Schinkel, t. VUl, p. 186 et
royaume, constitution qui n'était autre que celle votée six mois auparavant, au moment de la proclamation de rindépendance et qu'on s'était borné à retoucher légèrement pour la mettre en harmonie avec la constitution suédoise et le principe de Tunion ^
Le traité de Saint-Pétersbourg, du 5 avril 1812, portait la promesse de Temjpereur de Russie de « procurer la Norvège à la Suède et de lui en garantir la paisible possession ». Les autres traités conclus en vue d'obtenir la même garantie employaient des expressions analogues ^. Or le paragraphe premier de la constitution norvégienne, adoptée après accord avec le gouvernement suédois, portait que « le royaume de Norvège était un État libre, inaliénable, indivisible et indépendant, uni avec la Suède sous un même roi ». Le point de départ, de la Politique de 1812 avait été un projet d'annexion pure et simple : elle aboutissait à une union personnelle. La Suède renonçait à des avantages formellement stipulés, et cela, presque de plein gré, ne s'étant heurtée ni à une opposition des puissances, ni à une résistance invincible des Norvégiens. D'autre part, le changement qui se manifestait ainsi dans ses dispositions était l'œuvre de Charles-Jean : il avait dirigé toutes les négociations qui aboutirent aux traités avec la Russie, l'Angleterre ou la Prusse; ce fut lui également qui dirigea les
1. Voir les pièces relatives à ces • négociations dans 0. Alin, op. cit. Un bon nombre sont en français.
2. Traités avec TAngleterre du 3 mars 1813 déjà cités, avec la Prusse, du 22 avril 1813. State Papers, t. I, p. 349.
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négociations avec les autorités norvégiennes. Et dans l'un comme dans l'autre cas, il appliqua bien ses idées personnelles : pas plus en 1814 qu'en 1810, il ne subit les influences ou la pression de son entourage. Charles XIII approuvait toujours tout et les mêmes conseillers qui s'étaient irrités de Fentente avec la Russie se montraient maintenant exaspérés de la condescendance envers les Norvégiens *.
Quels mobiles, dès lors, poussèrent le prince à agir comme il fît? Avant de les rechercher, il convient de remarquer, pour être juste, que le revirement ne fat pas tout à fait aussi brusque que je l'ai laissé entendre. L'article IV du traité de Kiel, après avoir stipulé que toutes les parties du royaume de Norvège «... appartiendraient désormais en toute propriété à Sa Majesté le roi de Suède » , ajoutait : « et formeront un royaume réuni à celui de Suède ». Mais il est établi que ces derniers mots qui ne figurent ni dans Tavant-projet danois ni dans Tavant-projet suédois, furent ajoutés, dans le texte définitif, sur le désir du prince royaP. Cette constatation, dès lors, n'explique rien : que le problème se pose en janvier 1814, ou en août de la même année, il demeure toujours à peu près le même. Des historiens qui se sont évertués à l'éclaircir, ont proposé des solutions de toutes sortes : on a parlé du respect de Charles-Jean pour les droits des peuples; des engagements qu'il aurait pris