‹ BercyChapitre 37 sur 133 · Archives Nationales. C. 124, n" qo5, fol · texte numérisé non relu

Archives Nationales. C. 124, n" qo5, fol

2. Procès-verbal de i Assemblée Nationale imprimé par son ordre, séance du mardi 18 janvier 1791, n° 535, p. 2, t. XVII. Et Archives parlementaires , t. XXII, p. 3oq.

tant distante de la localité de plus de trois quarts d’heure c

Précisant de plus en plus leurs désirs, les représentants de Bercy, dans une requête du 10 mars 1791, faisaient connaître à l’Assemblée Nationale les limites qui seraient celles de la nouvelle paroisse, si elle était constituée. Ces limites s’étendaient, en longueur, depuis l’enceinte de Paris jusqu’au château de Bercy et, en largeur, depuis la rive droite de la Seine jusqu’à la barrière de Picpus, soit sur plus d’une lieue carrée. Ils ajoutaient que la chapelle, étant placée au centre, ne serait qu’à la distance d'une demi-lieue des points les plus éloignés. La réunion à la paroisse de Conflans, au contraire, des habitants de Bercy, obligeait ceux-ci à un déplacement en contradiction avec le décret de l'Assemblée, portant que tout paroissien ne devait pas être éloigné de plus de trois quarts de lieue de l’église paroissiale 1 2.

Dans un autre Mémoire, adressé au Directoire du District de Bourg-la-Reine, le 18 avril 1791, par la même municipalité et tendant toujours au même objet, on trouve l’énumération des rues composant la commune de Bercy à cette époque, avec le dénombrement de leurs habitants.

La rue de Charenton, du n° 76 au n° 1 14, contient 648 individus.

Les rues de la Lancette et de la Vallée de Fécamp, du n° 1 au n° 21, 127 individus.

La rue des Fonds-Verts, 12 maisons et 89 individus.

La rue du Chemin-Vert, 7 maisons et 53 individus.

La rue de la Planchette, 6 maisons et 3c individus.

La rue en retour de celle de la Planchette, 6 maisons et 3i individus.

La rue de Bercy, du n° 25 au n°55, 3c>7 individus.

La Râpée, du n° 28 au n° 33, 70 individus.

La rue Grange aux Merciers, 7 maisons et 48 individus.

Le Moulin, 10 individus.

Soit un total de 1.415 personnes.

Et le Mémoire montrait, en cette période de la quinzaine de Pâques, le désarroi résultant de la dislocation des territoires paroissiaux, et les habitants, incertains et embarrassés, s’adressant soit à l’église de Saint-Antoine, soit à celle de Sainte-Marguerite, soit à celle de Conflans; qui, pour un mariage ; qui, pour un baptême ; qui, pour des messes; et renvoyés de l’une à l’autre sans pouvoir obtenir satisfaction.il donnait aussi le dénombrement, et c’est un détail qu’il est utile d’enregistrer, de cette partie de la population de Conflans avoisinant la municipalité de Bercy, qui avait plusieurs fois manifesté le désir d’être rattachée à cette dernière commune et à sa future paroisse ».

Dans une autre supplique, adressée le 10 juin 1791 aux mêmes administrateurs du district de Bourg-la-Reine, la Municipalité de Bercy revenait encore à la charge avec une opiniâtreté qui montre l’importance quelle attachait à cette réforme :

Enfin, le but où nous n’avons cessé de tendre, et que nous ne pouvons abandonner, est de solliciter avec persévérance un sort plus doux et avantageux. Nous sommes séparés de Sainte-Marguerite mère de nos ayeux, sans espoir de retour, que la trop grande distance où nous sommes d’elle, fera aisément oublier à nos enfans. Mais notre réunion à Conflans, s'il étoit possible de la supposer, déjà plus éloignée et que l’on propose d’éloigner encore jusqu’aux Carmes où elle seroit effectivement mieux placée, nous feroit regretter notre première situation, infiniment plus avantageuse pour nous sous tous les rapports.

Et cette pétition, après avoir fait valoir que les habitants de

la Grande-Pinte, se trouvant si agglomérés à Bercy, n’osaient avouer qu’ils étaient de Conflans, ajoutait :

La Municipalité de Bercy a attendu avec patience et résignation la décision des pétitions et demandes qu’elle a réitérées avec une sorte d'importunité pour obtenir une paroisse particulière dès le temps où elle ne faisoit que pressentir ses besoins; mais dans ce moment qu’elle les ressent vivement, pressée par sa commune dont le vœu a été cy-devant exprimé avec toute l'énergie dont elle peut être capable, sollicitée encore de plus par la majeure et saine partie de la municipalité de Conflans y comprenant plusieurs municipaux et notables, qui. par bienséance, n’osent se déclarer de la partie de la Grande Pinte qui est pour ainsi dire, confondue avec et qui ne peuvent morallement faire qu’une par la suite, étant déjà pour cette partie unis de sentimens, et fraternisant ensemble dans le service journalier qu'ils font en commun, tant pour leur sûreté que la nôtre, et le bon ordre qui y règne entre tous L

Ce fut à la suite de cette dernière demande que le Directoire du district de Bourg-la-Reine, avant de statuer sur le fond, chargea, le 10 juin 1791, les sieurs Préaux, Eschard, et Bargue, administrateurs, de faire une enquête sur les lieux, d’inspecter l’église et de prendre autant que possible :

Connaissance des avantages ou inconvéniens qui pourront résulter de l'établissement projeté et surtout dresser procès-verbal en présence de la municipalité de Bercy, qui sera prévenue du jour du transport des dits sieurs administrateurs pour, ce fait, être par le Directoire du District donné un avis définitif et pris par le Département telle décision qu’il appartiendra

Bien entendu, l’Evêque Gobel, métropolitain de Paris, fut aussi sollicité de donner son adhésion au projet. Il le fut parlettre du 29 mai 1791, dont les termes sont la répétition, ou à peu près, des pétitions précédentes, et que l’on trouvera à nos annexes1 2 3 .

Sa réponse, entièrement affirmative, parvint à la date du 26 septembre 1791 dans la forme ci-après:

Jean-Baptiste-Joseph Gobel, par la Miséricorde divine, et dans la Communion du Saint-Siège Apostolique, Évêque Métropolitain de Paris.

Page 1