Archives Nationales. H
Le vocable de Barrière des Poules existait déjà en 1734, appliqué à une entrée de Paris, bien antérieure à celle des Fermiers-Généraux. Nous le trouvons dans un arrêt du Conseil du Roi, du 4 mai de cette année, ordonnant l’élargissement de la rue de Bercy, depuis la rue Traversière jusqu’à la barrière du côté de Bercy, « dite la Barrière des Poules ».
La Commission des Travaux publics au citoyen Poyet. L’an III , le iei germinal (2 1 mars ijgb).
L’agence des subsistances nous a informé qu’à la barrière de Bercy et de Charenton on a enlevé les planches qui empêchaient la sortie du pain et autres objets destinés à la consommation de Paris. Comme il importe de mettre promptement obstacle à cette exportation, nous t’autorisons à faire remplacer sur le champ ces planches par des entrepreneurs de qui tu prendras des soumissions ainsi que nous te l'avons prescrit par notre lettre du 24 pluviôse pour de semblables clôtures. Le Commissaire; signé Rondelet.
Le 2 germinal an III ( 22 mars ijgb). L'agent National du District près le Département de Paris, aux membres de la Commission des Travaux publics.
Citoyens, je suis instruit qu’il existe entre la Barrière de Charenton et celle de Reuillyun défaut de mur d’environ 200 pieds de large et à une distance assez écartée des Barrières pour ne pas être vu des sentinelles.
Des citoyens ont été aperçus emportant des sacs remplis de pain par cette ouverture et son éloignement des barrières n’a pas permis de les arrêter à temps. Vous concevez, citoyens, que tantque ces sortes d'ouvertures subsisteront, toute surveillance aux barrières pour la sortie du pain et des autres comestibles, est absolument illusoire.
Salut et Fraternité. L’agent National, signé : J. M. Laveaux.
Poyet architecte, à la Commission des Travaux publics. Paris le 7 germinal an III (27 mars iygb).
Conformément à l’ordre de la Commission, en date du Ier germinal présent mois, relativement à la réparation à faire à la clôture en planches attenante les barrières de Bercy et de Charenton, j’ai chargé Coffinet, Inspecteur des travaux publics, de se transporter sur les lieux pour y constater la nécessité de faire procéder aux réparations dont il s’agit. Il résulte du rapport de cet inspecteur que cette réparation consistait dans l’enlèvement de deux planches qu’il a fait remplacer sur le champ. Vu que cette opération ne donnera lieu au’à une dépense très modique.
Salut et fraternité ; Signé : Poyet.
P. -S. J’apprends à l’instant par le citoyen Coffinet que les planches dont il s’agit ont été enlevées de nouveau aussitôt après leur remplacement. Sans prétendre indiquer nominativement les auteurs de ce délit, il est porté à l’attribuer aux propriétaires de terrains environnants, qui par l'établissement de cette clôture ne laissent pas d’être gênés dans la circulation dont ils ont besoin pour la culture de leurs terres. Dans cette hypothèse, l’ouverture dont il s’agit ne serait pas pratiquée pour faciliter directement l’exportation des comestibles, mais il n’en est pas moins vrai qu’elle tendr.iit à la favoriser.
Paris i g germinal an III (S avril ijg5). A la Commission des Travaux publics.
Dans mon rapporta la Commission, en date du 7 germinal présent mois, j’ai donné tous les renseignements convenables sur les trouées existantes au mur de clôture situé entre les barrières de Bercy et de Charenton. Je n'ai donc rien à ajouter au rapport dont il s’agit, si ce n’est qu’on pourrait, pour la facilité des propriétaires voisins, et pour la sûreté du service, établir en cet endroit une porte qui leur serait ouverte au besoin, et dont la clef resterait constamment déposée entre les mains de l’officier de service au poste voisin. Je pense que cette mesure est la seule qui puisse s’opposer à la dégradation de cette partie de la clôture. A l’égard des trouées existantes entre les barrières de Charenton et de Reuilly, il n’y a rien à faire actuellement. Cette opération tient au travail général qui a pour objet l’acquisition de divers terrains nécessaires pour circonscrire Paris dans toute son extension. On ne pourrait donc en ce moment opérer sans inconvénients cette clôture de 200 pieds (20 mètres) sans s’exposer aux réclamations que ne manqueraient pas de faire les propriétaires des terrains dont il s’agit.
Salut et Fraternité : Signé : Poyet *.
Au mois de juillet 1795 des terrains restaient encore à acquérir pour compléter la nouvelle enceinte de Paris, et les habitants ne se prêtaient pas toujours avec bonne grâce à la cession des parcelles nécessaires. Dans un rapport du 27 messidor an III (17 juillet 1795), adressé parlecitoyen Legrand, architecte, à la Commission des travaux publics, on voit quelles difficultés il fallut surmonter, notamment, pour l’acquisition du jardin possédé par le citoyen Pot, jardin indispensable à la clôture de la brèche située entre les barrières de Bercy et de Charenton.
Le citoyen Legrand s’exprimait ainsi :
Le propriétaire de ce jardin, auquel je fis faire la proposition de céder, moyennant une juste indemnité, la portion qui doit être rendue à la voye publique, n'y a mis aucun prix, et ne paroit nullement disposé à entrer en arrangement; les dépenses qu’il a faites pour l’embellissement et augmenter la production de son terrain, l’y attachent tellement que ce sera toujours contre son gré que l’on s’emparera d'une partie du jardin dont il est propriétaire. Cependant il n’y a pas de
1. Ces six lettres .appartiennent aux Archives Nationales. F. 13 ^gi.
doute que l’intérêt général ne doive l’emporter sur celui isolé d’un seul particulier, quelles que soient les considérations qu’il puisse mettre en avant à l’appui de ses réclamations, surtout lorsque l’on porte à un taux raisonnable le prix de l’indemnité à laquelle il a de justes prétentions l.
Le citoyen Pot, qui tenait tant à son jardin de Bercy, était un marchand mercier habitant à Paris, au Palais-Egalité. On lui en offrit 3oo livres par toise superficielle, ce qui donnait, pour un terrain de 85 toises, la somme de 25.5oo livres.
Il est indiqué dans le mémoire en question de l’architecte Legrand, que la lacune de 20 toises 2 pieds à construire pour terminer la nouvelle enceinte, en cet endroit, comportait l’édification « d’un mur de i3 pieds de hauteur, recouvert de dalles, et établi sur des fondations solides ». Ces dimensions et ces particularités sont certainement celles qu’affectait le mur des Fermiers-Généraux enserrant Paris, et qui, on le voit, n’était pas encore terminé en juillet 1795.
Et ceci nous amène à dire que, lors de la suppression de la Ferme-Générale, ce fut le Comité de Salut Public qui prit en main, avec la Commission des travaux publics, la terminaison de la fameuse clôture.
Nous avons indiqué que Le Doux avait été chargé de la conception architecturale et de l’édification des pavillons de barrières. En 1787, devant le prix considérable auquel s’élevaient ces constructions, un arrêt du Conseil d’Etat, du 7 septembre de cette année, fit suspendre les travaux, qui furent retirés à l’architecte primitif.
Déjà, quelques mois auparavant, des mesures d’économie avaient été prescrites concernant les décorations trouvées trop riches des pavillons. Nous extrayons les décisions prises concernant les cinq portes de Bercy, d’un document