‹ Bernadotte, roiChapitre 75 sur 111 · I. Le roi règne. — IL Le roi gouverne · texte numérisé non relu

I. Le roi règne. — IL Le roi gouverne

Les descendants de Charles-Jean qui lui succédèrent sur le trôné, cherchèrent tous des distractions, voire la notoriété, en dehors du strict accomplissement de leur tâche royale : son fils Oscar composait de la musique ; ses petits-fils Charles XV et Oscar II seront peintres ou littérateurs. Lui est uniquement roi. Et la royauté ne lui apparaît point comme un poste de retraite assurant à sa vieillesse une oisiveté aimable ou des distractions somptueuses. Ni l'une ni les autres ne le séduiraient. Il n'est pas homme de plaisir, n'a ni goût très caractérisé ni passions absorbantes. Assez amateur de théâtre pen* dant la première partie de sa vie, mais seulement à ses heures, on ne le voit point régler des opéras ou danser

des ballets, comme tel de ses prédécesseurs. La chasse lui demeure indifférente. Quelques rares parties de billard, qu'il se permet seulement à la campagne, suffisent à satisfaire son goût pour le jeu. Il ne collectionne rien, ni tableaux, ni livres, ni. médailles. Il n'a pas, enfin, la manie des bâtisses, chère à tant de souverains. Le palais de Stockholm a été, il est vrai, en partie restauré sous son règne, et lui-même a construit une résidence d'été, Rosendal, s'intéressant à son achèvement et à son aménagement, étudiant les plans et foudroyant, bien entendu, son architecte de scènes périodiques*. Mais cette résidence est une villa modeste; sa construction demeura dans son existence un simple incident et les travaux mêmes du palais n'étaient point capables d'absorber son activité.

Comme roi, Charles-Jean doit avant tout diriger l'Etat et assurer la marche des affaires. Mais les usages lui font d*autres devoirs encore; incarnant le pouvoir aux yeux de ses peuples, il lui faut en manifester constamment l'existence et la réalité, en donner toujours une idée avantageuse et frappante.

Il est bon, par exemple, que le roi témoigne. de son intérêt pour ses sujets, et se montre à eux dans des circonstances diverses; Charles-Jean n'en laisse échapper aucune. Les habitants des provinces ont le droit de le voir et de le connaître, sans compter que les relations

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