‹ Berlioz 1923Chapitre 12 sur 91 · H AU · texte numérisé non relu

H AU

jogue » du Retour à la vie, qu’il achève en juin,

n’est guère autre chose que la réunion de divers

essais antérieurs, artificiellement reliés par un

texte littéraire. Le premier « envoi de Rome », :

le Resuïrexit et iterum venturus, utilise le

. Credo de la messe de 1825. Toutefois, c’est pen-

dant;son séjour à Rome que Berlioz termine et

retouche les deux ouvertures du Roi Lear etde <ARob-Roy*'. Et en février 1832, au cours d’une promenade à Subiaco, il met en musique une. : Orientale de Victor Hugo, La Captive, dont la

mélodie devint bientôt populaire à Rome.

Dès qu'il le peut, il s'échappe dans la cam-

pagne, emportant sa guitare ou son fusil. Ce

sontses meilleurs moments. Il parcourt en'tous

sens les admirables environs de Rome. Albano, Castelgandolfo, Tusculum, Tivoli et ses cascades, Subiaco aux belles filles, lui font oublier

pour un temps la « caserne académique ». En

octobre 1831, avec deux camarades, il va passer

dix jours à Naples, qui l’enchante ; il revient jus-

qu'à Rome à pied, par San Germano, Isola di

Sora, Alatri et toujours l’aimable Subiaco. Vives

1. Hiver 1831-1832. Vers la même époque il rédige pour la Revue européenne une Lettre d’un enthousiaste sur l’état de la musique en Italie. W'faut mentionner aussi (août 1831) le chœur intitulé Méditation religieuse (qui deviendra, après 1850, le n° 1 de Tristia), et le Quartetto e Coro dei Magi, qui forme, avec l'ouverture de Rob-Roÿ,son « envoi » de 1832.

11 LU . ’ 4 Ê « L2 e ° ‘impressions de nature, qui, à l'insu du musicien,

LA VIE (1832) | De

. “ne seront pas perdues pour la musique. Berlioz

[ef

NS

‘ italienne; il est moins attiré par les vestiges du

| sentprofondément le charme robustede la nature

passé que par l’éternelle beauté du paysage et

par le pittoresque de la vie courante. « O grande

,.et forte Italie ! Italie sauvage ! insoucieuse de ta

,sœur, l'Italie artiste,

La belle Juliette au cercueil étendue‘. » :

Mais décidément Rome lui donne le spleen.

Rien ne vient animer ces « semaines sta-

gnantes ». Et là-bas, à Paris, Hugo publie Notre- Dame (mars 1831), Meyerbeer fait triompher Robert le Diable (21 novembre 1831). Aussi, dès le 1° janvier 1832, Berlioz songe à partir; il veut

s'arranger pour passer en France le reste de son

temps d’ltalie, bien décidé, s'il le faut, à « faire

un conte à M. Horace, un mensonge bien serré pour pouvoir m'évader ». Et en fait, il réussit à quitter Rome le 2 mai, après avoirtouché d'avance le prix de sa pension pour jusqu’à la fin de l’année.

Il revient à petites journées, par l'Ombrie, et

s'arrête encore une fois à Florence, qu'il revoit

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