‹ Bernard van OrleyChapitre 14 sur 18 · BIP,LIOGRAPHIR ET CATALOGUE · texte numérisé non relu

BIP,LIOGRAPHIR ET CATALOGUE

Les ouvrages principaux à consuUer sur la vie et les ouvrages de Bernard Van Orley sont les suivants :

Karel van Mander, Het Schilderboeck, Harlem, 1G04, et le mûme, le Livre des Peintres, traduction française, avec notes et commentaires d'Henri Hymans, Paris, Librairie de l'Art, -i vol in-4'' illustrés. i88n. Ce que disent Campo Weyern^an, Lei'ewsbe.icliyvinf^en der Nederlandsche Kontscliilders (t. IV, p. 4G1) et Arnoul Houbraken, Die Groote Scltouwburgli der Sederlandsche Schilders ende Schilderessen (t. I, p. 24), ne constitue que des paraphases médiocres du travail de Van Mander.

Gocilials, Histoire des lettres, des sciences et des arts (t. III, pp. 4^ à bb)-

Nagler, Neiies Allgemeines Kunstlexicon (t. X, pp. 372 à 375).

Wautcrs, Bernard Van Orley, dans Charles Blanc, Histoire des Peintres de toutes les écoles, École flamande. Paris, V" Renouard, 1864, in-f*, et Bernard Van Orley, sa famille et ses œuvres, notice insérée dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique (3* série, t. I*', pp. 369 à 444); Bruxelles, 1881, in-8°.

Woltrnann et Woermann, Gescitichte der Mjlerei, Leipzig, i88(), 3 vol. grand in -8".

Il y a, en outre, d'exjtllcnts détails dans Gachard, Rapport sur les archives de la Chambre des Comptes à Lille, p. 264 (publié une seconde fois dans la Revue Universelle des Arts, t. III, p. 142); dans Altmeyer, Marguerite d'Autriche, sa vie, sa politique et sa cour {dans la Revue belge, de 1839 et 1840); dans Henné, Histoire de Chai-les Qiiint (t. IV, p. 393, et t. V, p. 77 et 91), et surtout dans Pinchart (édition de Crowc et Cavalcaselle), dont les not»s manuscrites m'ont aussi été d'un grand secours.

Pour Van Orley, co-nme pour maintes autres illustrations de son pays, c'est la vanité nobiliaire qui a empêché la vérité de se faire jour sur les mérites de ses (Kuvrcs. Son épitaphe, qui existait dans l'église Saint-Géry, k Bruxelles, indiquait exacicmcnt la date de son décès, au 6 janvier i54t-i542, mais elle portait les armes pleines de sa famille : d'argent aux deux pals de gueule, au heaume chargé d'une croix rouge cantonnée de quatre points rouges se détachant sur un fond d'argent de inCme. Or, ces armoiries, Bernard n'avait pas le droit de les porter, à cause de la naissance illégitime de son père Valentin et de sa qualité de simple plébéien. Cette inscription tumulairc a donc été falsifiée dans les temps qui suivirent son décès Elle resta inconnue à ceux qui s'occupèrent de l'histoire de l'art. Van Mander et Georges Weycrman ignorent quand Bernard mourut, Houbraken le fait mourir en i5.io, Alexandre [Abrégé de la Vie des Peintres, p. 26, Paris, 1807, in-8") en 1548, Nieuwcnhuys {Description de la galer-.e de S. M. le roi Guillaume // des Pays- Bas, pp. 74 et 88; Bruxelles, 184?, in-8-) en ib6o, et \n Nouvelle Biographie générale des frères Didot (t. XXXVIII; Paris, vers 1864) cm 56o. Goethals, le premier, a été exact sous ce rapport, mais, d'autre part, égaré par des généalogies falsifiées de la famille Tan Orley, où on supprime tout à fait l'existence de son père Valentin, il a adopté à

io8 LES ARTISTES CÉLÈBRES

tort l'année 1471 pour la date de la naissance de notre peintre, que des auteurs mieux informés avaient de'jà place'e en 1490 {A\e\andTe, loc. cit.; Maeseyck, oorsprong van de oude Nederlandsche school, liste manuscrite ancienne publiée par la revue dite Oud en Niemv, p. 16.)

L'œuvre de Van Orley tut très considérable, mais il n'est presque rien resté des innombrables portraits qu'il exécuta pour le gouvernement des Pays-Bas et pour les deux princesses qui le dirigèrent de son vivant. On sait, par des documents officiels, qu'il peignit plusieurs fois Charles-Quint jeune, son frère Ferdinand, leurs quatre sœurs, leurs beaux-frères le roi de Danemark, Christiern II; le roi de Hongrie Louis II, leur tante Marguerite d'Autriche, etc. De tout cela, il ne nous est presque rien resté, si ce n'est le Portrait de Charles-Quint jeune, que nous avons reproduit. La ville natale de Bernard ne peut actuellement apprécier la valeur de l'éminent portraitiste que par deux panneaux entrés au Musée de Bruxelles par suite d'acquisition : le portrait de Guillaume Norman, acheté à M. Etienne Le Roy en 1862 moyennant 5oo francs, et celui de Henri Zelle, provenant de la galerie Vanden Schrieck, de Louvain, où il fut acquis, en 1861, pour 35o francs. Ajoutons ici que le docteur Henri Zelle ne mourut qu'en iSGy et fut enterré à l'église Sainte-Gudule, le 2 mai de cette année.

Les églises, et probablement aussi les maisons des métiers de Bruxelles, étaient riches autrefois en peintures de notre maître ; on voyait, dans l'église Sainte- Gudule, dans la chapelle de Saint-Michel faisant partie du collatéral méridional de la grande nef, une Chute des Anges, qui a disparu depuis la fin du siècle dernier. Le Christ mort pleuré par la Vierge et les saints personnages, qui ornait, dans le môme temple, la chapelle du Saint-Sacrement, a été transporté au Musée, où l'on voit aussi les Epreuves et la Patience de Job, composition achetée à M. Nieuwenhuys; une partie de la Vie des saints Mathieu et Thomas, dont le restant est à Vienne; l'offrande de Joachim repoussée et la Naissance de la Vierge, et la Vierge avec l'Enfant Jésus, qui provient des anciens fonds du Musée et que l'on considère comme une copie d'après Raphaël. Mo Ch. -Léon Cardon, de Bruxelles, a montré au public, lors de l'exposition des tableaux des maîtres anciens de l'année 1886 [Catalogue, p. 157), une Vierge avec l'Enfant Jésus, attribuée à Van Orley; sur ce panneau, l'enfant se penche pour. saisir une grappe de raisins placée sur une table au-devant de sa droite.

On voit encore de nos jours, à Anvers, le Jugement dernier, de l'église Saint- Jacques, et celui qui était autrefois à l'église Notre-Dame. 11 existe une gravure signée Phil. Galle excudit (voir Catalogue raigonné du Cabinet d'art de feu M. Winckle, t. III, 2' partie, p. 629*, de ce dernier tableau, qui se trouve actuellement au Musée, avec les compositions suivantes : l' Adoration des Mages, qui a été gravée dans Charles Blanc (loc. cit.), l'Enfant Jésus couché sur un coussiti de velours vert, un Portrait d'homme, et un double portrait, l'un d'homme, l'autre, de femme; ces derniers reproduits par la Société royale belge de photographie, en i865 {Catalogue, pp. 48 et Sy). Le couvent des Façons possédait autrefois un Christ porté au tombeau, où il y avait quelques tètes d'un grand caractère. Ce tableau fut vendu, en 1785, par le gouvernement autrichien à M. Van Winghe pour 10 florins.

A l'église Sainte-Walburge, de Furnes, se trouvait jadis un triptyque peint par Van Orley et dont un panneau existe à Saint-Pétersbourg, mais il n'est pas resté de traces d'une œuvre du même peintre qui était conservée au couvent de Nazareth, à Ath : le Seigneur mis au tombeau, soutenu par la Vierge, la Madéleinc et une autre sainte,

et <qui fut vendu 7 Horins à un nommé Verjan par le gouvernement autrichien, en 1785.

D'après un état des tableaux existant à Gand en 1778 (Piot, Rapport sur les tableaux enlevés à la Belgique en i-]<)4, p. 154), le prieure' des religieuses dit de Galilée possédait un « antique à deux battants représentant le Christ mort soutenu par la Vierge et des anges et, sur les battants (ou volets), saint Augustin et saint Laurent, peints dans le goût du vieux Van Orley. »

Les Musées de France sont peu riches cjt) œuvres de Van Orley. J'ai parlé plus haut du Mariage de la Vierge, du Louvre, que l'on attribuait jadis à ce peintre. (Villot, Notice des tableaux exposés au Musée du Louvre. Écoles allemande, flamande et hollandaise, p. 191.) A Douai, on voit un volet d'un Martyre de saint Pierre, et, au Musée de Lille, la Nativité, qui ornait jadis le tombeau du peintre et qui fut enlevée après la conquête de la Belgique, en 1795; les anciennes descriptions de Bruxelles la disent peinte dans la manière de Mernling. Le Catalogue du Musée des tableaux de la ville de Lille l'avait citée comme une production de l'école de Van Orley; dans les rectifications et erratas (p. 3o2), on la range dans les œuvres de l'école de Jean Schoreel. Mais cette ilernière attribution, un peu vague, ne saurait, je pense, ûtre maintenue.

Il y a encore à Lille une Adoration des Mages, achetée en 1842, et mentionnée comme étant de l'école de Van Orley. Les deux tableaux sont de nouveau donnés à l'fc'cole de Bernard \'an Orley dans le Catalogue des Tableaux du Musée de Lille précédé du Notice historique, par Jules Lenglart, qui vient de paraître imprimé à Lille, chez Lefebvre-Ducrocq, rue de Tournai, 88.

Les collections anglaises sont plus riches. La Galerie nationale de Londres possède la Madeleine lisant {Catalogue de 1889, n* 655); le palais d'Hampton-Court, Jésus-Christ guérissant les malades, signe B. V. O., et daté de i5i7; l'Institut de I-ivcrpool, une Sainte Famille, où l'on voit Marie et l'Enfant Jésus sous un baldaquin, tandis que saint Joseph cueille des dattes. (Waagen, Treasures of Art in Great liritain, t. III, p. 236.) A l'Exposition de Manchester, en 1857, on remarquait un Repos prés de la fontaine, un petit Portrait de femme, une petite Madone, avec sainte Barbe et sainte Catherine, le Sauveur apparaissant à la Madeleine, en présence de trois autres femmes et de deux apôtres, tableaux appartenant tous quatre au prince Albert, époux de la reine Victoria; une Vierge vue à mi-corps, etc. (Burger. Trésors d'art exposés à Manchester, p. 17!.) On mentionne encore comme étant de Van Orley un Portrait de femme, à Chatsworth, chez le duc de Devonshire ; un portrait d'Anne dç Clèves, en buste, à Althorp, chez le comte Spencer; Marie avec l'Enfant Jésus qui bénit le petit saint Jean, à Keddieston Hall, près de Derby, chez le comte de Scarsdale, etc

Outre la Vierge avec l Enfant Jésus, dont j'ai conteste la paternité à Van Orley et qui se trouvait dans la collection du prince Frédéric des Pays-Bas, on voit dans ce pays, au Musée de Rotterdam, un Christ en croix {Notice descriptive du Musée, p. 107), et, au Musée archiépi.scopal d'Utrccht, la Volupté punie.

A Saint-Pétersbourg, au Musée de l'Ermitage, la Descente de croix, dont il existe une photographie.

Au Musée de Berlin : Venus et l'Amour endormi, l'Annonciation et plusieurs épisodes de la jeunesse de Jésus et Sainte Anne tenant la Vierge qu'elle s'apprête à mettre au berceau.

A Gustrow, les peintures du retable que j'ai décrit plus haut.

A Lubeck, la Trinité adorée par les saints, qui a fait l'objet d'un travail spécial, dans la Neunter Jahre<;bericht des Sereins von Kunstfreiinden in Lttbeck. Lûbeck, 1890, avec trois planches.

Au Musée de Wiesbaden : Marie et l'Enfant Jésus, tableau dont l'attribution me paraît douteuse.

Au Musée de Cologne : une Sainte Famille, peinte dans le genre de Van Orlcy, Saint Nicolas et saint Paul, et la Naissance du Christ, rappelant également la manière du même artiste. {Niessen, Ver^eichniss der Gemœlde-Sammlung des Muséums Wallraff-Richart:^ in Kceln, p. 65.)

Au Musée de Dresde : une Sainte Famille, achetée en 1873 à la baronne Dinisdale, à Londres, pour 3oo guinées (Hùbner, Ver^eichniss der Gemœlde-Gallerie, p. 4()5), qui a été photographiée.

Au Musée de Francfort : une Femme lisant {Ver^eichniss der Stadelichen Kunst- Institiite, n" 1 I4\

Au Musée de Munich : Saint Norbert combattant l'héi csie de Tauchelin (Cabinets, n° 59), peinture qui a été lithographiée dès 1825 par Bergmann, et qui se trouve reproduite dans Ch. Blanc. Quant à \a. Sainte Famille (Cabinets, n" 86) de la même collection, Alfred Michiels, qui était un lettré mais nullement un connaisseurs, la regarde comme une œuvre de Lancelot Blondeel.

A Vienne : un Repos en Egypte, et le double panneau représentant, d'une part, Antiochus Epiphane profanant le temple de Jérusalem, et, de l'autre, les Apôtres attendant la descente du Saint-Esprit, tableau provenant de l'église du Sablon, à Bruxelles, et qui fut acheté 4,000 florins par l'empereur François, en 1809. Dans la même ville, au palais Czernin, la Vierge en prières, figurée à mi-corps; dans la collection du prince de Lichtenstein, un très bon Portrait de femme, peint dans la manière italienne, et, dans la galerie Harrach, une Adoration des Mages.

A Turin, au Musée, un sujet indéterminé (n° 3 18). 'Wcermann attribue à Van Orley un Portrait d'homme, de la Galerie Pitti, de Florence (n" 223), et on signale encore comme étant de lui un Portrait de Christine de Danemark, qui est attribué à Holbein et conservé à Venise, dans la Galerie H&nh'm {Catalogue de T Académie, p. 268), Portrait d'un prince, faisant partie de la Galerie Borghèse, de Rome. Feu M. Castan, conservateur de la Bibliothèque de Besançon, avait trouvé une grande ressemblance entre le tableau des Épreuves de Job, du Musée de Bruxelles, et une Nativité du Musée de Naples, datée de i5i2, et attribuée à Albert Durer II avait l'intention de consacrer à ce tableau un travail, qui n'a jamais paru, je crois. C'est, à en juger par la photographie qui en a été faite, une œuvre due à un artiste des Pays-Bas et que l'on a attribué quelquefois à Jacques Cornelisz. On y voit l'Enfant Jésus couché dans un joli berceau, entre la Vierge et saint Joseph; au-dessus et au-dessous se jouent une foule de petits anges, dont l'un tient un livre ouvert. Sur les côtés sont agenouillés un homme âgé, suivi de son patron et de religieux, d'une part, et, d'autre part, deux dames vêtues de noir, accompagnées d'une patronne et de religieuses. La scène se passe dans un superbe portique, soutenu par des colonnes surchargées de sculptures et qui laissent apercevoir une ville magnifique, dont le port forme le fond de la partie centrale de l'œuvre; plus au haut, on voit encore, dans le portique, des anges folâtrant. Cette œuvre est remarquable par la richesse et le fini des détails, l'habile agencement de l'ensemble, l'exécution «lagistrale des physionomies ou du moins des principaux personnages. Toutefois, par suite des divergences d'opinions qui se sont manifestées à cet égard, on peut hésiter à l'attribuer à notre peintre.

Ce que j'ai dit plus haut des 23 dessins de Van Oricy, conserve's au Louvre (Rciset, Notice des dessins exposés au Af usée national du Louvre, p. lxxxiii), m'exempte d'en, reparler ici. Ceux qui représentent des scènes militaires m'ont paru reproduire des épisodes de la bataille de Pavie, à cause de l'analogie frappante qui existe entre eux et quelques particularités de cette terrible journée. Les autres dessins de batailles, qui se trouvent au Louvre avec les précédents, n'étaient pas en état d'ctrc reproduits. Quant à ceux qui se rapportent à la tenture des Belles Chasses de Maximilien, il faut les comparer à cette tenture même, qui est exposée au Louvre et dont doux pièces, entre autres, ont été photographiées et sont reproduites dans les Bulletins de l'Acidéinie de Bruxelles {'S' féiic, t. I"), d'après des photographies dont j'ai eu communication. Le douzième dessin a du servir à la tapisserie qui a été publiée dans l'ouvrage in-folio intitulé : les Tapisseries décoratives du Garde-Meuble (Paris, 1880? in-folio). Un site boisé s'y offre à la vue, laissant apercevoir, à l'arrièreplan, de grandes pièces d'eau entourées d'arbres de haute futaie; l'œil plonge avec ravissement dans ces sites où les beautés de la nature sont reproduites avec autant de grâce que de vérité. Sur le devant de la scène, un cerf, à demi caché dans un taillis, va être attaqué par des chiens que des veneurs retiennent à grand'peine; plus loin, on aperçoit d'autres épisodes de chasse. Au surplus, on a conservé des représentations de scènes de ce genre exécutées à la même époque; par le dessin elles se rapprochent do celles que l'on doit à Van Orley et avec lesquelles elles sont parfois confondues. J'ai mentionné également les dessins de Munich et de Vienne, et il en existe sans doute dans plus d'une grande collection de l'Europe qui n'ont pas été décrits.

Les vitraux que Van Orley composa pour l'église de Sainte-Gudule sont connus; du moins celui qui représente l'empereur Charles V et sa femme a été publié dans ^Histoire de la peinture sur verre, de Lévy (1" partie, p. 148), en une planche coloriée; le canon original, qui se voit actuellement au Musée des Arts décoratifs, à Bruxelles, en donne les parties centrale et inférieure. On admire, dans la même Galerie, le carton où Van Orley a dessiné le roi François 1" et sa femme en prières, et, plus haut, l'épisode de l'assassinat de Jonathas; Lévy en a également donné une planche coloriée (a* partie, p- io3.)

Disons, en terminant, que le portrait de Van Orley, au charbon, dessiné par Diirer, se trouve aùjourd'hui dans les collections du grand-duc de Saxe-Weimar.

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