Archives Nationales. S. 6842 q
Le même bâtiment contient également, au premier étage, deux tribunes donnant sur l’église, ainsi que la bibliothèque installée dans une grande et vaste chambre du même étage. Celle-ci possède 194 volumes qui sont des ouvrages classés dans les séries suivantes: Écriture Sainte; Interprètes; Saints Pères; Théologie positive; Théologie morale; Théologie catéchistique ; Théologie mystique ou livres pieux; Théologie controversiste ; histoire générale et ecclésiastique ; histoires ancienne et de France; histoire étrangère; orateurs; poètes; grammairiens; les polygraphes critiques, etc.
Le bâtiment neuf est composé d’un rez-de-chaussée et d’un unique étage.
Quant à l’église, le même inventaire montre que les objets du culte y étaient assez nombreux. On y voit, notamment, que le tabernacle, ses gradins, et le tombeau de l’autel sont en marbre et or. Une chaire « très propre » est blanche et or; le rétable de l’autel et les cadres des cinq tableaux qui l’ornent sont aussi blancs et dorés; « un confessionnal assez bien racommodé » ; « des bancs au chœur en nombre suffisans et honnêtes ». Une grille en fer séparait la nef du sanctuaire. Parmi les ornements, on lit la description suivante concernant l’un d’eux :
Le premier et le plus précieux est sans doute la vraye Croix, à nous donnée par M. d'Onz-en-Brai. Son épouse a fait faire la croix qui la contient mais sans pied. J ai fait taire celuy qui'y est et raccommoder la croix qui étoit toute brisée et démentibulée, il a coûté 24 livres.
On y trouve enfin les meubles et objets contenus dans la cuisine, réfectoire, office et lingerie. A cette époque, les ressources financières de 1 établissement sont plusimportantes qu’en ip5o:
Les recettes s’élèvent à 3.122 livres 6 sols 6 deniers; et les charges à 1.692 livres i3 sols 11 deniers.
Il reste donc, dit ce document, 1429 livres 12 sols 7 deniers pour nourrir
l’administrateur, le pensionnaire et le frère. Et si le pensionnaire se retiroit, il ne resteroit pour la nourriture de l’administrateur et du frère, ainsi que pour l’entretien de celuy-ci, que 729 livres 12 s. 7 d.
L’inventaire général auquel nous faisons allusion ici est signé : Devismes, administrateur de la maison de Bercy, et daté du 2 septembre 1^53 .
Nous venons de parler du riche cadeau fait par M. Pajot d’Ons-en-Brav, l’opulent habitant de Bercy dont la maison a été décrite plus haut. Nous ajouterons qu’il fut l’un des bienfaiteurs des Prêtres de la Doctrine chrétienne, auxquels, par son testament du 5 novembre 1753, il demanda de faire célébrer 3oo messes dans leur chapelle, après sa mort, à raison de vingt sols chacune.
Dans un codicille du 3i décembre iy53, il leur léguait encore une somme de 3.ooo livres à condition que la tribune qu’il avait fait construire dans leur église appartiendrait à perpétuité aux propriétaires de sa maison de Bercy et que, dans le cas où cette chapelle serait reconstruite sur place ou ailleurs, il serait choisi un autre emplacement pour la tribune, dans la nouvelle chapelle, à l’usage des propriétaires de la dite maison .
En 1787, l’église de la Doctrine chrétienne, qui est pour ainsi dire la véritable église de l'agglomération de Bercy, encore qu’elle ne soit pas paroissiale, est connue sous le vocable de la Nativité :
L’Église de ces Pères est sous l’invocation de la Nativité de la Vierge. Leur maison dépend de la maison Saint-Charles, rue des Fossés-Saint-Victor, qui est le chef-lieu de cette Congrégation, et où réside le Supérieur général 1 2 3.