‹ BercyChapitre 74 sur 133 · Archives Nationales. Q · texte numérisé non relu

Archives Nationales. Q

levée par le provisoirement , visé dans la décision du 19 octobre 1790, se trouvant ainsi solutionnée par un codicille législatif, on ne s’inquiéta pas autrement de la forme.

Voici, d’ailleurs, le texte du décret en question, que nous avons déjà reproduit à l’occasion de la paroisse :

Art. 1er. — Lachapelle de la commune de Bercy est érigée en Eglise paroissiale sous le titre de Saint Edme.

Art. 2. — Les limites de la dite paroisse de Bercy sont celles qui sont circonscrites dans le procès-verbal du Directoire du district de Bourg-la-Reine, du 3o août 1791, qui demeurera ainsi que le plan circonscriptif de la dite paroisse, annexé à la minute du présent décret.

Il convient d’ajouter qu’une pétition datée de 1859 — tout en contenant une erreur de plume : 7790 pour 779/ — rédigée à l’occasion de l’annexion de 1860, interprétait comme nous ce décret du 10 décembre 1791 et le considérait bien comme ayant consacré l’augmentation du territoire de la Commune :

Bercy, qui n’était autrefois qu'une faible annexe de la Paroisse Ste-Marguerite de Paris, fut érigée en Commune par deux décrets de l’Assemblée Nationale en date des 19 octobre et 10 décembre 1790. Il n’y existait alors que quelques rares maisons élevées sur les bords de la Seine qui, aux moindres crues, envahissait le sol L

Le document suivant, trouvé dans les notes de M. Fernand Bournon, en est également une preuve convaincante, réserve faite de l’erreur de date commise par les signataires, en ce qui concerne l’incorporation de la Grande Pinte et du château de Bercy à la Commune de ce nom, qui est de 1791 et non de 1790 :

Nous, maires des Communes (de Charenton le Pont et de Bercy), certifions à tous qu’il appartiendra que le lieu ou demeure depuis longtans le citoyen Joui, marchand boucher et percepteur des impositions ordinaires et vingtièmes de la

. Archives Nationales. F 2 11. Seine. 36.

ditte commune de Charenton pour l’année 1790, se nomme la Grande Pinte, lequel a dépendu de la ditte commune de Charenton jusques et y compris le dit an 1790, et que depuis cette époque il dépend de celle de Bercy qui a pris le dit nom de Bercy à cause du chateau de ce nom, qui dépendoit cy-devant du dit Charenton.

Certifions, en outre, que tout ce qui compose la dite Commune de Bercy, à l’exception du lieu dit la Grande Pinte et du dit chateau de Bercy, étoit non taillable comme dépendant de la ci-devant paroisse de Sainte Marguerite de Paris.

En foi de quoi nous avons signé le présent certificat pour servir et valoir au citoyen Joui ce que de raison.

Fait à Bercy, ce trois brumaire an neuf de la République. Signé : Duflocq, maire de Bercy, Cahouet, maire de Charenton le Pont. ( Archives de la Seine. D. M. 7. i .)

On peut donc résumer de la manière suivante la situation administrative de cette localité avant, pendant et après la Révolution :

Antérieurement à 1790, la partie de l’agglomération de Bercy, située entre le mur des Fermiers-Généraux et la rue Grange aux Merciers, appartenait à la Généralité de Paris et se trouvait comprise dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine. A partir de la rue Grange aux Merciers, y compris la Grande Pinte et le château de Bercy inclus, l’autre fraction dépendait de Charenton.

Quand furent créés dans le département de Paris les trois districts : de Paris , de Saint-Denis et de Bourg-la-Reine , en vertu des décrets des i3 et 19 janvier 1790, complétés par celui du 10 février de cette année, la première partie de cette agglomération resta dans le district de Paris, tandis que la seconde entrait dans celui de Bourg-la-Reine 1 .

Dans l’Assemblée de la députation de Paris, du 5 fé-

1. Voir la carte du département de Paris en 1790, d’après le procès-verbal de délimitation du 28 janvier de cette même année, laquelle carte est divisée en 16 cantons, et annexée au volume de M. Lanfant: le Conseil général de la Seine. Paris, Combet, in-8°.

vrier 1790, les districts de Saint-Denis et de Bourg-la-Reine furent divisés chacun en huit cantons. Le Procès-Verbal de cette séance indique que le Grand et le Petit Bercy furent classés dans le 2e Canton de Bourg-la-Reine, dit Canton de Vincennes; et la Grande Pinte, y compris le château, dans le 3e Canton, dit canton de Charenton-le-Pont1 .

Au commencement de l’année 1794, et après la formation définitive de la Commune de Bercy, cette localité fut classée dans le 2e Canton du district de Bourg-la-Reine, c’est-à-dire dans le Canton de Vincennes.

En l’an VIII, par suite de la loi du 28 pluviôse (17 février 1800), la commune de Bercy rentra dans l’arrondissement de Sceaux, qui remplaça alors l’organisme administratif auparavant dénommé : district de Bourg-la-Reine. A la suite de cette mesure, le siège du nouvel arrondissement passa de Bourg-la-Reine à Sceaux, de même que le district de Saint- Denis devint l’arrondissement de Saint-Denis.

L’arrêté des Consuls du 25 fructidor an IX (12 septembre 1801) en maintenant les deux arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux, réduisit à huit le nombre des Cantons du Département. Il en résulta que la Commune de Bercy passa dans celui de Charenton, appartenant toujours à l’arrondissement de Sceaux.

Cette division subsista jusqu’en 1898, année pendant laquelle, en vertu de la loi des 12-14 avril, le nombre des cantons des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis fut augmenté. Mais, en 1893, il y avait longtemps que la

1. Le fac-similé de ce document est reproduit dans le livre de M. Lanfant, pp. 76 et 77. Nous devons signaler qu’il y a contradiction entre ce procès-verbal et la carte de délimitation du 28 janvier 1790 dont nous parlons dans la note ci-dessus. Cette carte conserve, en effet, dans le district de Paris, la première partie de l’agglomération de Bercy, et classe dans le canton de Vincennes la Grande Pinte et le château de Bercy.

commune de Bercy n’existait plus, puisqu’elle était incorporée à Paris et à Charenton depuis 33 ans.

Nous n’avons rien trouvé sur l’emplacement de la première maison commune de Bercy. La proclamation de la Constitution de 1791, faite le 25 septembre de cette année et reproduite dans nos pièces annexes, nous apprend seulement quelle se trouvait sur une place publique, non loin de l’église, c’est-à-dire de l’ancienne chapelle de la Doctrine chrétienne, située, comme on sait, rue de Bercy, proche la rue Grange aux Merciers.

D’autre part, on peut voir dans notre pièce justificative n° 16, du 8 février 1791, qu’un emplacement fut demandé pour cette édification sur les terrains adjacents à la chapelle de la Doctrine chrétienne, demande qui resta d’ailleurs sans résultat.

Dans la délibération du Conseil Municipal du 10 octobre 1822, relative à l’acquisition d’un terrain de deux arpents pour la construction d’une nouvelle église, est insérée également une clause stipulant qu’une place y sera réservée pour l’édification ultérieure d’une Mairie. Le terrain dont il s’agissait, nous l’avons dit plus haut, était situé au lieu dit « les Fonds Verts », qui est l’emplacement de l’église actuelle1.

Cette dernière seule fut édifiée, la commune n’ayant pas trouvé les ressources nécessaires à la construction d’une Mairie. En 1 832, elle était installée en location dans une maison appartenant au sieur Duchemin; et la commune était si pauvre qu’une délibération du 10 mai 1841 devenait nécessaire pour parfaire le paiement de la somme de 936 francs restant due des loyers antérieurs à cette année i832. La délibération omet,

1. Archives de la Seine. Registre n* i des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.

malheureusement, d'indiquer l’emplacement de la maison du sieur Duchemin 1 .

L’année suivante, à partir du ier janvier 1 833, M. Soulages, propriétaire, louait à la commune, pour l’installation de sa Mairie, une maison lui appartenant, pour une durée de six années et au prix de 5oo francs l’an. En raison de la cherté des loyers dans Bercy, M. Soulages, à l’expiration de cette période, portait le prix de la redevance à la somme de onze cent francs et ne voulait pas consentir une durée de plus de trois ans. Dans cette maison étaient installés les bureaux, la chambre du Conseil, le corps de garde, les logements du Secrétaire et du concierge. La délibération relative au nouveau bail, qui ne donne pas non plus l’indication de l’emplacement, contient la phrase ci-après, constatant toujours l’impossibilité d’édifier :

Considérant que les ressources de la commune ne lui permettent pas encore de faire construire une maison commune 2...

La maison commune dont il s’agit était exactement située rue Soulages, au coin gauche de cette rue et de celle de Bercy : a le drapeau flottait sur la porte d’entrée, rue Soulages, et c’était le même numéro 3i sur les deux rues ».

La rue Soulages, allant du quai de Bercy à la rue de ce nom, avait été ouverte sur des terrains acquis en 182.3 par M. Soulages, négociant en vin3. Cette voie, qui existe encore aujourd’hui, a été complètement englobée dans l’entrepôt, ainsique la partie de la rue de Bercy à laquelle elle aboutissait.

1. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.

2. Archives de la Seine. Registre n° 1 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.

3. Article de M. Gaston Bédhet, dans le n° de janvier 1906 du Bulletin de la Société de Prévoyance du Commerce des vins et spiritueux.

En 1841, par une délibération du 1e1' décembre, le Conseil prenait enfin la décision ferme de construire une maison commune sur le terrain lui appartenant, acquis en 1822, situé à l’angle gauche de la place de l’église et de la rue de Bercy. Ce terrain mesurait 21 m. 56 en façade sur la place, et i5 m. 3o sur la rue. Il offrait une surface suffisante pour l’édification de la Mairie proprement dite et de ses dépendances.

Dans le rapport qu’il présentait à ce sujet, le maire faisait valoir que la commune, comptant alors 8.000 âmes, ne pouvait tolérer plus longtemps que le siège de sa Municipalité fût encore dans une maison louée et, d’ailleurs reconnue insuffisante pour ses services. Ce fut après la lecture de ce rapport que le Conseil adopta la délibération indiquée plus haut :

Est d’avis, à l’ananimité, iu qu’il soit construit d’après les plans de M. Canissié, sous la direction et sous l’inspection immédiate de M. Naissant, architecte des communes, un bâtiment pour y recevoir les divers services de l’Administration municipale, de la police locale, de la garde nationale, et les logements nécessaires au Commissaire de Police, aux secrétaires et au concierge de la mairie...

Le devis de la dépense s’élevait à la somme de 101 .287 francs, payable par termes fixés dans la délibération 1 .

Le Moniteur, dans son numéro du 14 janvier 1844, annonce que les travaux ne commenceront qu’au printemps. Le préfet de la Seine, comte de Rambuteau, en effet, n’en posa la première pierre que le 29 avril de cette année, et il fallut, en mai i8q5, la construction n’étant pas terminée, demander une prolongation du bail de l’ancienne Mairie à son propriétaire, qui était alors M. Gagneraux2.

2. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.

Le môme Moniteur a laissé de la cérémonie en question une intéressante relation que nous reproduisons ci-après :

M. le comte de Rambuteau, Préfet de la Seine, a été hier poser la première pierre d'une mairie, d’une école et d’une salle d’asile dans la commune de

Il y a cinquante ans à peine Bercy n’était qu’un hameau composé de quelques chétives maisons sur le bord de la Seine. C’est maintenant une puissante commune, une de ces nombreuses villes qui se pressent aux flancs de Paris.

Bercy, qui en 1 832, n’avait encore que 4.500 habitants, en compte aujourd’hui près de 10.000. Son immense commerce va toujours croissant, et toute la rive de la Seine, depuis la barrière jusqu’au parc de M. de Nicolaï, n’est plus qu’un magnifique quai sur lequel chaque année se construisent de nouveaux magasins. Toutes les rues de l’intérieur sont vastes et aérées, et leur éclairage ne le cède en rien à celui de la capitale. C’est au centre de la commune, près de l’église, que l’on élève les bâtiments dont M. de Rambuteau était appelé à poser la première pierre.

La mairie sera grande, spacieuse et appropriée aux nouveaux besoins de la population, les écoles et la salle d’asile pourront contenir de 3 à 400 enfants. Le tout se trouve placé tant sur la grande rue de Bercy que sur une belle place plantée d’arbres qui conduit à l’église.

La garde nationale était sous les armes, brillante et nombreuse; le meilleur éloge qu’on en puisse faire, c’est qu’on aurait pu la prendre pour un bataillon d’une de nos belles légions de Paris.

Le maire, M. Libert, membre du Conseil général de la Seine, à la tête de son conseil municipal, a reçu M. le Préfet, et, dans un discours rempli d’intérêt, il a résumé l’histoire de la commune de Bercy depuis 1789 jusqu’à nos jours, montrant tous les progrès qui ont été faits et rendant un juste tribut d’hommage à l’administration actuelle.

M. de Rambuteau a répondu en faisant l’éloge du maire et de la population de Bercy qui, comme celle tout entière du département de la Seine, ne cesse de prêter à l’administration un appui si ferme et si éclairé. Il a fait valoir le zèle et le courage de cette population dans les moments difficiles, son immense activité et son ardeur industrielle dans les temps de calme et de paix. La garde nationale a défilé ensuite devant M. le Préfet et la cérémonie s'est terminée par un magnifique banquet offert par le conseil municipal, et qui est venu encore témoigner par le bon goût et l’élégance de ses dispositions, du degré avancé de la civilisation sur tous les points dans la commune de Bercy. La fête s’est terminée par des toasts au roi et à la famille royale L

Lors de l’annexion du iôjuin i85q, la mairie du XII1' arron-

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