‹ Bernadotte, roiChapitre 66 sur 111 · Engestrôra, t. II, p · texte numérisé non relu

Engestrôra, t. II, p

l'avènement 145

royal se traduisait par une agitation plus fébrile encore que d'ordinaire, par des discours tumultueux, des scènes violentes et des colères épouvantables*. Mais dès qu'il entrait dans la chambre du malade qui réclamait sans cesse sa présence, il se calmait soudain et, avec un dévouement admirable, s'occupait lui-même des soins à donner. Ceux-ci demeuraient du reste complètement inefficaces : la faiblesse augmentait d'instant en instant; une issue fatale devenait de plus en plus certaine et, dans la soirée du 5, il apparut à tous que la mort était imminente : la famille royale se trouvait alors réunie dans la chambre, la reine debout à côté du lit, attendant. Tout à coup, à dix heures et un quart, on la vit s'agenouiller et se mettre en prières : Charles XIII avait cessé de respirer^.

Or, étant donné l'acte d'élection suédois du 21 août 1810 et l'acte d'élection norvégien du 4 novembre 1814, confirmés et complétés par le règlement de succession suédois du 26 septembre 1810, rendu applicable à la Norvège par l'article VI de la constitution de 1814 et par l'acte d'Union du 6 avril 1815, Charles-Jean, c'està-dire Jean-Baptiste-Jules Bernadette, prince de Ponte- Corvo, jadis maréchal de France, se trouvait de ce fait seul et dès ce moment même, sans doute et sans contestation possibles, souverain légitime do Suède et de Norvège : le roi est mort, vive le roi !

1. Cf. la correspondance de M. de Rumigny, ministre de France à Stockholm, aux Archives du ministère des Affaires étrangères.

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