‹ Berlioz 1923Chapitre 15 sur 91 · Lecélèbre acteur romantique, créateur du rôle d’Antony · texte numérisé non relu

Lecélèbre acteur romantique, créateur du rôle d’Antony

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il revint à Paris? Comment vont-ils se transformer de nouveau en un amour irrésistible ?

Il est assez difficile de le préciser.

En arrivant, Berlioz descendit dans un hôtel de la rue Saint-Marc où avait habité autrefois Henriette. Simple coïncidence sans doute. Mais que de souvenirs ne devait-elle pas évoquer!

Peu après, Miss Smithson fait annoncer Roméo et Juliette... Berlioz ne peut manquer d’entendre parler d’elle, de s'intéresser à son sort; il la rencontre peut-être. Toujours est-il qu’il lui fait parvenir, par des intermédiaires, une | loge pour son concert. |

« Miss S... assistait dernièrement au concert de Berlioz, tenant à la main un exemplaire du Mélologue qu'elle lisait avec une grande attention... Son cœur a dù être assailli d’une foule d’étranges sentiments, en assistant au succès éclatant de l’homme qu’elle a dédaigné et à la vengeance ingénieuse qu'il a tirée d'elle. » Qui écrit cela ? C’est Berlioz lui-même, sur le brouillon de la biographie qu’il fait ensuite signer par d'Ortigue; et ces lignes passent, telles quelles, dans la Revue de Paris.

L'un des jours qui suivirent le concert, Berlioz se fit présenter à Henriette.

« Etranges sentiments », où la colère se mêle

à un trouble plus tendre. Mystérieux contact des

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âmes. Berlioz découvre qu’il n’a pas cessé de l'aimer. Il le lui dit sans doute. Peu à peu Miss Smithson est touchée par ce grand amour qui la recherche dans son malheur; ils découvrent .qu’ils ont été calomniés l’un vis-à-vis de l'autre; et le 5 février 1833, Berlioz peut écrire ::« O bonheur! Le soleil luit en ce moment-ei du plus vif éclat! Entre Henriette et moi, tout est éclairer. » Il ne veut plus partir pour l'Allemagne, je malgré les injonctions du ministère, Il veut épouser son Ophélie. »

Mais les deux familles s’opposent au mariage.» Sans hésiter, Berlioz fait à son père, dès le 14 jévrier, une première sommation respectueuse, bientôt suivie d’une deuxième. Pour tirer Henriette de la misère, il tâche d'organiser une représentation à bénéfice en sa faveur. Un accident imprévu compromit un instant l’entreprise : Miss Smithson se cassa la jambe en descendant de cabriolet. La voilà immobilisée pour de longs jours dans le pauvre Hôtel du Congrès, où elle habite avec sa mère et sa sœur. « Quand elle serait abandonnée du ciel et de la terre, écrit Berlioz à Ferrand, je lui resterais encore, aussi aimant, aussi prosterné qu'aux jours de sa gloire et de son éclat. » La représentation fut donnée sans la

bénéficiaire, mais avec le concours d'artistes

LAUMLÉ (1833) re

illustres', et produisit environ six mille francs (2 avril). | En même temps, Berlioz intriguait auprès du minisière pour ne pas aller en Allemagne ou pour n'y aller qu’un an plus tard. Le 14 avril, il faisait exécuter par la Société des Concerts du Conservatoire son ouverture de Rob-Roy, d’ailleurs avec un succès assez médiocre. Fétis, dé-” -sormais hostile, put écrire que l’œuvre n'avait . pas trouvé grâce « devant un auditoire non composé d'amis ». Heureusement, le surliendemain, Berlioz a la consolation d’apprendre du * Ministère qu'il est autorisé à retarder son départ . pour l'Allemagne jusqu’au 1° janvier 1834.

En attendant, il ne néglige aucune occasion de faire entendre sa musique. Un journal d’avant-garde auquel il collabore, l'Europe Littéraire, organise pour le 2 mai un grand concert d'orchestre où six morceaux sur huit sont de Berlioz. Auditoire d'élite et franc succès. Le critique du journal termine son compte | rendu en demandant « que bientôt la scène de l'Opéra soit ouverte à un compositeur si dramatique ».

Comme l'Opéra n’est pas près de lui ouvrir x. Liszt et Chopin y jouèrent un duo de piano. Paganini

ayant refusé son concours, Berlioz le blâma publiquement dans un violent article de l’Europe Littéraire.

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Fe

ses portes, Berlioz va tâcher, pour l'instant, de produire sa musique dans une grande cérémonie nationale : Vers la fin juillet, la statue de Napo-

léon doit être replacée sur la colonne Vendôme.

À force de démarches, Berlioz obtient du minis-

tère qu’on mette au programme sa Scène hérot-

que de 1826. Ce sera un « concert-monstre »; avec plus de mille exécutants; les répétitions promettent un effet foudroyant. Malheureusement, le jour de la fête, d’ailleurs troublée par . des manifestations politiques, on supprime du. programme l’œuvre de Berlioz. ie

Au milieu de toutes ces affaires, que devenaient ses amours? Miss Smithson se rétablissait lentement et recevait chaque jour la visite de son fiancé. Les défiances de sa mère, les médisances et l'hostilité de sa sœur, l’étrangeté de cette aventure, la crainte de l’avenir, l'amour

même de Berlioz, déconcertant par ses violences,

la faisaient hésiter encore et revenir parfois sur

son consentement. C’étaient desiscènes perpétuelles de passion et de désespoir, de rupture et de réconciliation. Le 5 juin, Berlioz avait fait à son père la troisième et dernière sommation respectueuse. Et au mois d'août Henriette hésite encore! C’en est trop : pour la convaincre de son amour, il s’empoisonne devant elle.

avec de l’opium, s'il faut en croire le récit qu’il

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pa

fait ensuite à ses amis ‘. Il est à peine rétabli

qu'elle recommence et veut encore attendre

/ \ quelques mois. Cette fois Berlioz est bien déeci-

dé : elle cédera, ou bien c’est la rupture. « Si elle. ne veut pas que j'aille la chercher demain samedi pour la conduire à-la mairie, je pars jeudi prochain pour Berlin”. »

Elle se décide enfin, et leurs bans sont publiés

au début de septembre. Henriette avait alors

trente-trois ans. Elle apportait à Hector quatorze

mille francs de dettes, avec sa mère et sa sœur

À ms

à nourrir. Lui, brouillé avec sa famille, possédait

‘ pourtout avoir trois cents francs qu’ilvenait d’em-

prunter à son ami Gounet, et les quelque deux cents francs par mois de sa pension, Le mariage

fat célébré Le 3 octobre 1833 dans la chapelle de

l'ambassade britannique.Une petitemaison, louée

pour quelques jours dans la campagne de Vin-

cennes, abrita le bonheur des deux époux. Peu

après, Berlioz annonçait avec complaisance à ses

amis qu’il avait trouvé sa femme vierge, « toutce

qu'il y a de plus vierge ».

Avant la fin du mois, Berlioz revint avec Hen-

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