Berlioz intime
Il y avait près de cinq ans que j'avais commencé, en dépouillant les collections de la Gaiette Musicale et des Débats, en annotant les Mémoires, les ouvrages et les feuilletons inédits de Berlioz et en amassant les documents, à préparer les éléments d'une étude historique et critique embrassant la vie et l'œuvre du grand maître, lorsque parut le livre de M. Adolphe Jullien, en octobre 1881. Il n'avait été publié jusque-là que deux notices sur Berlioz : l'une, de M. Mathieu de Monter, comprenait une série d'articles de la Gaiette, en 1869 et 1870, contenant une simple paraphrase des Mémoires avec quelques détails particuliers assez curieux, mais elle n'a pas été éditée ; l'autre, de M. Georges de Massougnes, toute brûlante d'enthousiasme, ne forme qu'une brochure de peu d'étendue et, tout en ayant le mérite d'avoir appelé la première l'attention sur le maître, elle n'a pas eu pour objet d'éclairer les côtés mystérieux de sa biographie, fort insuffisamment retracée dans le dictionnaire de Fétis-Pougin. Le travail le plus important à cette date était le chapitre spécial consacré à l'éloge de l'œuvre de Berlioz dans les Notes de Musique de M. Ernest Reyer, avec l'autorité d'un nom éminent et l'attrait d'intéressants souvenirs personnels : M. Jullien s'était, de même, donné l'avance sur son propre livre par une étude contenue dans un de ses précédents volumes. Airs variés.
Quant aux monographies, c'est bien le livre de cet excellent confrère qui doit être classé le premier en date : il m'eût également obligé à abandonner toute idée d'utiliser mes notes, si, presque aussitôt, de nouveaux documents n'avaient été mis au jour.