‹ Berenice de JudeeChapitre 3 sur 5 · SINON AUX CROYANCES, DU MOINS AUX RÉPULSIONS · texte numérisé non relu

SINON AUX CROYANCES, DU MOINS AUX RÉPULSIONS

DE SES ANCÊTRES. Un PEU DE MYRRHE BRULAIT DANS

une cassolette.

La reine de Judée songeait à la nuit dernière. Son corps était encore plein de lassitude, son Âme de trourle. Mais le dégoût amer de l'espérance PERDUE RENDAIT CETTE VOLUPTÉ ODIEUSE

et ce trouble exécrable. bérénice se sentait humiliée dans sa puissance ; elle se disait avec désespoir :

— Quel philtre possédait donc la reine CléopÂtre ? Pourquoi les hommes mouraient-ils pour elle ? Se peut-il qu'elle ait été vraiment plus belle que moi ?

Puis, elle reprenait :

— Mais Lucius voulait mourir, il serait mort

SANS SE PLAINDRE. Les AMANTS DE ClÉOPÂtRE,

n'auraient-ils pas accepté leur grâce ? Ils ne périrent que parce que la noire nécessité les y

CONTRAIGNIT... Il EN EST DE MÊME QUE SI QUEL-

qu'un avait vraiment marché au supplice pour un baiser de ma bouche.

Ces raisons ne la pouvaient satisfaire. L'aventure SEMBLAIT UN CONTE, ET MÊME, ELLE NE PARvenait plus à croire à la volonté de lucius.

Elle rejeta de dépit sa tunique, elle se

TROUVA DEVANT LE MIROIR ÉTINCELANT. On EUT

dit que tous les divins sculpteurs hellènes s'étaient concertés pour la parfaire. Elle

UNISSAIT L'ÉLÉGANCE DE l' AnADYOMÈNE AUX FORMES PROMPTES ET FINES DES PETITES DÉESSES DE l'eAU ET DES FORÊTS. Sa HANCHE ÉTAIT FÉCONDE ET FORTE, ET CEPENDANT PLEINE d'un MOUVEMENT LÉGER ; SES PIEDS MENUS SEMBLAIENT POUVOIR l'eMPORTER AUSSI VITE QU'UN ÉPHÈBE HABILE A LA COURSE.

La PETITESSE DE SA BOUCHE n'eNLEVAIT PAS LA

volupté ; la courbe si douce de ses joues ne donnait pas à sa grace ce caractère trop tendre qui écarte le désir.

Elle examina longtemps cette belle image

DE FEMME ; SES YEUX s'eMPLISSAIENT DE SOMBRE

étonnement.

— Sans doute CléopÂtre avait autre chose

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