‹ BercyChapitre 36 sur 133 · Archives Nationales. S · texte numérisé non relu

Archives Nationales. S

2. Recherches sur Paris, par Jaillot, 1775, quai Saint-Antoine, t. III, p. 49.

Nous devons dire, pourtant, que la pétition de la municipalité de Bercy à l’évêque Gobel, du 29 mai 1791, insérée dans nos annexes, déclare que la chapelle fut édifiée par l’avocat Jacques Champion.

Quoi qu’il en soit, dès 1677, c’est l’église des Pères de la Doctrine qui sert aux habitants de l’agglomération de Bercy comme chapelle de secours dépendant de la paroisse Saint- Paul.

Les choses durèrent ainsi jusqu’à 1712. En cette année, l’église Sainte-Marguerite, succursale de Saint-Paul depuis i63q, fut érigée en cure avec une paroisse provenant du démembrement de la précédente, et comprenant les territoires du faubourg Saint-Antoine vers Charenton, dont l’agglomération de Bercy faisait partie.

Voici, d’après l’abbé Lebeuf, la délimitation de la nouvelle paroisse:

Ce qui fui démembré de la Paroisse de Saint-Paul pour constituer celle de Sainte-Marguerite, consistoit dans toute l’étendue du faubourg Saint-Antoine, à commencer à la porte, jusqu’à la rue du Réservoir de la Ville, et continuant à droite la rue de Ménil-Montant, revenant de là aux Moulins du dit Ménil-Montant, et au hameau Mont-Louis dont elle a un côté, rabattant ensuite à Picquepusse jusqu’à la vallée de Fécan et le Petit-Bercy : et delà le long du bord de la Seine jusqu’aux remparts de Paris L

La construction, vers 1788, de l’enceinte des fermiers généraux, fut le point de départ de la modification territoriale des paroisses, au momentde la Révolution. Celles de Paris virent borner leur étendue à l’intérieur des nouveaux murs, ce qui laissait Bercy et ses dépendances sans paroisse : Sainte-Marguerite rentrant dans l’enceinte de la capitale et n’ayant plus, comme limites, en vertu de la loi du 4 février 1791, que les suivantes :

Barrière du Trône ; les murs de la dite jusqu’à la barrière de la Folie-Renaud; ladite rue; celle des murs de la Roquette; celles de la Roquette et du Val

1. Histoire du diocèse de Paris , par l'abbé Lebeuf, édition Féchoz, t. I, p. 332.

[d’Aval], à gauche jusqu’au boulevard; le dit, à gauche jusqu’à la rue du Faubourg-Saint-Antoine; la dite, à gauche, jusqu’à la barrière du Trône l.

Bercy venait justement d’être érigé en commune distincte, à la suite du décret du 19 octobre 1790. Dès lors la question se posait de savoir si la nouvelle commune deviendrait une paroisse ou si, pour l’exercice du culte, ses habitants devraient dépendre de celle de Conflans sa voisine ?

Immédiatement, la municipalité de Bercy, appuyée de tous ses administrés, prit parti pour la première combinaison et organisa une importante campagne de pétitions auprès des pouvoirs publics.

La première manifestation qui eut lieu dans ce sens fut même antérieure à cette loi du 4 février 1791, et date du 28 novembre 1790. C’était un Mémoire de la municipalité de Bercy adressé à l’Assemblée Nationale, demandant que la chapelle de la Doctrine chrétienne et les bâtiments adjacents ne fussent pas vendus comme Biens Nationaux.

Dans sa requête, que l'on trouvera à nos pièces justificatives, la dite commune faisait valoir combien cette chapelle était utile aux habitants de la Grande-Pinte, du Ponceau, de la Vallée de Fécamp, de la Grange aux Merciers, du Petit- Bercy, de la rue de Bercy hors les murs, sections comptant au moins 1.400 âmes, et qui bientôt n’appartiendraient plus à la paroisse de Sainte-Marguerite. Et le Mémoire ajoutait que l’édifice ne pouvait être livré à des usages profanes sans priver la municipalité d’un secours vraiment nécessaire, affirmant, au contraire, qu’il paraissait naturel de le constituer en église paroissiale, ainsi que le désiraient tous les habitants, qui attendaient cette mesure de la sagesse de l’Assemblée.

1. Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, par l’abbé Lebeuf, édition Cocheris, t. III, p. 533.

Prévoyant, en outre, que satisfaction leur serait donnée, les membres de la municipalité faisaient remarquer que les anciens bâtiments du monastère pourraient être employés à usage de presbytère, sacristie, chapelle de communion, chapelle baptismale et cimetière, sans obérer la nouvelle commune par des acquisitions à réaliser.

La pétition, adoptée en séance du Conseil général de Bercy, était contresignée par le prêtre Collard, appartenant à la Doctrine chrétienne, desservant de la chapelle, qui déclarait en accepter les termes '.

C 'était ce même Collard, que la dite municipalité présentait à l’Assemblée Nationale comme ayant prêté le serment constitutionnel, par la lettre ci-après, lue dans la séance du mardi 18 janvier 1791.

Disons en passant, que la nouvelle commune s’était fait imprimer du papier à lettre orné d’un fleuron composé de deux palmes de chêne ou de lauriers s’arrondissant en couronne. La banderole réunissant ces deux palmes portait les mots: la bonne cause , au-dessus de deux mains qui s’étreignaient, et dont les poignets étaient dissimulés par des nuages. Enlin, une flèche à deux pointes traversait la couronne de haut en bas, la pointe supérieure étant coiffée du bonnet phrygien.

L’en-tête imprimé était celui-ci :

Municipalité

du Petit Bercy, du Ponceau, de la Chaussée de Charenton, de la Vallée de Fécamp et de La Râpée.

Voici le texte de la lettre concernant le prêtre Collard :

Monsieur le Président

Dans un moment où les ennemis de la Révolution font de derniers mais vains

. Voir pièce justificative n° 14.

efforts pour s’opposer à la régénération de l’ordre et du bien public, il est sans doute satisfaisant de voir la foule de ceux qui s’empressent à augmenter la liste des vrais honnêtes gens, des bons citoyens et des personnes que leur conscience pure et éclairée dirige vers le bonheur général.

C’est sur cette liste, Monsieur le Président, que nous prions de faire inscrire M. Collard , Doctrinaire, et un des membres de l’assemblée électorale du département de Paris, notre respectable et digne Recteur, qui hier, à l’issue de la messe, a prêté en notre présence et en celle de tous les fidèles confiés à ses soins, le serment prescrit par l’Assemblée Nationale sur la Constitution civile du Clergé. Il a précédé son serment de la lecture de quelques passages de saint Paul et par une application heureuse de l’Écriture Sainte à la loi, il a prouvé que» suivant même les Pères de l’Église, le clergé comme les autres citoyens dévoient une soumission entière à la loi.

Si des circonstances purement locales se sont opposées à ce que ce très digne Ministre des autels prononce plutôt son serment, on n’en doit pas moins rendre justice à ses sentiments vraiment patriotiques. Il les a manifestés dans toutes les occasions de manière à convaincre qu’en se soumettant aux décrets de l’Assemblée Nationale, il ne faisoit que céder aux impulsions de son cœur, de sa conscience, de sa propre opinion.

Nous sommes avec le plus profond respect et la juste reconnaissance qu’inspirent les bienfaits de l’Assemblée Nationale, Monsieur le Président, votre très humble et très obéissant serviteur.

Signé : Renat, maire,

Thiboust, procureur de la Commune.

A la Municipalité, ce 17e janvier 1791 l.

Ainsi que nous le disons plus haut, cette lettre fut lue à la tribune de l’Assemblée Nationale, qui en ordonna l’insertion à son procès-verbal 2 .

Le 8 février 1791, une nouvelle pétition était adressée à la municipalité de Paris, faisant fonction d’administration du département, et occupée alors à déterminer la circonscription des nouvelles paroisses. Son but était l’érection d’une paroisse distincte à Bercy, en raison de l’éloignement de l’église de Conllans, paroisse la plus rapprochée et pour-

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