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PALAIS DE L’ÉLYSÉE, Salon des Aides de Camp. Boiseries et cheminée provenant du Château de Bercy.
Barry, Phot. et lmp. Paris.
On se taira sur le couvent voisin qui touche immédiatement la paroisse et le Presbytère actuels; sur le chapelain non-conformiste qui dirige les religieuses, comme sur le cy-devant curé qu’elles logent et qui paraît les inspirer; sur les rendez-vous habituels des dévotes et autres partisans de ces Messieurs, tant aux Carmes qu’au Monastère de Conllans. On se taira même sur le zèle des bons pères Déchaux contre la Constitution civile du Clergé; sur l’affluence du peuple dans leur église, plus, à la vérité, par raison de proximité que par tout autre motif. Ces objets sont laissés à la prudence de l’Administration.
Mais on ne doit pas taire : i° qu’un curé patriote fera plus de fruit, sera beaucoup plus utile au bien de la chose, quand il sera logé au milieu de ses paroissiens, quand il parlera dans l’Église où ils aiment à se rassembler. 2° Que, dans l’état actuel, ce curé n’est presque utile que pour les baptêmes et les enterremens, la paroisse ne se trouvant fréquentée que les jours de fêtes annuelles, et depuis longtemps presque abandonnée les dimanches et fêtes ordinaires. 3° Qu’étant possible d’exécuter promptement l’un des deux projets, il seroit avantageux de le faire sans trop de délais, sans attendre une préparation plus complète, celle-ci s’acheveroit petit à petit, avec moins de frais et plus d’utilité '.
Cependant, en dépit de tous ces mémoires, pétitions, enquêtes et autres formalités, l’Assemblée Nationale ne semble pas trop pressée d’aboutir. Le Conseil général de la commune de Bercy aura encore besoin pour réussir de se réunir une fois et de rédiger à nouveau une adresse, par laquelle il essaiera de réveiller le zèle des représentants :
A l’Assemblée Nationale;
La commune de Bercy, située aux portes de la capitale, et l’une des quarante et une Municipalités qui composent le District du Bourg-la-Reine, a l’honneur de vous représenter que, depuis sa formation municipale, elle se trouve sans paroisse, quoique peuplée de plus de quinze cents habitans, et soumise, d’un autre côté, à une circonscription territoriale provisoire si mal entendue, quelle est exposée à chaque instant à des conflits de juridiction avec les Municipalités qui l’avoisinent.
Déjà le Directoire du District et celui du Département ont prononcé sur une circonscription plus naturelle; ils ont également prononcé, de concert avec M. l’Évêque Métropolitain de Paris, sur la nécessité de lui donner une paroisse : en un mot, à ces deux égards, tout est fait, et il ne lui manque plus que l’autorisation de la loi.
Nous osons la solliciter avec d’autant plus d’instance que, d’une part, de
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grandes solennités s’approchent et que, de l’autre, l’assemblée électorale du District est sur le point d’être convoquée pour la nomination des cures vacantes ou à créer.
Fait en Conseil Général de la Commune, le huit novembre 1791.
Signé: Renat, Maire; Mainguet, lieutenant de Maire; Fournier; Houdart; Boullanger; Blot; Hulot; Ligé;de Branville ; Gillet; Paillard ; Cuvillier; Duflocq; Potel ; Linet ; Legrand ; Royé; Coulon ; Thiboust, procureur de la Commune; Legrand l’aîné, Secrétaire Greffier L
Cette circonscription plus naturelle qu’il est question de donner, dans cette lettre, à la commune de Bercy, soulève une question des plus importantes, et nous aurons à y revenir à propos de la formation de la Municipalité. Le projet englobait le château de Bercy et ses vastes dépendances, ainsi que le haut de la Grande-Pinte. Il en est encore question dans la lettre ci-après, adressée par Thiboust, Procureur de la commune de Bercy, à Fillassier, Procureur Syndic du District de Bourg-la-Reine. On y voit qu'un nouveau plan a été dressé tendant à donner une configuration plus rationnelle, mais aussi plus étendue, aux territoires de la commune, et par conséquent à ceux de la future paroisse :
Nous avons jugé, Monsieur Renat et moy, qu’il était à propos de vous faire passer un plan de notre Municipalité plus correct et détaillé que ceux cy-devant présentés. Les maisons et habitations y sont distinguées pour la plus grande partie. Il y a peu de châteaux. Ce sont touttes habitations pour la majeure partie, de jardiniers, cultivateurs, honnêtes gens, bons patriotes, qui se sacrifieraient et l'onl déjà fait pour la défense de la Patrie, etc.
Ils se consument dans l’attente et l’espérance d’avoir leur paroisse chez eux et ne cessent de nous solliciter de redoubler nos soins pour y parvenir. Ce que nous faisons d’autant mieux que leur demande est juste, et que ce sont nos vœux communs à tous.
La ligne de démarcation qui serait la plus naturelle à suivre, si nous l’obtenons, est distinguée par un trait rouge forcé et marqué par : Ligue de démarcation projettée.
Elle se trouverait renfermée de tous côtés par des routes et grands chemins
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pour ainsi dire immuables. Nous prions le Conseil d’Administration de prendre ce projet en considération qui trancheroit bien des difficultés de part et d’autre
Voici, enfin, que l’Assemblée Nationale va délibérer sur l’éternelle question.
Dans la séance du 3 décembre 1791 , le matin, l’un des secrétaires donne lecture de la lettre ci-après :
Le 3 décembre 1791. Monsieur le Président,
Les habitans de Bercy au nombre de plus de quinze cens sont sans paroisse; les électeurs du District du Bourg-la- Reine sont convoqués pour la nomination aux cures vacantes ou à créer dans le District ; M. Dochier, rapporteur du Comité de Division, est prêt et il n’a encore pû se faire entendre.
J’ose, Monsieur le Président, supplier l’Assemblée Nationale de vouloir bien fixer un jour pour que le rapport sur la paroisse de Bercy puisse se faire.
J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, Monsieur le Président, votre très humble serviteur.
Signé : Provencheol, habitant de Bercy 1 2.
L’Assemblée ordonna que le rapport sur cette affaire lui serait soumis à la séance du soir, dont le compte rendu nous est présenté sous la forme ci-après :
M. Dochier, au nom du Comité de Division, fait un rapport sur une pétition de la Commune de Bercy dépendant du District du Bourg-la-Reine, et présente le projet de décret suivant :
Décret d’urgence.
L’Assemblée Nationale, après avoir entendu son Comité de Division, sur la demande de la Commune de Bercy, tendant à ériger en paroisse la chapelle qu’elle possède dans son sein; attendu que cette commune a été séparée de la paroisse Sainte-Marguerite de Paris, dont elle dépendait; qu’elle se trouve maintenant sans paroisse et sans pasteur; qu’elle est fondée à demander une paroisse, et que les électeurs du district vont se réunir incessamment pour nommer aux cures vacantes, décrète qu’il y a urgence.
Décret définitif.
L’Assemblée Nationale, après avoir ouï le rapport de son Comité de Division,, sur la demande de la Commune de Bercy tendant à ériger en paroisse la cha-