Mémoires, Ï
« avec émotion » (12 mai). Il traverse lApennin, passe deux jours à Milan, « une vraie grande ville, presque comme Paris », et, dans lesplaines lombardes, il évoque le souvenir des victoires de Bonaparte *.
Puis, par le col du mont Cenis, Berlioz gagne Grenoble et la Côte-Saint-André (vers le 1” juin). Il restera plusieurs mois auprès des siens : pensionné pour être en Italie, il ne peut décemment se montrer à Paris avant novembre. Après les premières effusions, la vie de famille dans ce coin de province paraît bien terne au bouillant romantique. Il copie des parties d'orchestre pour ses prochains concerts, il lit un peu, il cause politique avec son père, joue aux boules, fait des visites ; il «se laisse adorer » par sa sœur cadette, la charmante Adèle, alors dans toute la grâce de ses vingt ans. Sa sœur Nanci s’est mariée avec un magistrat de Grenoble, M. Pal, discoureutf impitoyable. Ses amis aussi sont mariés, Duboys, Charbonnel, et le fidèle Ferrand. Estelle Dubœuf elle-même, la
1. Arrivé à Turin, il note sur son carnet le projet d’une œuvre qu'il n'écrira jamais, et qu’il intitule : Le retour de . l’armée d'Italie, symphonie en deux parties : 1° Adieux du haut des Alpes aux braves tombés dans les champs d’ftalie. 29 Entrée triomvhale des vainqueurs à Paris. M. Adolphe Boschot a retrouvé le précieux carnet qui révèle ce projet et qui permet de reconstituer l'itinéraire complet du retour de
Berlioz. (V. Un romantique sous Louis-Philippe, p. 87 et suivantes.)
LA VIE (1832) ‘39 passion de ses douze ans, vient d’épouser un président de chambre de la Cour Royale. S'il se
mariait lui aussi? Une lettre à M"° Horace Vernet
* montre que Berlioz n’eût pas été fâché de con-
duire à l’autel « M" Louise », la fille de son directeur’.
Enfin, il part pour Paris, où il arrive le 7 novembre 1832. |
Aussitôt il se met à préparer le grand concert qu'il veut donner pour sa rentrée; 1l tient à
« lâcher sa bordée musicale » avant ‘de partir
? & LL 19 Ê À à pour l'Allemagne, où le règlement l’oblige à
. faire un séjour. Ge « concert dramatique » doit
Lu
comprendre la Symphonie fantastique avec son
J # # » Ç nouveau complément, le mélologue du Retour 4 \ AY te “ 0 ? .. ” ° * a la vie. I a lieu le 9 décembre après midi, dans : la salle du Conservatoire. Berlioz est « écrasé
. d'applaudissements » : « Bonne sœur, écrit-il à sa
chère Adèle, tu aurais été prise d’une attaque de
: CNE Paganini, Victor Hugo, Alexandre
Dumas, Adolphe Nourrit, sont montés au théâtre Pour me voir... ». Les comptes rendus de la presse sont généralement enthousiastes, surtout ceux | L2 9 L1 L] e
de son ami Joseph d’Ortigue, qui publie peu