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CHAPITRE XI

LES RIVES ET LE PORT DE BERCY. — LE PORT AU PLÂTRE. - — LES BOIS FLOTTÉS. — LES ROULEURS ET CHARGEURS DE TONNEAUX. — LES JOUTES ET LES GUINGUETTES. — CONFLITS ENTRE LES MARINIERS DE LA RAPEE ET CEUX DES CARRIERES. — LE MOU- VEMENT DU PORT. — LES INONDATIONS.

Les rives verdoyantes de la Seine, au-devant de l’ancienne agglomération de Bercy, furent tour à tour les plus champêtres, les plus folâtres, les plus laborieuses des régions limitrophes de la capitale.

La partie dont nous avons topographiquement à nous occuper, n’allant que de l’ancien boulevard de La Râpée, aujourd’hui Boulevard de Bercy, à l’ancienne ruelle du Pont-aux- Meules, àConflans, devenue la rue de l’Arcade à Charenton, nous devrions exclure de notre étude la berge dénommée jadis le Port au Plâtre laquelle, d’après les limites fixées par Jaillot, était située : « depuis le bastion de l’Arsenal jusqu'à Saint-Bonnet ». Son va et vient, cependant, ayant été si souvent mêlé et même confondu avec le mouvement des ports de La Râpée et de Bercy, nous croyons ne pouvoir faire autrement que de rappeler ici les divers points importants de son his-

toire fluviale, laissant de côté tout ce qui intéresse plus particulièrement la partie comprise dans l’intérieur, comme le cimetière des protestants, par exemple.

La caractéristique du port au Plâtre était tout d'abord, et comme son nom l’indique, de recevoir sur ses berges le plâtre tiré des carrières de Charonne et de Montreuil, et destiné à être chargé sur des bateaux le transportant dans toutes les régions desservies parla Seine.

Les bois flottés constituaient aussi l’un de ses grands trafics. T ous les bois de chauffage venant de l’amont de la rivière se déchargeaient en cet endroit : port au Plâtre et port de La Râpée, et étaient disposés en piles qui s’élevaient souvent à des hauteurs de 40 à 5o pieds, s’écroulant de temps à autre, et écrasant les passants, promeneurs ou déchargeurs. L’ordonnance du Bureau de Ville, du 8 février i683, voulant atténuer ce danger permanent, portait défense d’élever les piles de bois à plus de 20 pieds de hauteur. Une réglementation sévère s’appliquait d’ailleurs à la vente de ces bois, qui devaient être rangés selon leur qualité, et empilés à une certaine distance, afin de laisser un passage entre chaque pile, et de permettre le contrôle par des officiers de la Ville. Les mêmes prescriptions étaient observées pour les bois neufs amenés parles bateaux1 .

Le débarquement des bois flottés était encore très important vers i85o. Par la plume de M. Edmond Texier, nous savons que :

Environ quatre mille cinq cents trains descendent annuellement la Seine; chacun de ces trains se compose de dix-huit coupons formant un décastère, ce qui fait quatre-vingt-un mille décastères, ou huit cent dix mille stères. Un stère égale une demi-voie, ou un mètre cube. La consommation en bois de Paris, est donc de quatre cent cinq mille voies, ou huit cent dix mille mètres cubes, que nous amène la rivière.

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