‹ Bernard Courtois 1777-1838 et la découverte de l'iode 1811Chapitre 20 sur 35 · PH · texte numérisé non relu

PH

(4) Formation simultanée d’iodure (binaire) et d'iodate (ternaire), 6 KOH + 312 —5KI + IOK -+ 3 H20.

(5) Ilodate.

(6) lodure.

(1) LO2M—= 3 0 IIM-

(8) Chlorates.

(9) Iodure d’azote, Az [?.

(10) Ilodure d'ammonium, Az H®HI — AzHi],

acide, lequel consiste en hydrogène combiné avec la substance et que l’on obtient par l'évaporation : l'azote ne se manifeste point, ce qui doit faire penser qu'il est resté dans la poudre. Lorsqu'on fait détonner cette poudre dans un tube de verre en partie privé d'air, on obtient la nouvelle substance et un gaz qui n’entretient point la flamme ; le composé fulminant résultant de l'union de l'azote à la nouvelle substance, nous montre une nouvelle analogie (1) avec ia chlorine.

J'ai fait quelques expériences pour démontrer la proportion définie dans laquelle la nouvelle substance se combine avec le potassium et le sodium. Cette proportion parait beaucoup plus que double de celle de la chlorine (2); et considérant l’oxigène 15 et la chlorine 67, elle est entre 160 et 170.

Cette proportion et son état solide expliquent suffisamment pourquoi elle donne si peu de chaleur et si rarement de la lumière lorsqu'elle se combine. En considérant sa couleur, son éclat et son poids, on pourrait la regarder comme un métal, mais son énergie chimique la classe avec l’oxigène, la chlorine, la fluorine (3); elle n’est point conductrice de l'électricité, et son énergie est négative par rapport aux métaux, mais positive par rapport à la chlorine; car j'ai trouvé en électrisant la solution aqueuse de l’acide (4) composé de chlorine et de cette substance, qu’elle se porte vers la surface négative ; tandis que dans ses combinaisons alcalines, j'ai observé le contraire, comme M. Gay-Lussac l’a observé aussi.

J'ai essayé de le décomposer en l’exposant à l'état gazeux dans un petit tube, à l’action de la pile de volta par un filament de charbon qui devient chauffé jusqu'au rouge durant l'opération. Il se forme dans le commencement de l'expérience un peu d'acide : mais cette formation cesse bientôt et quand le charbon a été chaufté jusqu'au rouge, la substance n'éprouve plus aucune altération.

Je suis, etc.

Enfin, à la séance suivante, le 20 décembre 1813, Gay- Lussac communiquait à ses collègues sa deuxième note

(1) Chlorure d’azote, Az CI° (Dulong, 1811.) C)KCI= RAC RARE (39) (35,5) (39) (127) (3) Fluor, F.

(4) Chlorure d'iode.

sur l'iode, où il répondait à Humphry Davy, tout en complétant ses premières observations personnelles (1) :

Note sur la combinaison de l’iode avec l’oxigène, par M. GAY-LussAC (2), lue à l'Institut le 20 décembre 1813.

Depuis que j'ai annoncé à la classe (3) que l’on formait avec l’iode un acide particulier en le traitant par une certaine classe de corps combustibles, j'ai continué mes recherches et je suis parvenu à obtenir un nouvel acide, composé d’iode et d’oxigène.

J’ai formé, comme l’a fait M. Davy, un sel détonnant (4) en dissolvant l'iode dans une dissolution de potasse(5); il se précipite une poudre blanche soluble dans l’eau, fusant sur les charbons, détonnant mais faiblement par le choc avec le soufre et le charbon donnant une grande quantité de gaz oxigène à un degré de chaleur semblable à celui qui décompose le muriale sur-oxigéné de polasse (6). La liqueur surnageant ce sel contient de l’hydriodate de potasse (7), de sorte que la théorie des sels fulminans que forme l’iode est entièrement analogue à celle des muriales sur-oxigénés (8). J'ai essayé de décomposer le sel détonnant d’iode par les acides. Si on le met en contact avec l'acide muriatique, il se forme de l’acide muriatique oxigéné, et on trouve dans la liqueur une combinaison d’iode et de ce der-

(1) Cette séance figure aux archives de l’Institut dans les termes suivants : « Séance du lundi 20 décembre 1813. M. Gay- Lussac lit une note dans laquelle il rend compte des nouvelles expériences qu'il a faites sur l'hyode ». Le nom d’iode n'aurait donc pas été tout de suite orthographié comme depuis, ou bien les comptes rendus imprimés ont-ils été corrigés au moment de leur impression ?

De même et huit ans plus tard, dans la séance du 24 août 1821, à l’Académie de Dijon, le docteur Durande fils, parlant des usages médicaux de l’iode, orthographie ce mot avec un y : l’yode. Ajoutons qu'il fait toutes réserves sur le degré d'efficacité du nouveau corps et qu'il semble ignorer le nom de l’inventeur, pourtant Dijonnais.

(2) Annales de chimie, t. LXXXVIIT, p. 319-321.

(3) La classe de l’Institut.

(4) lodate de potassium.

(5) « J'étais parvenu, de mon côté, à la connaissance de ce sel étions nant de l’iode ; mais M. Davy l’a annoncé avant moi. »

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