‹ Berlioz intimeChapitre 2 sur 34 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

C'étaient d'abord les Lettres intimes, dont la plupart avaient paru plusieurs mois auparavant dans la Nouvelle Revue et qui apportaient des indications fort précieuses pour une analyse psychologique de Berlirj:^ amoureux, le côté le plus piquant de ce type si étrange et si attachant. C'est précisément par ce point que j'abordai l'étude du personnage moral sous le titre : le Roman de Bcrlio^, et cette partie, que j'ai conservée dans ce livre, se trouva inopinément rattachée à un plan plus général qui se présenta à moi presque sans que j'y eusse songé : les documents nouveaux contenus dans le livre du regretté Octave Fouque, les Révolutionnaires de la Musique, m'avaient fourni, comme les Lettres intimes, un supplément de matériaux pour servir de base à une étude complète de l'homme et de l'artiste. J'entrepris aussitôt ce vaste travail ayant pour objet Berlioz, envisagé comme individu d'une part, comme compositeur de l'autre : le présent volume contient la première partie, la seconde est toute prête et paraîtra prochainement.

Ce sont les dimensions excessives du travail qui m'ont empêché, malgré des retranchements considérables qui m'ont peu coûté, qu'on le croie bien, de publier ensemble, comme j'y comptais, ces deux parties sous une seule couverture. Malgré l'impression très serrée du texte, ce premier volume ne peut encore contenir que la moitié du Berlioi intime tel qu'il existait dans le manuscrit primitif: le lecteur jugera sans doute qu'il n'eût rien perdu à des amputations encore plus rigoureuses.

Je suis également obligé de reprendre pour mon propre compte le jugement que M. Jullien avait porté sur son ouvrage et qui m'avait semblé d'abord justifier la publication d'un nouveau livre sur Berlioz après le sien : « 11 reste à faire, a-t-il dit avec une modestie et une bonne grâce parfaites, une étude générale et approfondie sur Berlioz. Je n'avais nullement la prétention de l'écrire et j'avais grand peur qu'on ne me supposât cette ambition déplacée. C'est pour cela que j'ai gardé la forme et jusqu'à la date des articles réunis en volume, en insistant même par une note sur ma façon d'agir. » (Lettre à M. Arthur Pougin, du 25 décembre 1881.)

Or, en ce qui me concerne, je ne puis m'excuser sur aucune absence de prétention ni sur aucun accès de timidité, car c'est justement à cette date que je commençais mes excursions en Dauphiné pour essayer d'arriver à reconstituer le Berlioz vrai d'après l'observation locale, à l'aide des souvenirs des amis des

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