‹ BernadetteChapitre 4 sur 26 · MARIE-MARTHE · texte numérisé non relu

MARIE-MARTHE

A toi, ma chère petite Maine-Marthe, Je dédie ce livre.

Mc/r Peyramale t'a consacrée à la Sainte Vierge ; Bernadette, qui t'a caressée avec tendresse et tenue sur ses genoux, a prié pour toi. Au paradis, où Dieu les a placés sans doute, ils n'oublient point leurs amis de la terre. QuHls demandent ci Notre Dame de Lourdes, dont ils furent les Serviteurs ici-bas, d'obtenir 2J0ur toi grâces sur grâces et de faire de toi une Sainte.

Et toi, chère petite, réponds à toute grâce reçue. Et que chaque jour qui t'avance dans la vie te fasse aussi gimndir

en piété, en sagesse, en honte, sous le î^egco^d de l'excellente Mère que tu as en ce monde et de la Mère de toute perfection que tu as au Ciel.

Ta t'appelles Marie-Marthe, ayant ainsi à la fois pour 2X(tronnes, et la Sainte de la pi^ière, et la Sainte du travail. Tu es l'écho de leurs noms. La sœur Marie-Bernard est le reflet de leurs vertus. Pieuse, charitahle, active, répandant autour d'elle un parfum de sainteté, elle fut aimée du Ciel et de ki Terre. Lis donc ce livre et sois bonne comme elle.

Ton affectionné père,

Henri MOXZIE-LASSERRE.

La Providence, qui nous a permis d'étudier jadis jusque dans leur moindre détail les surnaturelles origines du pèlerinage de Lourdes, a placé de la sorte sous le regard de notre esprit la vie des deux âmes privilégiées que la très sainte Vierge a voulu employer pour la fondation de son œuvre.

Profondément semblables et entièrement différentes, ces deux âmes furent suaves et fortes. La première, toute virile, héroïque et puissante, mais évangéliquement charitable et apostolique sous la rudesse de l'écorce, était la suavité dans la force. Toute féminine, délicate et gracieuse, mais invincible en son apparente faiblesse, la seconde était la force dans la suavité.

Ensemble elles formèrent un accord parfait dans

l'harmonie du plan divin. Le curé Peyramale et

Bernadette sont inséparables dans l'œuvre de Marie et demeureront à jamais â côté Tun de l'autre dans la reconnaissance des hommes.

Et le lion protecteur, et l'agneau protégé ont aujourd'hui quitté cette terre.

Un jour, en la radieuse fête de la Nativité de la Merge, nous avons fermé les yeux du vieux prêtre, et déposé sa dépouille mortelle dans le temple inachevé que ce nouvel Esdras élevait à Dieu... Un autre jour, pendant que retentissait le pascal alléluia de la Résurrection, nous avons conduit la sœur ]\Iarie-Bernard dans sa tombe au pied de l'autel.

Et maintenant, il nous a semblé bon devant le Seigneur, et d'après le désir d'un grand nombre, de recueillir dans notre propre mémoire et sur les lèvres des survivants, les souvenirs que l'un et l'autre ont laissés ici-bas. Il nous a semblé bon de réunir à ce que le monde connaît déjà, les détails encore ignorés de ces deux existences et de compléter ainsi, pour les contemporains et pour la postérité, la physionomie totale de la Voyante de Lourdes et du prêtre de l'Immaculée-Conception.

Tel est l'objet des deux humbles volumes qu'en ce moment nous achevons d'écrire et qui se font écho l'un â l'autre, comme dans la symphonie se répondent les deux octaves, comme dans l'être humain

préface] 3

s'harmonisent la tête et le cœur, comme dans la famille sont liés le père et l'enfant.

Le Curé de Lourdes, Mgr Peyramale, sera, si Dieu le permet, publié très prochainement.

Bernadette, Sœur Marie-Bernard, paraît aujourd'hui.

. Cette étude sur l'Enfant de Marie se divise par la nature même des choses, en trois parties distinctes.

Pour raconter sa vie publique, nous n'avons eu qu'à reproduire par fragments méthodiques tout ce qui, dans notre livre intitulé : Notre-Dame de Lourdes, est relatif à la Voyante et au rôle qu'elle a rempli. Malgré une certaine hésitation à réimprimer ici un texte déjà connu, nous avons dû nous résoudre à le faire, sous peine de scinder l'unité du portrait que nous voulions présenter, et de sacrifier la physionomie d'ensemble de cette existence extraordinaire, que nous tentons de faire revivre sous le regard de nos lecteurs.

Pour raconter quelle a été la part de Bernadette dans l'histoire écrite de Notre Dame de Lourdes, pour déterminer le caractère ferme et invariable de son témoignage, nous n'avons eu qu'à consulter nos

souvenirs personnels et à donner au public quelques pages de nos Mémoires intimes.

Pour raconter enfin ce qu'a été la sœur Marie- Bernard dans les calmes jours du couvent et la suivre jusqu'à ses derniers moments, nous n'avons eu qu'à répéter les récits que nous ont faits, à nousmême, les pieuses compagnes de notre vénérée Sœur.

Plus que personne, hélas ! nous comprenons et sentons l'insuffisance de notre œuvre. ^lais à défaut d'autre mérite, nous avons voulu qu'elle fut scrupuleusement exacte, tant dans la lettre que dans l'esprit.

Aussi, nous sommes-nous fait un devoir de soumettre à la Congrégation des Sœurs de Nevers toute la partie de notre travail relative à la vie de la sœur Marie-Bernard, depuis le jour de son entrée en religion. Elles seules furent les témoins de cette existence cachée ; et nous avons tenu à ne publier là-dessus qu'un récit vérifié et agréé par elles, qu'un texte revêtu de leur assentiment et de leur approbation.

Que le Seigneur bénisse, et notre étude d'aujourd'hui sur la sœur Marie-Bernard, et notre étude de demain sur Mgr Peyramale ! Et, en ces tristes temps

OÙ tout un inonde ennemi se lève contre les chrétiennes Cong'rég'ations et contre le Sacerdoce, que Notre Dame de Lourdes daigne se servir de ces pages pour apprendre à ceux qui l'ignorent et pour rappeler à ceux qui l'oublient, quelle perle incomparable est, au sein de son couvent la vraie Religieuse, quel lumineux diamant est, au milieu du siècle, le vrai prêtre de Jésus-Christ.

Paris le 20 août 1879.

En la fête de saint Bernard, patron de Bernadette.

ET

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