À travers chants, p
Fab BERLIOZ
sujet dramatique. Elle remplace tant bien que mal le drame lui-même, grâce à la puissance évecatrice de l’orchestre, mais aussigrâce à un commentaire littéraire plus détaillé. La parole, «lue, récitée ou chantée, » est employée à introduire si ‘les différents épisodes de la symphonie, à enpréciser le sens général, et, commeon dit, àendon: ner le programme. ee Ce programme peut être plus ou moins développé : il peut se réduire aux simples titres, comme dans la Symphonie pastorale de Beetho- ! ven, ou devenir au contraire une sorte de récit. ï Mais, de toutes facons, il a un double rôle il
indique Île caractère de chaque morceau et il à PR 12%:
assure l’unité de l’ensemble, Cette seconde fonc- : tion n’est pas la moins importante. Plus le sujetde la symphonie est dramatique, plus il sera nécessaire de multiplier les explications destinées à relier les différents morceaux. Et alors le programme servira beaucoup moins à décrire le contenu de chaque morceau qu'à expliquer les raisons de son apparition au cours de la symphonie‘. Selon les propres paroles de Berlioz à propos de la Symphonie fantastique, le programme doit « être considéré comme le zexte parlé d'un opéra, servant à amener des morceaux ,
1. Un peu à la facon des indications écrites que l’on projette sur l'écran pour relier les scènes de cinématographe.
L'ŒUVRE nn
de musique, dont il motive le caractère et l'expression »°
La Symphonie fantastique (1830) avait besoin plus que toute autre d’un programme ainsiconcu, car ellese compose de cinq parties si différentes , qu’il eût été impossible d'en saisir le rapport sans des explications assez détaillées. Le lien musical que Berlioz a tâché d’établir entre elles par le rappel d'un même thème n’aurait pas suffi pour assurer la continuité et l'unité de l’œuvre. Voici le texte de ce fameux programme”, qui est
un document romantique fort suggestif :