A ÉTÉ BÉNITE
Par Monseigneur Hyacinthe-Louis, comte de Quelen,
Archevêque de Paris, Pair de France,
Et posée
Par M. Gilbert-Joseph-Gaspard Comte Chabrol de Volvic,
Conseiller d'Etat, Commandeur de l’ordre Royal de la Légion d'honneur, etc.
Préfet du Département de la Seine,
Assistés de Messieurs
Théodore Baron de Viel-Castel, sous-Préfet de l’arrondissement de Sceaux, Aymard-François-Marie Chrétien, comte de Nicolay, chevalier de l’ordre Royal
De la légion d’honneur, Commandeur de l’ordre de Léopold, etc., etc., Maire
de la commune de Bercy,
Claude-Nicolas-Antoine Tricot, adjoint de la dite commune, Charles-Nicolas Demonchy, curé,
Ange-Louis Richard, François Cabanis, Vincent Domboy fils, Etienne-Marie Portier, Pierre-Marie-François Libebt, marguilliers;
Membres du Conseil Municipal :
Cabanis (François), négociant; Cléris (Denis), propriétaire; Duflocq (Nicolas- Henri), propriétaire, ancien maire; Gallois (Louis), chevalier de la Légion d’honneur, négociant, ancien maire; Garby (Joseph-Laurent), propriétaire; Husson (J. -Claude-Augustin), négociant; Richard (Ange-Louis), idem.
Noms de Messieurs les donateurs :
Bailleul et Lecomte, négociants; Baudoin, aîné de Paris, marchand; Baudoin Vancanteren, négociant; Boutron et Séraphin Richard, idem; Brandon, marchand; Briant, idem; Brisson, idem; Cabanis, négociant; Chrétien, marchand; Coquillat, négociant; Coissieu, négociant; Cornu, idem; Decomeyras, propriétaire; Delaitre, négociant; Dunery, Leroux, Fortin, idem; Demonchy, curé; Domboy fils aîné, négociant; Duthu, propriétaire; Férat, raffineur, négociant; Fleurieau, marchand; Fortier-Baulieu, tanneur, propriétaire; Fréchot père, entrepreneur; Fréchot fils, idem; Gallois, négociant; Galland et Juteau, idem; Geoffroy, idem; Henriquet, appareilleur; Husson, négociant; Langlet frères, idem; Leroy-Dupré, idem; Leveau veuve, négociant; Legrand, propriétaire; Libert, négociant; Louis (Le Baron), propriétaire; Longeron-Gadel, négociant; Mantrottez, marchand ; Mercier, idem; Nicolay (le comte de), maire; Proust Louis, négociant; Proust, Veuve, propriétaire; Quinard, entrepreneur; Renet fils, négociant; Richard, idem; Roguet, idem ; Ruinard, marchand; Soulages, fils aîné, négociant; Thory, père et fils, idem; Valelion, propriétaire; Vaucher-Lacroix, idem; Vernet, négociant.
Imprimerie Jules Didot, imprimeur du roi.
Au bas de ce placard figurent trois vues gravées de la nouvelle église, dont deux sont en médaillon, savoir :
i° Elévation : Un péristyle de quatre colonnes doriques unies soutenant un fronton triangulaire s’appliquant sur un corps de bâtiment plus élevé, flanqué de deux bas-côtés. Au chevet, un autre bâtiment forme transept est surmonté d’un campanile carré.
20 Coupe : Intérieur composé d’une nef unique et de bascôtés soutenus par des colonnes.
La troisième est un plan de l’église.
Au-dessous de ces trois gravures est le texte suivant: André- Marie Chatillon, architecte, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome1 .
Lors de la cérémonie dont il vient d’être question, M. le comte de Nicolay, chef de la Municipalité, voulant attirer dans la commune et à cette occasion, un afflux de visiteurs, résolut de donner une fête à laquelle seraient conviés de hauts personnages politiques, administratifs et religieux. Il entendait que les frais fussent couverts à l’aide d’une quête faite chez les habitants. Mais les plus fortunés parmi ceux-ci, qui avaient déjà, par des dons volontaires, payé l’acquisition du terrain, ne se montrèrent pas, paraît-il, des plus généreux. De sorte que la fête, ayant coûté à M. de Nicolay la somme de 5.787 fr. 67, et la quête n’ayant produit que 1.96g fr. o5, se solda par un déficit de 3. 818 fr. 62, que fut obligé d'avancer l'instigateur de cette réjouissance.
Jusqu’en i83q, M. de Nicolay fut en instance auprès de la commune pour récupérer son déboursé. Il eut enfin gain de
(1) Collection Georges Hartmann.
Nota : A la Bibliothèque Nationale : Estampes. Ces trois petites gravures ont été séparées du placard, qui n’y figure pas (Va 3oi).
cause en cette dernière année, puisque, par délibération du 7 mai, le Conseil municipal consentait à lui rembourser son avance mais sans intérêt, « à cause de l’irrégularité de cette dépense qui n’a jamais été soumise ni votée par le Conseil municipal au moment où elle a été faite ni depuis 1 ».
Au mois de mai 1825 la nouvelle église est terminée et l’on se prépare à sa consécration pour le mois de septembre suivant. A cet effet, et afin d’en rendre les abords accessibles aux fidèles, la municipalité, le 9 de ce mois, votait la somme de S.ooo francs pour assurer la viabilité de l’ancienne rue des Fonds-Verts, depuis peu de temps rue du Commerce, et conduisant de la rue de Charenton à ce monument 2.
L’église fut réellement livrée au culte en octobre 1826, sous le vocable de Notre-Dame , ou Notre-Dame-de-la- Nativité , qu’elle porte toujours. Son érection en cure date du 10 avril 1828.
Le sieur Fréchot, qui en était l’entrepreneur, dépassa de beaucoup les crédits et réclama à la commune, en 1882. une somme totale de 107.243 fr. 83. Le Conseil municipal ne voulant payer que celle de 49-790 fr. 3o, invita son Maire, par sa délibération du 2 novembre 1882, à défendre, pour le surplus, à l’action qui ne manquait pas de lui être intentée.
Ce procès durait encore en 1840. On trouve dans une délibération du 3 août de cette année, le vote d’une somme de 5oo francs, à titre d'honoraires, en faveur de M. Ledru-Rollin, avocat aux Conseils du Roi, chargé de soutenir le pourvoi de la commune au Conseil d’Etat, sur la décision du Conseil de préfecture.
1. Archives de la Seine. Registre n° 1 des délibérations du Conseil municipal de Bercy.
2. Archives de la Seine. Registre n* i des délibérations du Conseil municipal de Bercy.
Le 9 février 1841, l’avocat Ledru-Rollin recevait encore une somme de 400 francs pour le même objet
L’iconographie de l’église de Bercy est des plus sommaires. Nous indiquerons, indépendamment des trois gravures dont il vient d’ètre question à propos du placard de la première pierre : une planche gravée au trait, provenant d’une suite d’architecture, et montrant trois états de l’édifice, savoir : l’élévation latérale, la coupe longitudinale et l’élévation postérieure. Ilest indiqué que l’échelle de l’élévation et de la coupe a 4 millimètres pour mètre. Comme texte : Eglise exécutée à Bercy , Seine , 1823, Chatillon , architecte, Thierry , sculp.
Voici encore une gravure au trait représentant une porte de la même église, en 1828 : forme rectangulaire, corniche à oves et à consoles sculptés, deux vantaux à caissons.
Une autre planche gravée, provenant sans doute de la même suite de dessins d’architecture, montre des détails de la toiture et des charpentes, des parties de mosaïque et un plan général du monument.
Une image représente également les Fonts Baptismaux : cuve en pierre décorée d’arabesques sculptées.
Il existe aussi la reproduction d’un ostensoir en orfèvrerie, exécuté pour l’église de Bercy par M. Trioullier, orfèvre à Paris, vers 1840. Cet objet d’art, exécuté dans le style du quatorzième siècle, mesure o m. 90 de hauteur, pèse 3.5oo grammes, et est tout entier en vermeil.
Parmi les œuvres d’art qui la décoraient, nous citerons :
Le Christ et saint Jean-Baptiste au bord du Jourdain (copie d’après Murillo), toile commandée en iSqSàMlle Eugénie de Vivens, mesurant 3,3o X 2,q5, pour le prix de 700 fr.
1. Archives de la Seine. Registre n" 2 des délibérations du Conseil municipal de Bercy.
Le Songe de Saint- Joseph , toile commandée en i863à Boutewerck (Frédéric), élève de Paul Delaroche et d’Horace Vernet, au prix de 4.000 fr. mesurant 3,3o X 2,45, placée dans la chapelle de Saint-Joseph.
Saint Fiacre implorant le ciel en faveur des malades , 3,3o X 2,45. Toile commandée en i863 à Glaize (Auguste- Barthélémy), élève des frères Deveria, pour le prix de 4.000 fr. Cette peinture se trouvait dans la chapelle de Saint-Fiacre.
Le Baptême du Christ , 3, 3o x 2.45. Toile commandée en i863à Richomme (Jules), élève de Drolling,au prixde4.ooofr., et placée dans la chapelle des Fonts-Baptismaux \
Ces quatre toiles furent détruites lors de l’incendie de l’Église, arrivé à la suite des événements de mai 1871.
Dès 1873, la reconstruction du monument était entreprise par M. Hénard (Antoine-Julien), architecte. Les murs restés debout furent utilisés, de sorte que l’édifice actuel a conservé les mêmes dispositions et dimensions que l’ancien.
L’église d’aujourd’hui mesure 3ç mètres de longueur sur 18 mètres de largeur; elle présente une façade composée d’un pignon précédé d’un porche desservi par un perron de sept marches. Ce porche est formé de quatre colonnes doriques supportant un entablement décoré d’un fronton triangulaire. 11 est orné de deux statues en pierre, mesurant 1 m. 80 de hauteur, payées chacune 3. 000 fr. aux artistes et commandées toutes deux en 1866: à droite, Saint-Paul, par Roubaud (Louis-Auguste), à gauche, Saint-Pierre, par Valette (Jean). Un clocher carré comportant trois étages, se dresse à la partie postérieure de l’édifice. Au-dessus de la petite porte on remarque encore une plaque de fonte munie de l’ancienne ins-
r. Inventaire des œuvres d'art de la Ville de Paris. Édifices religieux, t. III, p. 253.
cription : Place de l'Église. Cette place porte aujourd’hui le nom de Lachambaudie. L’église, à l’intérieur, se compose deux bas d’une nef divisée en sept travees par des piliers carrés et de côtés. Son plafond est à compartiments, et trois grandes baies cintrées l’éclairent à droite et à gauche. Les bas-côtés sont également éclairés de chaque côté par quatre fenêtres à sommets arrondis.
Les orgues se trouvent au-dessus de la porte principale ; la chapelle des Fonts-Baptismaux est dans le bas-côté gauche, et celle de Saint-Joseph, dans le bas-côté droit.
Le chœur, séparé de la nef par un grand arc, occupe toute la largeur de l’église; son éclairage lui vient de deux rosaces et de deux œils-de-bœuf ouverts de chaque côté. Le Maîtreautel s’élève sous une grande niche circulaire terminée par une voûte sphérique; à ses deux côtés se voient les chapelles: du Sacré-Cœur, à gauche ; de la Vierge, à droite. Derrière sont les deux sacristies.
IJ Inventaire des Richesses d'art de la Ville , publié en 1884, indique que cette église est décorée des œuvres ci-après :
Bas-côté gauche : Jésus guérissant un possédé , par Frosté (Sébastien), toile de 3 m. 3o sur 2 m. 5o, commandée en 1821, provenant de l’église des Blancs-Manteaux et donnée à l’église de Bercy en i8p3. Elle a figuré au salon de 1824.
Chapelle de la Vierge: Le Songe de Saint-Joseph , par Gaillot (Bernard), toile de 3 m. 80 sur 2 m. 3o, payée 2.400 fr., commandée en 1821, provenant de l’ancienne église de Saint- Vincent de Paul et donnée à l’église de Bercy en i8y3. Elle figura au salon de 1824.
Bas-côté gauche : Jésus consolant les Saintes Femmes , par Lair (Jean-Louis-César), toile de 3 m. 20 sur 2 m. 5o,
commandée en 1822, provenant de l'ancienne église Saint- Ambroise et donnée à l’église de Bercy en 18 y3.
Bas-côté droit : La Résurrection , par Perron (Louis- Alexandre), toiles de 3 m. 40 sur 2 m. 10, signée: Perron, 1827. Les Saintes Femmes au tombeau, par Biard (Auguste-François), toile mesurant 3 m. 3o sur 2 m. 5o, commandées en 1843 au prix de 3. 000 fr. Elles proviennent de l’ancienne église de Saint-Ambroise et furent données à l’église de Bercy en 1873.
Bas-côté droit : Jésus et l'aveugle de Jéricho , par Colson (Guillaume-François), toile de 3m. 3o sur 2 m. 45, commandée en 1 835, provenant de l’église Saint-Leu et donnée à l’église de Bercy en 1878.
Bas-côté gauche : L' Annonciation, par Hallé (Daniel) (? — 1674), toile de 2 m. 75 sur 1 m. ç5, provenant de l’ancienne église Saint-Ambroise et donnée à leglise de Bercy en 1873. Elle est signée : D. Hallé, 1659.
Bas-côté gauche : Jésus ressuscitant la fille de J aïr, par Cazes (Pierre-Jacques), (1676-1744), toile de 4 mètres sur 3 mètres, provenant des magasins du Musée du Louvre.
A ces œuvres, qui sont toujours en place, mais aussi mal éclairées que possible, il convient d’en ajouter deux qui ne figurent pas à l'Inventaire cité, et qui se trouvent dans celui publié par l’Etat en 1901. La première représente Jésus et les disciples d' Emmaiis, par Jeannet-Lange et provient de l’église Saint-Pierre du Gros-Caillou. Elle est placée dans le bas-côté gauche et mesure 3 m. 5o sur 2 m. 5o. La seconde est intitulée: Jésus et la Samaritaine, Ecole Française du xixe siècle et, comme dimensions, 3 m. 10 sur 2 m. 25. Elle est placée dans le bas-côté droit.
Dans le rapport que nous soumettions à la Commission du Vieux Paris, le 9 novembre 1899, sur la visibilité des objets
d’art dans les églises de Paris, nous formulions pour l’église de Bercy, les critiques ci-après, que nous considérons encore comme justes aujourd’hui :
Dans la chapelle du Sacré-Cœur, une intéressante peinture de grande dimension, est à moitié dissimulée derrière le rétable de l’autel. La place ne manque pas, en hauteur, pour la surélever et rendre visible son entier développement.
La même observation, pour les mêmes raisons, peut s'appliquer à la toile qui décore la chapelle de la Vierge.
Les bas-côtés de cette église sont ornés de grandes toiles des dix-septième et dix-huitième siècles et du commencement du dix-neuvième siècle signées Hallé, Cazes, Frosté, Caillot, Lair, etc. Alternant sur le même plan avec l'éblouissement des fenêtres, il en résulte pour elles une exposition des plus défectueuses. Il eût été préférable, selon nous, de les mettre dans le haut de la nef — leurs dimensions permettant cette distance du sol — elles y eussent, tout au moins, reçu la lumière directe des verrières éclairant la partie de l'église.
Une autre combinaison, plus coûteuse il est vrai, serait le percement, dans le toit des bas-côtés, d’ouvertures vitrées destinées à répandre la lumière sur les peintures signalées L
Le presbytère ne fut édifié qu’en i85q, en vertu de la délibération du Conseil du 3 mai. Un terrain de 721 mètres avait été acquis à cet effet, au prix de 12.000 francs, appartenant au Sieur Laveur, et situé place de l’Eglise et rue du Commerce, n° 10 \
Avant, à cette édification, la commune, en vertu de sa délibération du Ier août 1044, allouait à la fabrique une somme de 800 fr. par année pour permettre au curé de se loger, à la suite de la démolition de la maison presbytérale, occasionnée par l’établissement du chemin de fer de Lyon.
Nous placerons après l’historique de l’église, les indications qu'il a été possible de recueillir sur les cimetières affectés à l’inhumation des habitants de l’agglomération de Bercy. Depuis fort longtemps, cette agglomération faisait partie des paroisses de Saint-Paul, à Paris, et de Conflans, avec, comme
1. Procès-verbal de la Commission du Vieux-Paris, séance du 9 novembre 1899, p. 295.
2. Archives de la Seine. Registre 11“ 4 des délibérations du Conseil Municipal de Rercy.
ligne de démarcation, la rue Grange aux Merciers. Les décédés de la paroisse de Conflans allaient certainement dans son cimetière, mais ceux de la paroisse de Saint-Paul étaient-ils conduits dans Paris? nous ne saurions le dire, encore que la chose soit vraisemblable, étant donnée l’âpreté des fabriques à exercer et à revendiquer leurs droits curiaux. Quoi qu’il en soit, à partir de l’année i63q, année pendant laquelle l’église Sainte-Marguerite devint une succursale de Saint-Paul, il est certain que les morts de Bercy, ou de l’agglomération de Bercy appartenant au faubourg Saint-Antoine, étaient recueillis dans le cimetière delà rue Saint-Bernard, qui était, en effet, plus à leur portée.
Nous n’en voulons pour preuve que l’extrait suivant :
L’an i63b, Nicolas Mazure, ayant succédé à Guillaume Mazure, son frère, dans la cure de Saint-Paul, qui avait été fait curé de St-Paul après M. Larchier, successeur de M. Antoine Fayet, dans la dite cure, permit d’enterrer les morts du faubourg St-Antoine à l’Église Ste-Marguerite, ce qu’on a commencé de faire le premier janvier 1637 L
Voici même une inscription qui démontre que plusieurs habitants de Bercy continuèrent à faire inhumer leurs morts au cimetière Sainte-Marguerite, après que cette commune fut pourvue d’une nécropole.
Cy-gissent
LES CITOYENS Bourlon PÈRE ET FILS ANCIENS MARCHANDS