VI AVANT-PROPOS
qu'il a laissés en France, sa destinée singulière suppose, pour avoir pu s'accomplir jusqu'au bout, un tempérament sortant de la banalité médiocre. Puis, si l'étude d'un homme et surtout d'un homme mis à même d'exercer une influence étendue, présente toujours de l'intérêt, cet intérêt augmente encore quand des circonstances ambiantes tout à fait exceptionnelles font apparaître des détails et des replis de caractère que des conjonctures plus normales auraient laissés toujours dissimulés. J'ai donc voulu essayer d'évoquer Bernadotte roi; montrer ce que le Béarnais, dont les exubérances étonnaient à Paris, devint en Scandinavie, quelle tâche il y accomplit et par quels moyens surtout il la réalisa.
Le travail commencé, des difficultés ont surgi, que J0 n'avais pas prévues et qu'il me faut indiquer maintenant, non point pour m'excuser de n'avoir pu les vaincre, — car il n'y a pour un tel fait nulle excuse valable, — mais afin de marquer la méthode que j'ai cru devoir employer pour les tourner. Et je ne fais pas allusion en ce moment à l'impossibilité véritable de raconter à des lecteurs français un long règne, uniquement rempli, vingt-cinq ans durant, de fastidieux débats parlementaires dont le récit sup-