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CHAPITRE VII

CONSTRUCTION d’uNE NOUVELLE ÉGLISE PAROISSIALE EN l823. — POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE ET INAUGURATION. — LE CIMETIERE DE BERCY.

En 1802, l’ancienne chapelle de la Doctrine chrétienne, devenue église paroissiale en vertu du décret de l’Assemblée Nationale, était érigée en paroisse diocésaine sous le vocable de V Assomption. Menaçant ruine en 1816, la commune de Bercy, par un arrêté du Préfet de la Seine du 14 novembre de cette année, fut autorisée à en reconstruire une autre.

Après de nombreux pourparlers sur le choix d’un emplacement nouveau, le Conseil municipal de Bercy, dans sa séance du Ier mars 1821, prenait une délibération disant : i° qu’il y avait urgence à reconstruire une église, 20 que l’ancienne, simple chapelle, serait interdite vu son peu de solidité, 3° que le terrain où elle se trouvait était beaucoup trop petit pour permettre l’éditication d’un plus grand édifice, 4° que cette chapelle ne pouvait plus être réparée et que, d’ailleurs, son emplacement était sujet aux inondations annuelles, 5° qu’enfin, une église devait être située à la portée de tous, c’est-à-dire au centre de la commune.

Dès lors, la démolition de l’ancienne chapelle et la vente de son terrain furent décidées, en vertu de la délibération du Conseil du 27 décembre 1821, prise d’accord avec le Préfet de la Seine, et portant affectation des sommes à en provenir à la reconstruction d’une nouvelle église.

On sait que le décret du 3o mai 1806 attribuait la propriété des temples et cimetières supprimés aux églises desservant le culte du lieu. La chapelle des Doctrinaires, ainsi que le cimetière qui avait été ouvert autour, devenaient donc la propriété de la fabrique de Bercy. C’est en vertu de ce décret qu’intervint l’ordonnance royale du 20 mars 1822 disant, à son article 12 :

Le maire de la Commune de Bercy, département de la Seine, est autorisé à vendre, au nom de cette commune et aux enchères publiques, l’emplacement de l’ancienne église avec des portions de bâtimens conservés, ainsi que le terrain de l'ancien cimetière, le tout estimé 7.179 fr. 40. Le produit de cette aliénation sera employé à l’achat d’un terrain nécessaire à la construction d’une nouvelle Eglise pour cette commune.

L’adjudication se fit le 25 mai 1825, par le ministère de Me Finot, notaire à Charenton, sous l’indication suivante : « Un terrain ayant servi anciennement de Cimetière à Bercy, mesurant 87 toises environ. » M. Valélion fut déclaré adjudicataire moyennant la somme de 8.600 francs. Il est probable, étant donné le chiffre de cette vente, que l’emplacement de la chapelle était compris dans les 87 toises de terrain1 .

L’ancienne église de Bercy fut démolie en partie dans le mois de décembre 1821, d’après les ordres de M. le Préfet de Police comme présentant un péril public. D’après un plan du dossier, son portail était situé en bordure de la rue de Bercy. Un peu avant cette démolition, un clocher provi-

1. Archives de la Seine. Domaine. Carton 486, dossier 13.707.

soire avait été établi dans le terrain du cimetière qui était autour de l’église.

Lors de la vente de ce cimetière, il fut stipulé que ledit clocher serait conservé et que l’acquéreur ne pourrait jouir de cette portion de son terrain qu’après la construction de la nouvelle église1 2 * .

Son édification, d’ailleurs, ne semble pas avoir été trop facilitée par les propriétaires de ce terrain qui, sans donner de raisons plausibles, refusèrent de céder les emplacements choisis. Le Conseil municipal dut même avoir recours à l’expropriation pour cause d’utilité publique, et adopta, le Ier mars 1821, une délibération disant:

Qu’il soit pris le terrain nécessaire à la construction d’une église dans un emplacement situé au centre de la Commune, dans la rue des Fonds Verts, sur ceux appartenant à Mmes Vigneron et Vve Lyon 5.

Dans sa décision du 10 octobre 1822, le Conseil revenait encore sur la question de l’emplacement et votait définitivement l’acquisition à M. Richard, négociant, d'un terrain contenant deux arpents, sis à Bercy, au lieu dit les Fonds Verts , pour la somme de 26.000 francs, fournie à la commune par des dons volontaires d’habitants désirant garder l’anonymat. La place devant précéder la nouvelle église était toujours en bordure de la rue de Bercy, mais plus à l’Ouest.

Ladite délibération portait, comme considérant, que l’emplacement choisi était le seul pouvant convenir aux diverses destinations projetées, savoir: Assiette de l’église, établissement d’une place publique, percement de voies environ-

2. Archives de la Seine. Registre n° i des délibérations du Conseil municipal de

nantes, construction ultérieure d’un presbytère, d’une école et d’une mairie.

Cette décision, des plus importantes pour la formation du domaine de Bercy, était signée au registre par les conseillers municipaux et les plus imposés de la commune, savoir : Cabanis, Husson, Cléris, Garby, Valélion, Gallois, Duflocq, Ferrât, Guillermin, Damiron, Courtois, Soulages, Pinard, Fortier-Beaulieu, Renet fils, Colomb, Comte de Nicolay. Ce dernier étant le maire1 .

Nous venons de dire que des donations anonymes avaient fourni la somme de 26.000 francs pour l’acquisition du terrain destiné à la nouvelle église. La délibération du 16 avril 1822 affectait, d’autre part, un crédit de 40.000 francs pour la reconstruction, somme « surimposée en centimes additionnels ».

Entreprise en 1823, elle fut édifiée par l’architecte André- Marie-Chatillon, né à Paris en 1782, élève de l’Ecole des Beaux-Arts, Grand Prix de Rome en 1809.

L’édifice se divisait en trois nefs, terminées par un transept et une abside circulaire derrière laquelle se trouvaient la sacristie et le clocher. L’intérieur était décoré de colonnes doriques.

La cérémonie de la pose de la première pierre est relatée dans un placard, tiré sur beau papier, mesurant 58 X 4L qui est vraisemblablement la reproduction de la planche de cuivre enfouie dans les fondations. Le texte est le suivant :

L’an 1823

Le vingt-huitième du règne De Sa Majesté Louis XVIII,

Roi de France et de Navarre,

1. Archives de la Seine. Registre n” i des délibérations du Conseil municipal de Bercy.

Le 8 juin,

La première pierre de l’Eglise de Bercy,

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