‹ Bernadotte, roiChapitre 65 sur 111 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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dence naturelle le fit céder avec une facilité dépourvue de toute majesté, comme le jour où les puissances lui interdirent d'accroître les ressources de son trésor en vendant des vaisseaux aux colonies espagnoles insurgées. Mais quelle que fût son attitude, toutes les affaires diplomatiques que Ton relève ainsi au cours de son gouvernement, n'eurent, en somme, qu'une importance secondaire. Les questions qui jusqu'ici ont primé toutes les autres vont devenir accessoires pour lui, et ainsi les années de 1810 à 1815 forment dans son histoire une période très tranchée. Celle qui s'ouvre maintenant et qui durera trente ans, jusqu'à sa mort, contrastera singulièrement avec elle : plus de grandes ambitions, plus d'événements frappants, plus d'agitations , de tumultes, de négociations ni de guerres. Cependant, malgré sa monotonie un peu déconcertante, cette période est peut-être plus curieuse encore. Diplomate ou général, à Abo ou à Kiel, à Dennevitz ou à Grossbeeren, l'ancien maréchal d'empire s'était montré, somme toute, sur un théâtre qui lui était familier, et encore qu'il agît contre la France, accomplissant des besognes auxquelles sa carrière française l'avait préparé. Rien, au contraire, ne semblait destiner ce Gascon tumultueux au rôle effacé et tranquille de souverain pacifique de deux petits royaumes perdus dans le Nord.

l'aVÈxVEMENT

Le 1" février 1818, Charles-Jean, prince royal de Suède et de Norvège, donnait au palais de Stockholm, un dîner de cent cinquante couverts, aux principaux membres de la Diète, alors réunie*. Comme on se levait de table, le prince fut averti que Télat du roi empirait. La santé de Charles XIII laissait beaucoup à désirer depuis quelque temps déjà; voici maintenant que la fin paraissait proche. Bouleversé, ému jusqu'aux larmes, Charles-Jean se rendit aussitôt près de son père adoptif, mais, vers une heure du matin, les médecins affirmant qu'un dénouement immédiat n'était pas à craindre, il se retira. Les jours suivants se passèrent dans rincertîtude et Tangoisse. La consternation régnait dans la ville comme au palais. L'anxiété du prince

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