‹ BercyChapitre 123 sur 133 · OP//////C · texte numérisé non relu

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Paris. Elle comporte donc des colonnes doriques et des arcades. Le dessin, qui est de Le Doux, et qui fut gravé par Van Maelle, indique que la patache devait comprendre un bureau de recettes et une antichambre. Je n’ai jamais vu d’indication disant que ce bateau en forme de galère antique eut jamais existé. (Planche de la collection Paul Blondel.)

Bateaux (chantiers de). Page 2g3, ligne 26. — Un dessin gravé sur bois en 1 85g, montre le lancement du yacht Le Sylphe, construit dans les chantiers de Bercy. La cérémonie se passe naturellement sur les berges, au milieu d’un nombreux populaire de canotiers et de canotières. Ce dessin, qui provient de /' Illustration, appartient à la collection Paul Blondel.

Le Moniteur Universel du 22 août 1816 relate une fête organisée à Bercy, à l’occasion du lancement du bateau à vapeur construit pour M. le marquis de Jouffroi. Une tente avait été préparée pour S. A. R. Monsieur, son cortège et une foule de dames parées avec beaucoup d’élégance. Une estrade avait aussi été aménagée pour le public, dans un bateau en construction. Un portique orné de feuillage portait cette inscription : A Charles-Philippe, protecteur des arts. Le bateau, construit avec élégance et légèreté, avait au moins cent pieds de long et possédait la forme la plus agréable. La Garde Nationale de Bercy était sous les armes et maintenait l’ordre avec vigilance. Le prince fut reçu au château du Petit-Bercy, sous le péristyle, par M. Gallois, maire, les membres du Conseil, et les officiers de la Garde Nationale. 11 a ensuite visité le nouveau bateau à vapeur lequel a été immédiatement baptisé par leclergé du lieu sous le nom de Charles- Philippe. Après le lancement, qui réussit fort bien, le prince a chaudement félicité les constructeurs, et a regagné Paris à trois heures de l’après-midi. Cette cérémonie eut lieu vraisemblablement quelques jours avant le 22 août 1816.

Bateaux-bains (vis-à-vis de la maison Pâris de Montmartel). Page i3o, ligne 8. — 11 fut question, en 1760 d’installer un établissement de bains flottant en Seine, en cet endroit. Voici le texte de l’autorisation : « Décision du Bureau de Ville, du 8 juillet 1760. A tous ceux qui ces présentes lettres verront,... Vu la requête à nous présentée par Jean Poitevin, baigneur-étuviste à Paris, contenant que par ses expériences en fait de bains, pour les personnes incommodées, ayant reconnu qu’en les faisant prendre directement sur la rivière il en résulterait un meilleur effet pour les malades, il a imaginé de faire construire sur un bateau ordinaire, une charpente formant des chambres séparées pour la commodité des personnes... Nous avons permis au suppliant de faire placer sur la rivière vis-àvis la maison du S. de Montmartel, à Bercy, trente toises au-dessus de l’encoignure de la dite maison, un bateau de 18 à 20 toises de longueur sur lequel il

sera édifié une charpente formant plusieurs chambres de bains et ce pour le

temps qu’il plaira au Bureau et à la charge, par le suppliant, d’exécuter les ordonnances et règlemens de police sur la rivière et de retirer son bateau au premier ordre du Bureau, et ne pouvoir déranger son bateau sans ordre exprès et

par écrit du Bureau. Signé: Camus, Bontrong, Chomel, André, Le Blocteur. Archives Nationales. Q1 n 335 6. » (Je dois cette communication à l’obligeance de M. René Farge.)

Bercy (Bras de). — Voyez plus loin : Ru de Bercy.

Boismorel (M. de). Page 1 38, ligne i5. — M. Roberge de Boismorel était: « Payeur des rentes de l’ Hôtel-de-Ville assignées sur le clergé. » 11 habitait à Paris : « rue Saint-Louis, près les Filles du Saint-Sacrement au Marais » (Almanach royal de 1767, p. 342). C’est aujourd’hui la rue de Turenne. Dans ses lettres, Mme Roland qualifie souvent M. de Boismorel de l'épithète : « le Sage de Bercy ». ( Mémoires de Mme Roland, édition Claude Perroud, t. II, p. 199, note 1.)

Nous avons dit, page 1 38, l’impossibilité d'identifier la maison de Boismorel. Mais voici que nous arrive, au moment d’envoyer notre manuscrit à l’impression, une lettre de M. Claude Perroud, l’historien si renseigné de Mme Roland, aux lumières duquel nous avions fait appel, nous signalant une missive du 3o mai 1776 adressée à cette dernière par son ami, lui demandant de sermonner anonymement son fils, et la priant d’envoyer sa lettre à cette adresse : « A. M. Roberge fils, rue de Bercy, faubourg Saint-Antoine, n° i5. »

Puisque, en 1776, la rue de Bercy était numérotée, ainsi que l’indique cette suscriplion, il est à peu près hors de doute que ce numérotage ne pouvait être autre que celui indiqué par Jean Beausire dans son atlas des limites des fauxbourgs, vers 1728, numérotage qui lui servit, en ce qui concerne cette rue, à désigner les maisons de plaisance qui la bordaient. Or, dans le dépouillement que nous faisons de cet atlas on verra, à notre page io3,que le numéro i5 appartenait à la belle demeure de Pajot d’Ons-en-Bray, qui régnait de la rue de Bercy à la rivière. C’était donc là, vraisemblablement, la maison de Boismorel. En 1776 la rue dont il s’agit faisait encore partie du faubourg Saint-Antoine, la commune de Bercy n'ayant été érigée qu’en 1790-91. Nous ajouterons que, sur tous les plans du temps, la maison de Pajot était justement située dans le quartier dénommé le Petit-Bercy, d’où l’expression de Mme Roland, qualifiant de ce vocable la demeure de son ami.

La lettre de Boismorel à Mlle Phlipon se terminait ainsi : « Je vous prie de souhaiter pour nous le bonjour à Monsieur votre père et d’être persuadée de toute la sincérité des sentiments tendres et respectueux avec lesquels j’ai l’honneur d’être, mademoiselle, votre très humble et très obéissant serviteur. Signé : Roberge de Boismorel. Paris, ce 3o may 1776. Je vous prie de faire adresser la lettre ainsi : A. M. Roberge fils, rue de Bercy, faubg. Saint- Antoine , n° i5. (Bibliothèque Nationale. Mans. fr. Nouvelles acquisitions n° 6241, fol. 206-207.)

Dans une autre lettre de Boismorel à Manon Phlipon, du icr octobre 1775, on trouve encore l’allusion suivante faite à sa maison de Bercy : «... Ne serait-ce

pas un moyen que de vous rappeler que ma mère et ma femme, qui vous font leurs complimens, vous ont engagé le jour de Saint-Laurent à venir dîner un jour de fête avec nous. Vous devriez faire en sorte que votre bonne maman fut de la partie. Jusqu’à la Saint-Martin il y a cinq fêtes. Telle que soit celle que vous choisirez, l’amitié supplera à tout ce que la nature a refusé a la situation de Bercy, et réparera autant qu’il sera possible les brèches du tems et de la saison... » (Même source.)

Bopnes-umites de 1724-1726. Page 147, ligne 17. — Nous avons eu la bonne fortune de retrouver, au mois de mai 1910, l’une des deux bornes-limites dont nous parlons ici. Elle sert de carrelage dans l’arrière-boutique d’un marchand de couleurs établi rue de Charenton nos 3o4~3o6. Il a été impossible à ce commerçant de nous dire depuis quelle époque la table en pierre servait à cet usage profane, mais il nous a appris qu’il y a environ deux ans, voulant faire diviser en deux pièces cette arrière-boutique, une cloison fut établie en son milieu, s'appuyant sur la partie médiane de la dite plaque, sans toutefois la détruire, et laissant une moitié de l’inscription dans chacune des pièces. Le hasard, qui est quelquefois un grand maître, a voulu que la surface visible de ce carrelage defortune, fut justement celle portant gravé le texte de la dite borne. Autrement, et si elle avait été retournée, elle eût été sans doute perdue pour longtemps. Nous n’avons pu en lire que la moitié : celle qui se trouve dans la pièce libre, l’autre pièce étant encombrée de marchandises. Voici comment se présente la partie que nous avons examinée :

Bornes de

Ecusson

Royal

du RÈGNE DE PAR

DÉFENSES EXPRESSES DEPUIS LES PRÉSENTES B jusqu’au PLUS PROCHAIN

PORTÉES .... ES DÉCLAR

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