‹ Berenice de JudeeChapitre 2 sur 5 · JOUR · texte numérisé non relu

JOUR

Les esclaves s'emparèrent de Flavius et lui lièrent les bras. puis, ils le traînèrent vers les appartements de tltus.

Ce PRINCE, AYANT BIEN DORMI, SE TROUVAIT d'hU- MEUR DÉBONNAIRE. Il FIT COMPARAITRE BÉRÉNICE, IL ÉCOUTA LES CIRCONSTANCES DE l' AVENTURE. Il

sut que la reine avait trouvé flavius caché dans sa chambre.

Et Flavius avoua. Il dit simplement qu'il s'était d'abord dissimulé dans l'atrium, et que, vers l'aube, comptant sur le sommeil des escla-

ves, il était entré dans la chambre à coucher de la reine.

Cette histoire intéressa Titus, puisqu'aussi

BIEN ELLE NE POUVAIT EXCITER SA JALOUSIE. Il

réfléchissait que Lucius Flavius avait suivi

FIDÈLEMENT VeSPASIEN, QUE LUI-MÊME N* AVAIT QU'À SE LOUER DE SES SERVICES. PRIS d'uNE DE CES CRISES DE CLÉMENCE, QUI DEVAIENT LE RENDRE ILLUSTRE PAR LA SUITE \

- — Lucius, dit-il, ton crime est grand et

MÉRITE LA MORT. MAIS PEUT-ÊTRE AS-TU ÉTÉ LA VICTIME D'UN DIEU CRUEL. Je VEUX TE LAISSER UNE CHANCE DE RÉPARER l'iNJURE QUE TU AS FAIT À LA

reine Bérénice et à ton imperator. Tu partiras

POUR LE PAYS DES CaTTES, QUI EST EN RÉVOLTE, TU

y prendras le commandement des légions, et tu y demeureras jusqu'au jour où je croirai pouvoir te rappeler à rome.

Cette sentence emplit i.k cœur du Consulaire

DE GRATITUDE POUR l'aUGUSTE. Il SE PROSTERNA

contre le sol. mais en se relevant, il rencontra le regard de la reine.

Ce regard était triste, plein de dédain et de désillusion.

Bérénice était plongée dans un rêve mélancolique. Les cheveux épars, mi-nue, elle demeurait assise sur les peaux de bêtes et sur les étoffes de soie, et regardait, par intervalles, la beauté de son corps et le charme de son

VISAGE DANS LE GRAND MIROIR DE NeAPOLIS.

Les douces lampes syriennes éclairaient le lit paré d'argent, les nacres, les pourpres et

LES ÉMAUX. Il Y AVAIT PEU D'iMAGES, ET NUL SIMU- LACRE DE DIEU CAR BÉRÉNICE ÉTAIT FIDÈLE,

Page 1