INTRODUCTION
Bernard Palissy n'est plus un inconnu ; il a conquis sa place dans l'histoire de l’art, dans l’histoiré des sciences et dans l'histoire de la Réforme.
Sa fortune est singulière. Laissé de côté systématiquement pendant sa vie et longtemps après sa mort, parce que C'était un « pauvre artisan » qui ignorait « l'hébreu, le grec, le latin », et qui n'avait pas lu «les livres des philosophes », il a fini par trouver des admirateurs toujours plus nombreux et toujours plus enthousiastes qui, en mettant en lumière les divers aspects de son œuvre, l'ont fait monter, chacun de quelques degrés, sur l'échelle des grands hommes, et l'on ne peut dire encore si cette ascension est terminée ou même près de s'achever.
Aujourd'hui, tout le monde le tient pour un grand artiste et pour un savant de génie. La preuve est faite, nous n'avons donc pas à la fournir. Mais, en étudiant son œuvre, nous avons été frappé du souffle profondément moral, religieux et protestant qui l'anime, et - nous nous sommes demandé pourquoi cet homme, qui rendait un culte passionné à la beauté, est passé à la Réforme, alors que l’on prétend établir une opposition irréductible entre l'esprit protestant et le sentiment artistique ; nous nous sommes demandé aussi comment cet homme a pu unir le sentiment religieux le plus profond à l'esprit scientifique le plus libre, alors que l'on prétend établir une incompatibilité absolue entre la science et la religion.
Pour résoudre ces questions, il nous faut interroger Palissy lui-même ; il a seul qualité pour y répondre, D'ailleurs, à part quelques lignes de Pierre de l'Es-
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toille, d'Agrippa d'Aubigné et de La Croix du Maine, il ne reste aucun souvenir de lui dans les livres des contemporains. Son œuvre défend seule sa mémoire devant la postérité. Si elle est loin de nous donner tous les renseignements que nous pourrions désirer, elle suffit bien à lui gagner notre respect et notre admiration. Fe
On sait qu'il ya on parts dans cette œuvre, la. part de l'artiste et la part de Pécrivain. C’est cetié dernière qui nous éclairera sur l'âme de son auteur et nous révélera les sentiments de son cœur et les idées directrices de sa vie. |
Le commerce de cette àme noble nous a | procuré | des joies profondes et la contemplation de cette vie héroïque a développé notre sentiment du devoir en nous donnant une idée plus claire de l'idéal à atteindre. Enfin, l'exemple de ce chrétien qui a été un savant, de ce protestant qui a été un artiste, nous à rendu l'espérance de résoudre pratiquement pour nousmême l’antinomie de la conscience morale et de la méthode scientifique, du eœur et du cerveau. =