III. Son audience chez le Grand-Vizir
IV. La vue de Jérusalem. Le marquis de Nointel paraît sur le devant de ce tableau, à pied, accompagné des personnes de sa suite, et conversant avec des turcs *.
La salle de la Comédie est ornée de quatre tableaux d’animaux, faits par un bon peintre.
Le milieu et les pavillons de la façade du château sur le jardin sont avantcorps, et sont décorés de pilastres ioniques au premier étage, et de frontons pareils à ceux du côté de la cour.
Le parc contient environ neuf cens arpens : il est terminé par une longue terrasse que la Seine baigne de ses eaux 1 2.
Parmi les peintures qui ornaient encore ce logis, on peut également citer des portraits en pied de Louis XIV, de Louis XV, du prince d’Orange, du maréchal de Maillebois, et une immense vue du château et du parc décorant jadis la salle de billard jusqu’au moment de sa transformation en salle de spectacle. Cette toile est toujours la propriété de M. le marquis de Nicolay 3.
Un graveur contemporain, Mariette, a consacré à ce monument six planches fort curieuses, reproduites dans /’ Architecture Française de Blondel, mais que l’auteur de cet ouvrage célèbre n’a malheureusement pas accompagnées d’un texte explicatif.
La première, mesurant : o,355 X 0,480, est intitulée :
Plan général du château de Bercy et des bâtiments qui en dépendent, situé près de Paris, sur le bord de la rivière de Seine, appartenant à M. C. H. IVlalon, marquis de Bercy. Le château a été bâty sur les dessins du sieur Le Vau et les bâtiments des Basses-Cours sur ceux de M. de la Guépière, architecte du Roi.
Ce plan ne montre qu’une partie du parc, celle comprise entre
1. La mère du marquis de Nointel était la sœur de Charles-Henri Pr de Malon de
2. Voyage pittoresque des environs de Paris , par M. D..., 1768, p. 3o8.
3. Topographie historique de la seigneurie de Bercy. Boislisle, loc. cit., p. 16.
le château et le chemin de Charenton, et non pas la partie s’étendant du château à la Seine. Sur la route de Charenton est une immense avant-cour de forme rectangulaire, composée de quatre massifs de gazon divisés par des chemins ; au bout est une grille séparant l’avant-cour de la cour. A droite de cette grille en venant de la rue de Charenton, se voit la chapelle du château, dont les tribunes et la sacristie sont indiquées sur le plan, à côté du logement du concierge. A gauche de la même grille sont les communs, cuisines, offices, garde-manger. Au bout de la cour se développe la façade du château dont le plan montre le rez-de-chaussée : vestibule, salon, salle de billard, salle à manger, cabinets, antichambres, et plusieurs chambres. La façade regardant le chemin de Charenton s’évide vers le milieu du vestibule, laissant en proéminence les pavillons des deux angles ; la façade regardant la Seine est droite avec un pavillon central et deux en avant-corps ; le grand salon y est accessible par un perron. On descend dans les jardins situés entre le château et la rivière, par deux terrasses successives au milieu desquelles sont deux vastes perrons. Les bâtiments des communs construits par M. de La Guépière, sont situés au long de l’avantcour, à droite en venant de la rue de Charenton. Ils comportent de vastes préaux, et renferment des écuries, remises, granges, cuisines, offices, vestibules, cabinets.
Ils sont séparés par une large avenue : leurs deux portails situés vis-à-vis l’un de l’autre, ménagent en ce point, par leur forme elliptique, une petite place circulaire d’un curieux effet. Nous reviendrons plus loin sur ces bâtiments qui existent encore et sont dans un parfait état de conservation.
La deuxième planche mesure o,3o5 x 0,200; elle porte le titre : « Plan du premier étage du château de Bercy ».
Un grand vestibule se retrouve au-dessus de celui du rezde-chaussée, côté du chemin de Charenton. A sa droite : bibliothèque et cabinet, à sa gauche : grand escalier et chambre à coucher. Sur la façade du côté de la Seine, sont des chambres à coucher etdes cabinets avec, au milieu, une « salle d’assemblée » .
La troisième planche : o,3q5 X 0,200, est relative au : « Plan du rez-de-chaussée du château de Bercy, bâty sur les dessins de M. Le Vau, architecte du Roy.» La façade du côté du chemin de Charenton s’évide, laissant en saillie les deux pavillons des deux extrémités. Au milieu de l’évidement on aperçoit le grand vestibule de plain-pied avec le perron ; à droite, le buffet et la salle à manger ; à gauche, le grand escalier et une chambre. Sur la façade du côté de la rivière donnent le grand salon en haut d’un vaste perron ; à droite, une chambre et un grand cabinet; à gauche, l’antichambre, une chambre et un cabinet. La salle de billard est située à gauche du côté de la petite façade le long de laquelle règne un perron sur toute la largeur; le même perron se retrouve devant la petite façade du côté droit.
La quatrième planche: o,3q5 X 0,195, montre une: « élévation de la façade du château de Bercy, du côté du jardin ».
Cette façade est celle regardant la rivière : trois pavillons dont deux aux angles et un au milieu, reliés par deux bâtiments intermédiaires de trois ouvertures chacun. Les deux pavillons d’angle sont décorés d’un fronton triangulaire et ont trois fenêtres au premier étage et deux au rez-de-chaussée. Le pavillon central possède un fronton circulaire, trois fenêtres au premier étage et trois portes au rez-de-chaussée. Cette façade ne possède qu’un rez-de-chaussée et un étage ; les pavillons sont décorés d’une ordonnance de pilastres ioniques au premier étage.
La cinquième planche : o,3q5 X 0,200, est une: « Elévation
de la façade du château de Bercy du côté de l’entrée », ce qui veut dire du côté du chemin de Charenton.
Cette façade se compose de trois pavillons : deux en saillie aux extrémités et un au milieu, dans le fond d’une courbe évidée. Deux bâtiments intermédiaires également évidés, relient ces trois pavillons. Ceux des extrémités sont éclairés par deux fenêtres au premier étage et deux au rez-de-chaussée. Ils sont surmontés d’un fronton triangulaire et de mansardes en œil-de-bœuf. Ils sont, en outre, encadrés par des refends et bossages et des pilastres corinthiens. Le pavillon central est surmonté d’un vaste fronton circulaire, avec trois fenêtres au premier étage et trois portes au rez-de-chaussée, encadrées par des pilastres ioniques. Les pavillons et les bâtiments intermédiaires ne possèdent, comme dans l’autre façade, qu'un rez-de-chaussée et un étage; ces derniers sont éclairés par trois ouvertures à chaque étage.
La sixième planche : o,335 X 0,180, est divisée en deux parties ; i° « Profil et coupe du château de Bercy pris sur la largeur du bâtiment », qui montre les intérieurs dont certaines parties sont revêtues de boiseries, et : 2° « Elévation de la façade latérale du château de Bercy », qui se compose d’un rez-de-chaussée, d’un premier étage et d’un étage de combles. Cette partie du bâtiment possède cinq mansardes moulurées, aux combles ; cinq fenêtres au premier étage, encadrées par des pilastres ioniques et des colonnes corinthiennes dans le milieu ; et quatre portes-fenêtres avec une porte centrale, au rez-de-chaussée. Cette dernière est flanquée de deux colonnes à chapiteaux doriques. Des refends et bossages décorent les angles des façades b
i . Architecture Française de Blondel , t. V, ne contenant que les planches de Mariette et pas de texte.
On ne pourra se faire une idée absolument exacte des splendeurs du château de Bercy, qu’en examinant avec soin la suite des dessins et aquarelles exécutés et relevés sur place, en 1860, par M. Froelicher, architecte de M. le marquis de Nicolay, à la demande de ce dernier. Il s’agissait, avant la dispersion des œuvres d’art, avant la démolition du monument et le lotissement du parc, d’en garder le souvenir par l’image. La caractéristique du château de Bercy, sa note d’art, résidait surtout dans ses boiseries, qui, à en juger par les reproductions dont il s’agit, présentaient les modèles les plus variés, les plus exquis, les plus grandioses de l’art français, dans le domaine de la sculpture ornementale du bois. Rien ne devait être plus harmonieux et plus délicatement intime, que tous ces intérieurs où régnait la noblesse de bon aloi, de ce style du dix-huitième siècle qui a le mieux caractérisé le goût et l’esprit français à la plus belle époque de son histoire artistique. Aussi bien, est-on stupéfait de songer qu’au moment de la dispersion, en 1860, il ne se soit rencontré aucun pouvoir d’Etat, de département ou de commune, pour essayer de conserver à notre admiration, avec une affectation utilitaire et en lui laissant quelque coin de jardin, un centre d’art aussi complet. A deux pas de ce vieux faubourg Saint-Antoine — cette patrie parisienne du bois sculpté et du meuble — , à proximité de ces ateliers dont les artisans ont depuis longtemps conquis une si juste renommée, n’était-il pas tout indiqué de laisser entier et ouvert â tous, ce pur modèle de l’art, transformé en Musée de l’ameublement ! Nul doute que la famille de Nicolay ne se soit prêtée à une idée aussi heureuse, et n’ait accepté quelques sacrifices pour sa réalisation, se contentant de la vente prodigieusement rémunératrice de l’immense domaine territorial des Malon. Mais personne, sans doute,
n’y songea, puisque nous n’en trouvons pas trace dans les nombreux écrits et articles de journaux du temps consacrés au regrettable démembrement. Des pleurs, des gémissements, mais pas une idée de sauvetage. Il semble bien, au contraire, que le monde des collectionneurs, comme une meute affamée, comme une horde de vandales, se soit rué sur cette riche proie, emportant à prix d’or tous ces chefs-d’œuvre décapités et pantelants, puisque désunis et séparés. Et, bien loin qu’un pouvoir d’Etat soit intervenu pour sauver cette merveille, n’eut-on pas ce spectacle que les premiers de l’Etat se disputèrent tous ces vestiges comme de simples dépeceurs de vieux logis. Ne vit-on pas l’empereur Napoléon III, enlever de haute lutte à un marchand de curiosités, les boiseries du grand salon ; l’impératrice Eugénie conquérir sur un Anglais, grâce à quelques milliers de francs, une autre boiserie du château? Et tous les princes de la finance, avec le baron de Rothschild en tête, et tous les grands noms de l’armorial, avec le duc de La Rochefoucauld menant le train, imitant leurs souverains dans cette œuvre de destruction. C’est pourquoi, dans toutes les somptueuses et banales maisons modernes où le bric-à-brac est en grand honneur, il y a des épaves de Bercy. Un courageux effort de l’État, de la Ville de Paris, du département de la Seine; un généreux mouvement des acquéreurs millionnaires, une entente bienveillante et éclairée entre tous ces éléments, eussent pourtant suffi, si l’initiative en avait été prise, pour conserver, non pas le parc, sans doute, mais le château.
Nous exagérons, toutefois, quand nous disons qu’aucune proposition ne fut faite pour sauver Bercy. A propos de la loi d’annexion de 1860, et alors que l’on cherchait des combinaisons pour le futur entrepôt des vins, un négociant, M. Matelin,
adressa à Napoléon III une pétition, datée du 22 février 1 858, lui suggérant l’idée d’acquérir tout le domaine des Malon pour lequel, disait-il, M. de Nicolay n’avait plus aucune affection en raison des lignes de chemin de fer qui avaient dénaturé tous ses aspects. Le parc de Bercy, planté de vieux et énormes marronniers, d’ormes séculaires, devait donner toutes les commodités pour l’ombrage des magasins ; il y avait seulement, pour la nouvelle destination, à approprier le port au débarquement des marchandises, travail peu coûteux et facile à opérer au moyen de remblais de terre et de gravois qui devaient y arriver sans frais : l’autorité locale devant désigner provisoirement ce lieu pour recevoir les décharges publiques. Le château enfin, de l’avis du pétitionnaire, pouvait être conservé et approprié à sa nouvelle destination à la condition d’y installer un logement de régisseur général, un bureau d’octroi, des postes de pompiers et de gardiens, et généralement tout ce que nécessitent les besoins du service E
La suite des dessins et aquarelles à laquelle nous avons fait allusion, exposée par M. le marquis de Nicolay au Musée des Arts décoratifs du pavillon de Marsan, se compose des pièces suivantes :
— Salon de musique : rez-de-chaussée, boiseries et glace.
— Vestibule: panneaux sculptés, en pierre et marbre, représentant des attributs de chasse1 2.