‹ BergerChapitre 2 sur 18 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

Dans les bergeries où les brebis agnellent en mars et en avril, le berger les sépare actuellement du reste du troupeau et il leur donne une nourriture meilleure : de bons foins, des carottes, des betteraves, des pommes de terre en petite quantité, et si elles sont faibles, chétives, un peu d’avoine, et pour boisson des tourteaux de colza délayés dans de l’eau tiède. Toutefois cette nourriture ne doit pas être donnée en quantité telle que les bêtes s’engraissent, car l’agnelage en deviendrait plus laborieux.

Il faut encore plus de précautions pour les bêtes qui ont agnelé et sont déjà en bon état. Une nourriture trop substantielle, en leur donnant un lait trop gras, aurait sur les agneaux nouveau-nés, surtout chez ceux qui sont faibles, des effets fâcheux. Le berger retranchera donc dans les derniers 15 jours avant le part et dans les premiers 15 jours, tout ce qui agit trop fortement sur la sécrétion du lait, comme le grain, le regain, les pommes de terres. Il pourra continuer de mettre des tourteaux dans la boisson, mais seulement en petite quantité.

Ce n’est qu’au bout de 15 jours qu’on pourra augmenter la ration, à mesure que les agneaux deviendront plus exigeants.

Afin de pouvoir opérer facilement cette progression dans la nourriture, le berger fera des divisions parmi les brebis, et il mettra ensemble celles qui ont agnelé durant un même espace de temps.

Quant au reste du troupeau, composé des moutons, des béliers, des brebis non portières, il peut être nourri de pailles et de balles avec suffisance de racines.

Lorsqu’on a de la paille de sarrasin, on profite des froids pour la faire consommer. Non-seulement les bêtes la mangent avec plaisir dans cette circonstance, mais elle ne leur occasionne pas d’accidents comme dans les temps pluvieux et doux. Les animaux qui séjournent dans les bergeries doivent pouvoir s’abreuver dans des baquets contenant de l’eau et de la vieille ferraille. Quand le temps est beau, le berger fait sortir le troupeau pendant le milieu du jour pour lui faire prendre l’air. Il doit diminuer les aliments aqueux lorsqu’il constate plusieurs cas de pourriture.

C’est en janvier que se termine ordinairement l’agnelage précoce. Un berger soigneux doit être constamment à la bergerie, pour avoir l’œil sur les brebis qui mettent bas. Après le part, le berger permet à la mère de lécher son agneau, puis il lave le pis de la brebis, examine s’il est sain, il enlève la laine qui se trouve à l’extrémité des trayons; cela fait, il met la mère et le petit dans la case préparée pour les recevoir.

Ils n’y restent ordinairement que 24 à 48 heures. Le berger aura soin de ne faire boire aux brebis que des boissons tièdes, et seulement après qu’elles sont délivrées.

Avant de sortir la mère et le petit de la case pour les joindre aux autres brebis qui ont déjà agnelé, le berger les marque tous deux d’un même signe, afin de pouvoir les réunir de nouveau, si cela était nécessaire.

Quant aux soins ultérieurs à donner aux agneaux, le berger aura soin de tenir la bergerie où ils sont renfermés suffisamment garantie du froid.

Dans le Midi, les troupeaux transhumants disséminés actuellement sur le littoral demandent plus de soins qne de coutume, à cause des agneaux. Le berger doit surtout tâcher de les garantir du terrible mistral, qui est d’autant plus dangereux maintenant, qu’il est toujours précédé de pluie.

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