au Registre et signé : Bouissin, critiquait le projet de numérotation de la Préfecture et en soumettait un autre plus rationnel et surtout plus logique et qui fut certainement pris en considération, puisque le numérotage finit par être modifié dans le sens préconisé par le signataire. Nous en donnons ici le texte qui éclaire d’une façon très curieuse cette question si peu connue :

« Le soussigné déclare donner son adhésion à la mesure de l’extension de Paris. Toutefois il croit devoir appeler l’attention de l’Administration sur la division des arrondissements, qui lui semble défectueuse.

« Au lieu d’une classification faite avec méthode, on remarque une grande confusion. L’ordre dans lequel les arrondissements ont été répartis, dans le plan projeté, n’est ni logique ni rationnel (voir le plan n° 2). On ne comprend pas pourquoi les communes d’Auteuil et de Passy prendront le n° i3. Il serait plus naturel de placer le n° i3 à côté du n° 12, avec d’autant plus de raison que le XXe arrondissement, qui, dans ce projet, est contigu au XIIe arrondissement, emprunte à ce dernier une partie de son territoire. A la simple inspection du plan, on est frappé du désordre qui règne dans la répartition des arrondissements. Ainsi le n° 9 se trouve entre les nos 17 et 20, le n° 17 est à l’opposé du 18.

Si la situation de la demeure du souverain n’exigeait pas que le ier arrondissement commençât au palais des Tuileries, le soussigné aurait été d’avis que les communes d’Auteuil et de Passy fussent comprises dans le premier arrondissement. Cette classification se rapprocherait de l’état de choses actuel, dont il convient de ne pas trop s’éloigner, à cause de la perturbation que la nouvelle division de Paris va jeter dans une foule de cas, et notamment dans la recherche des actes de l’état civil. Mais puisque des motifs de haute convenance auxquelles toutes les opinions doivent se rallier ne permettent pas d’adopter ce système, il serait plus logique, en prenant pour point de départ le projet tel qu’il est figuré sur le plan, de mettre le XIIIe arrondissement à côté du XIIe.

« Dans cette combinaison, beaucoup plus rationnelle, le XXe arrondissement projeté devient le XIIIe, le XIXe deviendrait le XIVe, le XVIIIe deviendrait le XVe et le XIIIe serait le XVIe, et ainsi de suite en continuant cet ordre de numéros et en suivant la configuration circulaire des territoires des communes annexées. Cette division plus méthodique éviterait ce pêle-mêle des arrondissements qui s’enchevêtrent les uns les autres avec une confusion fâcheuse.

« Sous le mérite de ces observations, le soussigné approuve la mesure projetée. Signé ; L. Bouissin. »

(Extrait d’un rapport présenté aux propriétaires sur l’avenue de l’Impératrice, par M. Bouissin, Président du Syndicat (novembre 1 865.) Paris, impr. Paul Dupont, 1889, in-40, page 16.)

Je dois cette communication à la complaisance de M. Edgar Mareuse.

A la suite de l’enquête, une délibération de la Commission départementale de la Seine, du 28 mars 1 8 5g, prenant en considération le dire de M. Bouissin, rejetait le projet de numérotage soumis à l’enquête et adoptait celui qui est encore en vigueur aujourd’hui. On trouve dans la riche collection de M. Edgar Mareuse, un plan annexé aux documents relatifs à l'extension des limites de Paris, publié par la Préfecture de la Seine en 1859, dans lequel les deux numérotations sont indiquées : le projet mis à l’enquête, en rouge; le numérotage actuel, en bleu. La mention suivante est inscrite sur le plan : « Nota : Les numéros bleus indiquent le système de numérotage tel qu’il est énoncé dans la délibération de la Commission départementale de la Seine, du 28 mars 1859. »

Voici la concordance des deux systèmes :

Numérotage actuel.

Ier arrondissement.

Numérotage de l'enquête.

ier arrondissement.

Numérotage actuel.

Numérotage de l'enquête

ier arrondissement.

ier arrondissement.

iQe

Bien entendu, la délibération ci-dessus, du 28 mars 1859, ne devint exécutoire qu’après : i° le vote de la loi du 16 juin de la même année divisant Paris en 20 arrondissements ; 20 le décret du Ier novembre suivant, fixant la dénomination et le numérotage des 20 arrondissements municipaux de Paris. Mais il est probable que, dès le 28 mars i85g, des plans furent imprimés portant cette numérotation bizarre qui n'exista jamais qu’à l’état de projet.

Nous devons rappeler qu’à cette époque, on fit courir le bruit que la première combinaison du numérotage des municipalités nouvelles avait été écartée par l’Administration, afin de ne pas donner à un arrondissement riche et mondain, le nü 1 3 ; et aussi pour éviter à ses habitants, en instance de mariage, la plaisanterie en cours au temps des douze arrondissements, concernant les unions contractées au treizième !

Écoles. Page 36g, ligne 9. — Le Moniteur Universel du 26 avril 1823 reproduit l’information suivante : Mardi dernier, au moment où le Roi, pendant sa promenade, traversait Bercy, les nombreux élèves de l’école de M. Leroux se pressèrent près de la voiture de S. M. et firent retentir l’air des cris de Vive le Roi ! Cet élan de jeunes Français parut toucher le cœur paternel du Roi, qui daigna sourire et témoigner à ces enfans toute sa satisfaction.

Église de Bercy (œuvres d’art). Page iq5, ligne 16. — Nous devons signaler les contradictions existantes entre ['Inventaire des Richesses d'art de la Ville de Paris (Edif. Rel. 111, p. 25i) et ['Inventaire des Richesses d'art de la France (Mon. Rel. III, Paris, p. 55) : i° En ce qui concerne le tableau : Les Saintesfemmes au tombeau, que la Ville attribue à Perron, et l’Etat à Biard, avec juste raison. 2“ En ce qui concerne Y Annonciation, attribuée par la Ville, à Hallé (Claude Guy) et par l’État à Hallé (Daniel). Ce tableau est signé : D. Hallé. Notre texte est d’accord avec la vérité.

Nous ajouterons que la chaire à prêcher de cette église est un intéressant travail de menuiserie exécuté en bois de chêne, dans les ateliers de Mlle Lecœur en 1873, sur les dessins de Hénard. 11 en est de même des stalles auxquelles peuvent s’appliquer les mêmes indications.

L’Inventaire de l’État a l’avantage, sur celui de la Ville, de donner une description détaillée de chaque œuvre d’art. Nous y renvoyons donc pour plus amples informations.

Église de Bercy (Iconographie). Page 192, ligne 11. — Dans un recueil d’architecture publié vers i83o, format in-f°, dont les gravures ont été exécutées par Thierry, sont deux planches au trait de cette église. On y voit une élévation principale, une coupe transversale, un plan, une élévation latérale, une coupe longitudinale et une élévation postérieure. Notre texte ne relate que l’une de ces deux planches.

Église de Bercy. (Pose de la première pierre). Page 191, ligne 5. — Le Moniteur Universel, du 20 juin 1823, publie l’information suivante: La Commune de Bercy, riche, industrieuse, dont les limites se reculent et la population s'accroît chaque jour, n’avait qu’une église étroite, mal située, et dont les constructions vieilles et peu solides menaçaient de tomber en ruine. M. le Comte de Nicolay, maire de Bercy, pour faciliter aux habitants de la commune l’accomplissement de leurs devoirs religieux, les recevait dans la chapelle de son château, où il faisait célébrer l’office divin ; mais sentant qu’un pareil secours était insuffisant, provisoire, et que pour assurer la durée du culte public, il fallait un édifice public, il ne négligeait aucun soin, aucune démarche pour obtenir la construction d une nouvelle église plus vaste, plus accommodée aux besoins de la population nombreuse de Bercy. Son zèle a été couronné de succès. La première pierre de cette église a été posée le 8 juin. M. l’archevêque de Paris l’a consacrée par les cérémonies de la religion. M. le Comte de Chabrol-Volvic, préfet du département de la Seine, dont on ne réclame jamais en vain l’appui et les secours, pour tout établissement utile à la religion et à l’État, assistait à cette pieuse cérémonie. M. le Curé de Bercy, entouré d’un nombreux concours d’habitants de la commune, a été l’organe de leur reconnaissance envers M. le Comte de Nicolaï : dans un discours simple et touchant M. le Comte de Nicolaï a exprimé la sienne et celle des habitants envers M. le Préfet de Paris qui les a si généreusement secondés, envers M. l’archevêque de Paris, qui était venu consacrer les commencements de ce saint édifice: il a espéré que ce vénérable pontife les conduirait bientôt dans ce temple ouvert et achevé, où les fidèles offriraient au Dieu de paix et de charité les vœux qui lui plaisent le plus, ceux de l’union et de la concorde. « là, Monseigneur, a-t-il dit, entouré de nos enfans et rendant grâces à l’Éternel, vous nous entendrez faire retentir les voûtes sacrées de nos prières, pour qu’il fasse disparaître de notre belle France ces passions trop malheureusement connues de nos jours, sous le nom d’esprit de parti, qui

relâchent les liens de parenté, brisent ceux de l’amitié; pour que chacun, faisant l’abandon de ses intérêts froissés, rentre dans le sein de la grande famille et vienne concourir, sous l’empire des lois, de l’honneur et de l’équité, à la gloire du monarque et au salut de la patrie. »

Fiacres, cabriolets et carrosses de places. Page 364, ligne 3. — Dans le « Règlement provisoire concernant les voitures de places et de remises » qui est un arrêté du 24 septembre 1789 pris par le Comité de Police municipale de l’Hôtel de Ville, on lit dans le tableau annexe : État des lieux où les cochers des carrosses de places seront tenus de conduire les particuliers qui voudront s’en servir pour y aller et des sommes qui leur seront payées pour les dites courses. D’après ce tableau, il coûtait 2 livres 8 sols pour aller de Paris à Bercy ( Actes de la Commune , par Sigismond Lacroix, ire série, t. VI, pp. 174-175). — ( Bibliothèque S1 Fargeau, 8oo5, n° 3.) — ( Archives nationales , D. VI, 8, n° 66.)

Folie-Cornu (La). Page 53, ligne 27. — Maison proche de la Grange aux Merciers, acquise en 1 555 par Nicolas Malon. Elle avait précédemment fait partie de la Grange et avait été donnée, en i5oi, par Charles de Cœtivy, à Olivier Le Marie. ( Confions , près Paris, par M. P. Hartmann, Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de F Ile de France, 1908, p. 20.)

L’abbé Lebeuf a écrit que cette folie, qu'il qualifie de « maison de divertissemens » était située au-dessus de la Grange aux Merciers, et que la jouissance en avait été accordée en i5o6, par Girard Baudard, Procureur au Parlement, à Simon Le Hongre, laboureur, moyennant redevance. ( Histoire de la Ville et du diocèse de Paris, Ed. Lebeuf-Fechoz, t. II, p. 370.)

Cette indication du savant abbé, disant que la folie dont il s’agit était située au-dessus de la Grange aux Merciers, est corroborée par un acte du 10 janvier 1543, en vertu duquel Jean Teste, fils de Simon Teste, correcteur des Comptes donne à sa nièce, Charlotte Tardif, des vignes au terroir de la Grange aux Merciers, au lieu dit la Follye-Cornue « aboutissant au chemin tendant de Paris à Charenton, dans la censive de Jean Hennequin, conseiller au Parlement, Seigneur de la Râpée. » (Registre des Insinuations du Châtelet, par Émile Campardon et Alexandre Tuetey, n° 1790.)

Grande Pinte (La). Page iq5, ligne 16. — Un autre souvenir local a aussi été conservé de cette dénomination, sur la devanture d’une boutique, rue de Charenton n° 281, où se lit l’enseigne ci-après : Bourrelerie de la Grande Pinte. Il existe encore, également, la Distillerie de la Grande Pinte, rue de Charenton n° 294.

Grange aux Merciers (Terroir et lieu dit). Page 53, ligne 27. — Le fief de la Grange aux Merciers dépendait anciennement de l’Etat et Office de la Grande Chambrerie de France, juridiction du Chambrier de France. Cet État et Office,

après le décès du Duc d’Orléans, fils du Roi François lor, son titulaire, fut déclaré éteint et supprimé par édit du mois d’octobre 1 5 45 , avec tous les offices et officiers de sa Justice, et réuni et incorporé inséparablement et à toujours au domaine de la Couronne. La Grande Chambrerie de France possédait des biens à Paris; des maisons dans le faubourg Saint-Antoine, appelées La Roquette ; des terres à Belleville, à la Courtille et à la Grange aux Merciers, cette dernière ainsi qualifiée dans la pièce qui nous donne ces détails : « Et, de plus, une grande estendue de terroir appelée la Grange aux Merciers sur le bord de la Rivière, à laquelle grange et bastimens en dépendant se déposoient toutes les marchandises, se faisoient les visites d’icelles, et s’exerçoient la justice par les gardes visiteurs.»

Et ce dépôt de marchandises, qui se faisait à la Grange aux Merciers, n’est pas sans nous rappeler cette indication de Sauvai, que nous mentionnons à notre page 46 sans trop la comprendre, disant qu’en ce lieu les merciers exposaient leurs marchandises quand la Cour venait au bois de Vincennes prendre l’air. Faudrait-il donc considérer cet endroit comme une sorte de foire, de grand marché champêtre fréquenté plus particulièrement par les marchands de cette corporation, ou corporations similaires, et qui aurait donné son vocable à la région? Cette foire aurait eu, alors, un passé très lointain puisque le nom de Grange aux Merciers, ainsi que nous l'avons dit, existait déjà à la fin du douzième siècle.

La perception du cens de la Grande Chambrerie de France se faisait sur vingthuit chantiers ou héritages se trouvant dans la région qui nous occupe, et dont nous donnons ici la nomenclature : « Le ier, appelé la Tour de Billy; le 20, le chantier de la Vallée de Fescant, le long du chemin de Saint-Maur; le 3e, le chantier dans l’estendue duquel est Bercy et le parc; le 4e, le chantier de Picquepusse; le 5°, l’autre costé de Picquepusse, jusqu’au Bois de Vincennes ; le 6e, le chantier de Bellebat ; le 7e, celuy de la Croix brisée; le 8e, celuy devant Saint- Antoine dit le moulin à vent; le 9e, celuy du clozeau de la fontaine Saint-Antoine; le 10e, celuy de Bonnemine ; le 11e, celuy de la Croix brisée; le 12e, les Basses Vignoles; le 1 3e, les Hautes Vignoles; le 14e, la Ruelle Ondo; le 1 5e, Champlat; le 16e, l’Huis blanc; le 17e, l’Eauë qui dort; le 18e, les Muettes; le 19e, la Folie Régnault; le 20e, Popincourt; le 21e, le Petit Basfré; le 22e, la Rochette; le 23e, le Grand Basfré ; le 24e, le trou Regnard ; le 25e, les Baultes Saint-Antoine ; le 26e, Charonne ; le 27e, le chantier de Rully ; le 28e, les grosses Bornes. »

Il faut probablement voir, dans quelques-uns de ces lieux-dits, l’origine de certains noms de rues dont l’étymologie est jusqu’ici restée assez vague. C’est ainsi que l'on peut vraisemblablement faire dériver la rue des Vignoles à Belleville, des chantiers, des Basses et des Hautes Vignoles; l’ancienne rue de la Muette, au faubourg Saint-Antoine, du chantier des Muettes ; la rue Basfroi, des chantiers du Petit et du Grand Basfré; la rue des Boulets, du chantier des Baultes Saint- Antoine ; la rue des Trois-Bornes, dans le quartier de la Roquette, du chantier des Grosses Bornes et la rue de la Roquette, du chantier de la Rochette.

La pièce sur laquelle nous avons trouvé ces indications est la copie non ter-

minée et non datée, d’un arrêt du Conseil d’État du Roi. Elle rend compte, également, de toutes les aliénations faites à la suite de la suppression de la grande Chambrerie de France. On y trouve, parmi les acquéreurs, pour la région de Bercy, Claude Dodieu, Évcque de Rennes et Maître des Requêtes ; la Duchesse de Mercœur; Mâlon de Bercy, et des membres de la famille Hurault de Cheverny. [Archive Nationales. S. 1129.)

De l’opinion de M. André de Breuil, Inspecteur des Domaines, qui rédigea, le 3i décembre 1806, un long mémoire relatif à la propriété de la Seigneurie de Conflans, il résulte bien que la Grange aux Merciers fit d’abord partie de la grande Chambrerie de France à laquelle elle payait le cens. A la suppression de celle-ci, elle fut vendue dans l’ensemble des territoires qu’on appela le Domaine de Conflans, à Claude Dodieu, le 26 mai 1 5 54, mais, dans cette aliénation l’engagistc du Domaine susdit n’avait, d’après l’arrêt du Conseil du 3i mars 1 638’ que la haute, moyenne et basse justice, seigneurie, droits et devoirs seigneuriaux sur la terre de la Grange aux Merciers, qui appartint toujours à d’autres personnes qu’aux engagistes. Et d’après l’arrêt dont il s’agit, M. André de Breuil donne la liste des propriétaires ci-après : « Avant i385, un S. Martin; en 1 386, M. de Giac ; en 1 B g 8 , M. le Duc de Berry; en 1429, M. de Luxembourg; en 1436, M. le baron d'Ivry; en 1480, M. Cortiny (Prégent de Coetivy ?) en i526, M. de Vellin; en 1529, Jean Hennequin; en 1 563, M. de Grouches ; en i 5 98 , M. Le Cop ; et le 26 août 1624, M. Charles de Malon. Depuis, la propriété de la Grange aux Merciers est restée constamment dans la famille de Malon de Bercy ; dans tous les contrats, cette propriété est annoncée être dans la censive du Roy, des Religieux de Saint-Martin, et de l’Abbaye de Montmartre. »

L’acte d’aliénation de ce Domaine de Conflans, du 26 mai 1 554, passé au profit de Claude Dodieu, « dont les auteurs de M. de Bercy se trouvaient les derniers engagistes », disait exactement : « Toute la terre, rentes, justice, seigneurie, droits et devoirs tant casuels que féodaux à nous appartenant en la dite paroisse de Conflans, à commencer et prendre depuis le pont de Charenton, y celuv exclu, et continuant jusqu'au Pontceau de la Grange aux Merciers; la dite terre et grange en ce comprise et contenue avec tout le droit de justice, pescherie, devoirs et seigneurie que nous avons en la dite rivière de Seine, Isles et moulins dans le long du dit pourpris et espace, et d'autres à commencer comme dit est du dit Pont de Charenton achevant au Pontceau de la dite Grange, y celuy en ce compris et contenu. »

Le prix était ainsi stipulé : « Et outre en argent comptant pour une fois la somme de 480 livres tournois que le dit Évêque (Claude Dodieu) paiera et délivrera es mains de notre ami et féal Conseiller et Receveur Général de nos finances. » (Archives de la Seine. Domaine. Carton 277, n° 1622.)

On trouvera à la page 1 5 , des renseignements sur le Pontceau de la Grange aux Merciers dont il est ici question.

Grange aux Merciers (Seigneurie de la). Page q5, ligne 3. — La seigneurie de la

Grange aux Merciers avait été acquise par acte du 6 avril i5g8, par Jean Le Cop seigneur de Grisy et de la Râpée. Ce fut son fils, Thomas Le Cop, qui la vendit à Charles de Malon le 22 juillet 1624. ( Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de i Ile de France, Boislisle, t. VIII, p. 48 et Registre des délibérations du bureau de la Ville, Paul Guérin, t. XII, p. 382).

Le 27 novembre 1548, Jean Hennequin, conseiller au Parlement de Paris, donnait à Martin Hennequin, abbé de l’Abbaye de La Trappe, et conseiller au Parlement de Rouen, son frère : « le lieu, maison, grandie, coulombicr, avec tout, l’encloz, terres labourables, prez, vignes, saulsoyes, rivière, cens, rentes et autres droietz, appartenances et deppendances de la Grandie aux merciers lez Paris, et assis en la Prevosté de Paris. » Registre des Insinuations du Châtelet, par Émile Campardon et Alexandre Tuetey, p. 3q8, n° 2912).

A la Seigneurie de la Grange aux Merciers, Malon de Bercy avait ajouté plusieurs immeubles, savoir : la Folie-Cornu, dont nous parlons ailleurs ; des terres situées à Belleville, provenant de Mme de Mercœur, et un hôlel et dépendances sis à la Grange, provenant du Chancelier Philippe Hurault de Cheverny. Ces différentes terres, et la Seigneurie de la Grange aux Merciers furent réunies en 1625 à la Châtellenie de Charenton, propriété de la famille Malon. [Confions, par M. Paul Hartmann, Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, 1908, p. 21.)

Guinguettes. Page 291 ligne 27. — La collection Paul Blondel possède une petite gravure du XVIIIe siècle, 14 X 8, identifiée par le texte suivant, manuscrit : Vue de La Râpée et du Salon d' Armandy . C’est une plaisante guinguette, tapie dans les arbres et séparée de la berge du fleuve par une barrière rustique.

On trouve dans les Affiches et avis divers, du 8 frimaire an 11, la mention suivante : « Le citoyen Guichard, successeur du citoyen Renard, a ouvert la maison renommée pour les bonnes matelottes, à la Râpée, aux Ormes ».

Inondations (Iconographie). Page 3o8, ligne 24. — Il y a lieu de signaler une grande planche gravée à l’eau-forte, signée Ch. Michel, portant la mention : Inondations de Bercy en 1882. C’est le quai envahi par les eaux et encombré de barques passant et déménageant des habitants. Les enseignes suivantes se voient sur les maisons en bordure : Café du Grand Balcon, P,estaurant des peupliers, Aux marronniers. Au coin d’une rue, sont deux gardes municipaux à cheval. Dimensions : Environ o,y5x o,35.

La collection G. Hartmann possède également les trois pièces suivantes :

i° un panneau peint à l’huile, de 38 X 28 environ, par Flandrin, vers 1862, représentant l’inondation sur le quai de Bercy. Les maisons sont à gauche, petites et basses; une sorte d’estacade est parallèle à la Seine; le quai, submergé, est sillonné d’une multitude de barques.

2° deux dessins à la mine de plomb, signés : Trimolet, mesurant environ 44 X 3o et datés de 1867. Le premier montre un sauvetage de pièces de bois

flottant à Bercy, et le second, un sauvetage de tonneaux. Le dessin, fruste et sommaire, montre les lointains de la rive gauche et le pont de Bercy.

Inondations de i 658. Page 3o3, ligne 3o. — Dans le plan dressé par les services des ingénieurs de la ville, pour l’inondation de 1910, se trouve repérée la ligne de la crue de i658. Cette ligne suivait parallèlement la rue de Charenton à une distance d’environ 40 mètres entre la rue et la Seine; c’est-à-dire que, depuis Charenton jusqu'au faubourg Saint-Antoine, le parc de Bercy, le château, les maisons de plaisance de Bercy, les jardinages, et La Râpée étaient sous les eaux.

Inondations de 1817. Page 3o5, ligne 29. — Le Moniteur Universel, du 16 mars 1817, publie l’information suivante : Les inondations sont considérables au-dessus et au-dessous de la Capitale, mais la Seine baisse depuis hier d’une manière sensible. M. le maire de Bercy nous écrit que cette commune est à moitié submergée, et que les pertes qu’elle éprouvera par cette inondation sont énormes. Plus de quatre-vingts arpens de beaux marais, plantés et ensemencés, sont couverts de six pieds d’eau. Fumiers, couches, plants, tout est perdu. M. le Sous-Préfet de Sceaux s’est transporté hier sur les lieux et a donné quelques secours aux malheureux chassés de leur asile. M. le marquis de Chateaugiron, inspecteur des gardes nationales de l’arrondissement, qui accompagnait M. le Sous-Préfet, touché de ce désastre, a remis à M. le maire une somme pour être distribuée aux plus nécessiteux.

Inondations de 1910. Page 3o8, ligne 24. — Ayant longuement parlé des inondations successives de Bercy, nous ne voudrions pas terminer ce livre sans indiquer ce que fut, dans le XIIe arrondissement, qui correspond à cette ancienne commune, la désastreuse crue de 1910, l’une des plus terribles parmi celles qui affligèrent Paris et ses faubourgs. D’après des renseignements recueillis dans les services des Ingénieurs de la Ville, cette inondation atteignit son maximum de hauteur dans la nuit du 28 au 29 janvier 1910, vers une heure du matin. Nous donnons ci-après la liste des voies publiques de cet arrondissement qui furent envahies par les eaux :

Tout l’entrepôt de Bercy dans l’enceinte de ses grilles. Les rues Pomard, de Chablis, Gabriel-Lamé et 'e carrefour La Chambeaudie. La place La Chambeaudie, la rue Proudhon, (jusqu’à la rue Coriolis), la rue de Dijon (entre la place La Chambaudie et la rue Pomard). Le quai de Bercy (de la rue de Thorins aux fortifications), le quai de la Râpée (du bd Diderot au pont de Bercy). Le boulevard Poniatowski, le boulevard de Bercy (de la Seine au pont du chemin de fer), la rue Corbineau, la rue de Chambertin, le passage des Mousquetaires, la rue Villiot, le passage Genty, la rue Traversière, le boulevard Diderot (entre le quai de la Râpée et la rue Emile-Gilbert, et entre le chemin de fer de Vincennes et la rue de Citeaux), l’avenue Lcdru-Rollin (entre le quai de la Râpée et le passage de la Bonne-Graine), la rue de Lyon (de la rue Jules César à la gare de Lyon),

l'avenue Daumesnil (de la rue Moreau à la rue Legraverend), les rues d’Austerlitz, Crémieux, Emile Gilbert, Michel Chaste, Parrot, Abel (la moitié), Legraverend (les trois-quarts), de Chàlon, de Rambouillet, le passage Moulin (partie), l’impasse Châlon, les passages Brunoy, Raguinot (partie), Gatbois (partie), la place Rambouillet, la rue de Charenton (entre les passages de la Boule-Blanche et Abel-Leblanc), le faubourg Saint-Antoine (entre le passage de la Boule-Blanche et la rue de Citeaux), le passage du Chantier, la rue Moreau (les deux tiers), le passage du Chêne-vert, la rue Saint-Nicolas, le passage Aguttes, la rue des Charbonniers (entre le chemin de fer de Vincennes et la rue de Charenton), la rue de Prague, la rue Emilio Castelar, la rue Charles Baudelaire, la rue Théophile Roussel, la rue Antoine Vollon, la rue de Cotte (entre les rues de Charenton et Emilio Castelar et du faubourg Saint-Antoine à la rue Théophile Roussel), le carrefour Diderot-Citeaux-Beccaria. Ajoutons qu'au pont d’Austerlitz, la crue atteignit une hauteur de 8 m. 70 au-dessus de l’étiage de l’ancien nivellement de Paris, et que les caves du port de Bercy eurent 4 m. 76 d’eau.

En ce qui concerne l’iconographie de l’inondation de 1910, nous pouvons dire que jamais événement parisien ne fut plus copieusement reproduit par l’image. La collection des cartes postales qui en fut faite, se monte à un chiffre considérable de clichés, et l’on en tira des millions d’exemplaires qui se vendaient du matin au soir dans les rues de Paris et particulièrement le long des quais de la Seine et sur les ponts, où circulait une foule énorme de curieux. Les journaux quotidiens, les illustrés, les périodiques, étaient presque exclusivement composés de reproductions des divers aspects de la crue, et des publications spéciales et albums, furent consacrés à cette catastrophe. Une exposition de peinture de la Société des peintres du Paris moderne , ouverte vers le mois de mars, comptait beaucoup de toiles en montrant diverses scènes; il n’en manquait pas non plus dans les deux Salons annuels du Grand Palais des Champs-Elysées. Ajoutons que la Ville de Paris a fait dresser un plan complet de l’inondation.

Lachambaudie (place de). Page 194, ligne 2. — Lire place Lachambcaudie.

Lorière (Billard de). Page 34, ligne 29. — A propos du procès intervenu entre ce personnage et M. de Bercy, on trouvera dans la collection Anisson (Bibliothèque Nationale ), manuscrits français, 22092, n° 37) un arrêt du Parlement rendu en faveur de M. de Bercy, maître des Requêtés, le 14 mai 1748, contre M. et Mme de Lorière. Paris, Valleyre, in-40, 2 p.

Maison Blanche (La). Page 3o3, ligne 27. — Petite gravure du XVIIIe siècle, intitulée la Maison Blanche, par Magd. Horthemels, mesurant 1 1 XS. C’est une maison de trois étages surmontée d’un belvédère. Une note écrite à la main indique : sur le quai de la Râpée n° bq en 1840. (Collection Paul Blondel.)

Malon (Bernard de). Page 3o, ligne 1 5. — Lire Bernard et non Besnard.

Médaille de l’ agrandissement de Paris. Page 357, ligne 29. — Pour commémorer l'extension des limites de Paris par l’annexion des communes suburbaines, la Ville fit frapper une médaille, ainsi décrite par l’Inventaire des œuvres d’art : « Médaille de l'agrandissement de Paris, module: 72 millimètres, coins de M. Ponscarme (François Joseph-Hubert), né à Belmont (Vosges), élève de Dumont et d’Oudiné. Face : Profil de Napoléon 111 couronné. Légende circulaire: Napoléon III Empereur. Exergue : H. Ponscarme. Revers : Deux femmes debout auprès des fortifications. L’une figure la Ville de Paris et l’autrelaBanlieue. La ville de Paris tientla Banlieue sous sa protection. Légendes en trois lignes circulaires : sur la première : annexion des Communes suburbaines : sur les deux autres : noms des Communes annexées. Sous la plinthe : loi du 16 juin 1859. »

L’exécution de ces coins a coûté 6000 francs. La commande a été autorisée par arrêté préfectoral en date du 2 mai 1 865.

Cette médaille porte les 24 noms suivants, qui sont ceux des Municipalités entourant Paris à cette époque: Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves, Vaugirard, Issy, Grenelle, Passy, Auteuil, Neuilly, Batignolles, Clichy, Montmartre, Saint-Ouen, La Chapelle, La Villette, Aubervilliers, Pantin, PrésSaint-Gervais, Bclleville, Charonne, Bagnolet, Saint-Mandé, Bercy. (Inventaire général des œuvres d'art de la Ville de Paris. Monuments civils, t. 11, p. 498.)

Il n’est pas sans intérêt d’indiquer la part superficielle laissée par ces 24 communes dans le nouveau périmètre de la capitale, d’après la loi du 16 juin 1 8 5 g , laquelle loi fixait les limites de la ville à l’enceinte des fortifications.

Cette contribution territoriale se divise en 3 catégories, savoir :

i° Communes supprimées dont les territoires ont été entièrement annexés à Paris :

Vaugirard, Grenelle, La Villette, Belleville.

20 Communes supprimées dont la plus grande partie des territoires a été annexée à Paris, et d’autres fractions rattachées à des communes voisines :

Passy, avec partie annexée à Boulogne.

Auteuil, avec partie annexée à Boulogne.

Batignolles-Monceaux, avec partie annexée à Clichy.

Montmartre, avec partie annexée à Saint-Ouen.

La chapelle, avec parties annexées à Saint-Ouen, Saint-Denis, Aubervilliers.

Charonne, avec parties annexées à Montreuil et à Bagnolet.

Bercy, avec partie annexée à Charenton.

3° Communes subsistantes, dont une petite partie seulement des territoires a été annexée à Paris, et qui sont restées des localités du Département de la Seine :

Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves, Issy, Neuilly, Clichy, Saint-Ouen, Aubervilliers, Pantin, Prés Saint-Gervais, Bagnolet, Saint-Mandé.

Ménagerie. Page io3, ligne 9. — A propos de ce mot, que l’on rencontrera egalement dans la description de certaines autres maisons de plaisance de Bercy, le

Dictionnaire de Littré dit ceci : « Lieu qui renferme tout ce qui appartient à la vie et aux commodités champêtres, c’est-à-dire des bestiaux, une laiterie, une volière, etc. Il ne trouve rien de bon que ce qui vient de sa ménagerie. »

Aux dix-septième et dix-huitième siècles, toutes les maisons de campagne importantes avaient une ménagerie.

Parabère (Mme de). Page 94, ligne 5. — - Sur cette maison était apposée, vers le chemin le long delà Rivière, une borne-limite de la paroisse de Sainte-Marguerite, placée en vertu des déclarations du Roi de 1724-26. Elle est ainsi indiquée dans l’état des Bornes, reproduit dans le Traité de la Police, de Delamare, t. IV, p. 426: « Borne posée à la dernière maison de la paroisse du fauxbourg appartenante à Madame de Parabère. »

Plans anciens de Bercy. Page 261 , ligne 8. — Nous venons de parler d'un plan original fort curieux montrant les limites de la commune de Bercy en 1790 et le projet d’augmentation territoriale qui formera la municipalité définitive de 1791. La Direction des Contributions directes et du cadastre du Département de la Seine, quai de la Tournelle, n° 27, possède des plans cadastraux de cette localité, qui sont du plus grand intérêt. Nous citerons, tout d’abord, un plan original mesurant 52 X 38, exécuté par le géomètre Belhomme en 1799, et qui donne des curieux et minutieux détails de toutes les maisons et jardins. C’est l’épanouissement de la jeune commune, au bout de huit années d’existence, alors qu’elle n’est encore que maraîchère et vigneronne, et avant l’envahissement de toutes ses maisons de plaisance du bord de la rivière, par les magasins de vins. On y voit aussi les dessins du parc de Bercy, avec ses avenues d’arbres, ses pelouses et ses parterres. Dans l’angle droit se lit le texte suivant : « Le présent plan certifié conforme aux limites du territoire de Bercy, en partie levé par moi géomètre soussigné, ce seize Thermidor an sept (3 août 1799) de la République française, signé : Belhomme. » Dans l’angle gauche sont indiqués les renseignements ci-après : « Superficie du Territoire. Savoir : bâtimens, cours et jardins : 187 hectares, o3 ares, 44 centiares. Vignes : 28 hectares, 55 ares, 26 centiares. Terres labourables : 38 hectares, 35 ares, i5 centiares. Chemins et rivières : 41 hectares, 85 ares, 89 centiares. Total de la superficie : 295 hectares, 79 ares, 74 centiares. Nous reproduisons ce plan à la suite du présent volume.

D’autres plans de Bercy sont encore possédés par la même Direction, savoir : un plan d assemblage au i/5.ooo(' et 3 feuilles au 1 / 1 .2 5oe. Le plan porte la mention suivante : « Tableau d’assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Bercy, canton de Charenton, arrondissement de Sceaux, département de la Seine, terminé sur le terrain le 20 décembre 1811, sous l’administration de M. Frochot, Préfet, M. Duflocq, maire, et sous la Direction de MM. Lemarcis, Directeur des Contributions, Belhomme, Ingénieur-Vérificateur, par L. R. Durelle, géomètre du Cadastre, rapporté à l’échelle de 1 à 5. 000e. » Ce plan et les trois feuilles qui l’accompagnent, sont incorporés dans le Registre ou Atlas

général du Canton de Charenton. On y trouve encore un autre plan au i/5oooe daté de 1 8 1 1 ; un autre, sans date; et une partie de plan de la section A de la Commune, au i/i25oe. La Direction possède encore 12 feuilles parcellaires de Bercy, établies en 1843-1849, au i/ioooe, et avec lesquelles furent constitués, lors de l’annexion des communes suburbaines en 1860, les arrondissements nouveaux. M. Ernest Coyecque a relevé très scrupuleusement la liste complète des plans cadastraux de la Ville de Paris et de son ancienne banlieue, qui sont, soit aux Archives Nationales, soit conservés quai de la Tournelle, 27. Il y a joint le rapport très détaillé sur le même sujet, de M. Arnoux, Directeur des Contributions directes de la Seine. Cette publication est de la plus grande utilité pour ceux qui s’occupent d’histoire de Paris. ( Bulletin de la Société d'Histoire de Paris et de l'Ile de France , 1908, p. 238.)

Je dois à la très grande amabilité de M. Arnoux, Directeur des Contributions directes et du cadastre de la Seine, la possibilité d’avoir pu reproduire le plan de Bercy, de Thermidor an VII. Je lui en adresse ici mes plus sincères remerciements.

Plaine de Bercy (La). Page 42, ligne 28. — La plaine de Bercy fut acquise par la Ville de Paris, en vertu de la loi du 24 juillet 1860, pour être réunie au Bois de Vincennes. Au centre de cette plaine, dans un vallon artificiellement creusé, une immense pièce d’eau de 120.000 mètres de surface fut créée. Les deux îles qu’elle renferme : de Bercy et de Reuilly, sont couvertes d'arbres précieux, des embarcadères d’un facile accès, deux ponts suspendus, une rotonde, une grotte, une cascade, d’immenses pelouses, de gracieux points de vue, font de cette ancienne plaine aride une oasis ravissante. Cette transformation a coûté de gros sacrifices à la Ville puisque, en beaucoup d’endroits, on a établi un sol artificiel. (Les Promenades de Paris, par Alphand, volume du texte, p. 166. Le volume des gravures contient des planches montrant cette transformation.)

Pont de Bercy. Page 3 1 8, ligne 4. — Nous devons signaler un intéressant album mesurant 64 x 47 environ, intitulé : Pont de Bercy. Vues photographiques prises pendant l'exécution des travaux , en i863 et 1864. Cet album contient 8 feuilles photographiques exécutées par Collard, montrant les travaux du pont. L’ouvrage, gravé par Regnier et Dourdet, 8 Pg Sainte-Marie, rue du Bac, à Paris, contient un texte explicatif.

Population. Page 35g, ligne 16. — En i8o5 le recensement de la population de Bercy fut le suivant : 262 hommes mariés ou veufs; 266 femmes mariées ou veuves; 338 garçons de tout âge ; 289 filles de tout âge; o défenseurs de la Patrie ; en tout : 1 . 1 5 5 habitants. (Annuaire administratif et statistique du Département de la Seine , pour l’an XI II-i 8o5, par P. J. H. Allard.)

Raffinerie de Bercy. Page 1 i3, ligne 27. — Les Archives de la Seine (consu-

lats-bilans, carton 72) possèdent un dossier intitulé : « Nouveau Bilan ou état actuel de l’actif et du passif de la Société de la Raffinerie de Bercy, que présentent les sieurs Loir et Verne. » Cet état, daté du 18 avril 1788, ne donne que des renseignements commerciaux inutiles à notre ouvrage.

Râpée (Domaine de la). Page 92, ligne 12. — Jean Hennequin, Conseiller au Parlement deParis, donne à Martin Hennequin, abbé de l'Abbaye de La Trappe, et Conseiller au Parlement de Rouen, son frère, « le lieu et maison, granche et jardins, parc et closture de saulsaye, dict la Rappée, comme il se consiste à présent et dont la closture s’étend jusqu’à la rivière de Seine, avec tous et chascuns les droictz et appartenances d’icelluy lieu, assis en la dicte prévosté de Paris, près la dicte granche aux Merciers. » La condition de cette donation, faite le 27 novembre 1 548, était, qu’après le décès du donataire, la maison retournerait au plus proche parent mâle des frères Hennequin, et portant leur nom et leurs armes, et à défaut de mâle, à la fille ou femme la plus rapprochée de la famille, et en portant également le nom et les armes. ( Registre des Insinuations du Châtelet, par Émile Campardon et Alexandre Tuetey, p. 3q8, n° 2912.)

Une ordonnance du Bureau de Ville, du 8 mars 1601, fait défense aux tumbeliers, chartiers et autres personnes, de décharger aucunes pierres, gravois, fumier, boue et immondices sur les terres appartenant au sieur de Grisy et de la Râpée, situées hors la porte Sainct-Anthoine et ès environs, ce qui lui apporte dommage et incommodité. La dite ordonnance permet au sieur de La Râpée de saisir sur les contrevenants les chevaux, harnais, hottes et autres choses, et de les faire amener à l’Hôtel de Ville pour ordonner de la confiscation. (Registre des délibérations du Bureau de la Ville, t. XII, par M. Paul Guérin, p. 382.)

Jean Le Cop, seigneur de Grisy et de La Râpée, avait acquis les terres de La Râpée et de la Grange aux Merciers, par acte du 6 avril 1 5g8. ( Id .)

République de 1848. Page 347, ligne 7. — Le dimanche 19 novembre 1848, la Constitution était lue dans la commune de Bercy, en grande cérémonie et d’après les instructions envoyées par le Sous-Préfet de Sceaux, au nom du Gouvernement.

Ru de Bercy. Page 1 1 , ligne 22. — Le cours d’eau dont il est question ici et dans la suite, porte généralement le nom de Bras de Bercy ou de Ru de Bercy. Venant de la direction de Conflans, tantôt sous la forme d’étang allongé, tantôt sous celle de ruisseau, il s’étalait dans le parc de Bercy et dans les domaines voisins, à l’Ouest, jusqu’à celui de La Râpée. M. P. Hartmann, dans son livre si intéressant et si documenté sur Conflans, a reproduit un petit plan de cette localité au quatorzième siècle, dans lequel ce cours d’eau est dénommé : ru de Bercy. ( Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, 1908, t. XXXV, p. 28.)

Texiek. Page 292, ligne 21. — Lire Edmond Texier et non Edouard Texier.

Vallée de Fécamp. Page 22, ligne 2. — Les Religieux Blancs-Manteaux possédaient des terres dans cet endroit. Il existe un bail du Ier janvier 1787 louant une pièce de terre plante'e en vignes, d’un arpent, tenant au chemin qui conduit de Reuiily à Charenton et, d’autre côté, au marais de la Grande Pinte. Cette location était faite à Claude-Auguste Chevalier, vigneron, demeurant rue de Montreuil, paroisse Sainte-Marguerite; à Jean Butté, vigneron, rue de Charonne; et Claude Leduc, jardinier, rue Saint-André faubourg Saint-Antoine. Les preneurs ne pouvaient fouiller le terrain pour en extraire de la pierre. Dans le cas où les murs de la nouvelle clôture de Paris devraient passer sur partie de ladite vigne, les preneurs ne pouvaient prétendre à d’autre indemnité qu’à une diminution de loyer. La même terre avait donné lieu à un bail semblable, du 19 août 1765, en faveur de Claude-Auguste Chevalier, seulement. ( Archives nationales, S. 3675.1

Vin (Commerce du). Page 3a3, ligne 28. — En i8o5, Bercy était déjà signalé comme ayant un commerce considérable de vin, il comptait 10 commissionnaires et 7 marchands en gros (Annuaire administratif et statistique du Département de la Seine pour l’an XI 1 1- 1 8 0 5 , par P. J. H. Allard, p. 3q5.)

ir.oc: •tri/iios ne. commune* annexées j Paris en 1860

Plan de 1 Anoienne commune on 1859 d'après l'Atlas do Lefèvre

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