‹ Bernardin de Saint-PierreChapitre 9 sur 19 · Essai sur Jx-J. Rousseau · texte numérisé non relu

Essai sur Jx-J. Rousseau

Sa femme était assise, occupée à coudre du linge; un serin chantait dans sa cage suspendue au plafond ; des moineaux venaient manger du pain sur fenêtres ouvertes du côté de la rue, et sur celles de l'antichambre on voyait des caisses et des pots remplis de plantes telles qu'il plaît à la nature de les semer. Il y avait dans l'ensemble de son petit ménage un air de propreté, de paix et de simplicité qui faisait plaisir, »

On dirait un de ces intérieurs de Chardin où de petites bourgeoises proprettes, en tablier et bonnet blanc, s'occupent du dîner et des enfants. C'est le plus joli tableau que nous possédions de Rousseau chez lui.

La conversation roula sur les voyages, les nouvelles du jour et les ouvrages du maître de la maison. Rousseau fut constamment gracieux et reconduisit ses hôtes jusqu'à son escalier; mais qui pouvait dire, avec un être aussi quinteux, si cette première visite aurait une suite ? Elle en eut pourtant, à la vive satisfaction de Bernardin. « A quelques jours de là, il vint me rendre ma visite. Il était en perruque ronde bien poudrée et bien frisée, portant un chapeau sous le bras, et en habit complet de nankin. Il tenait une petite canne à la main. Tout son extérieur était modeste, mais fort propre, comme on le dit de celui de Socrate. »

Celte seconde entrevue se passa encore le mieux du monde, à regarder des plantes et des graines des tropiques, mais elle fut suivie d'une première bour-

64 BERNARDIN DE SAlNT-PIERRË.

rasque. Trompé par l'air de bonhomie de son nouvel ami, Saint-Pierre l'avait compris dans une distribution de café des îles. Rousseau lui écrivit : « Monsieur, nous ne nous sommes jamais vus qu'une fois, et vous commencez déjà par des cadeaux; c'est être un peu pressé, ce me semble. Comme je ne suis point en état de faire des cadeaux, mon usage est, pour éviter la gêne des sociétés inégales, de ne point voir les gens qui m'en font; vous êtes le maître de laisser chez moi ce café, ou de l'envoyer reprendre; mais, dans le premier cas, trouvez bon que je vous remercie, et que nous en restions là. »

Ils se raccommodèrent moyennant que Saint-Pierre reçût « une racine de ginseng et un ouvrage sur l'ichthyologie » en échange de son café. Rousseau apaisé l'invita à dîner pour le lendemain. Après le repas, il lui lut ses manuscrits. On causa, les heures volèrent, et il résulta de ces débuts difficiles une liaison orageuse, comme elles l'étaient toujours avec Jean-Jacques, mais admirablement féconde pour le disciple, qui but à longs traits le miel d* la poésie, sinon de la sagesse, sur les lèvres du maître. Ce fut pendanl de longues promenades tête à tête, aux environs de Paris. Ils partaient à pied, de bon matin, et chacun choisissait à son tour le but de la course. Rousseau aimail les bords de la Seine et leurs collines, aussi désertes alors qu'elles sont peuplées aujourd'hui. <>n traversail !<• bois de Boulogne en herborisanl e1 I on apercevait dans o ces solitudes dés jeunes filles occupées a faire leur toilette en plein air. Un b

déposait les deux amis au pied du mont Valérien, et

ils grimpaient chez l'ermite du sommet, qui leur donnait à manger, ou bien Rousseau entraînait son compagnon vers les hauteurs de Sèvres en lui promettant « de beaux sapins et des bruyères toutes violettes ». Les « landes isolées » de Saint-Cloud avaient aussi leurs séductions; cependant tout ce côté de Paris péchait un peu par excès de sauvagerie. Tant la nature agissait fortement sur ces premiers amants, ivres de leurs découvertes, et dont les sensations n'avaient pas été escomptées par les descriptions des livres.

Lorsque Bernardin de Saint-Pierre conduisait, on allait de préférence du côté des Prés-Saint-Gervais et de Romainville. Les petits coins intimes et doux l'attiraient plus que les sites farouches comme Sèvres ou Ville-d'Avray. « Vous m'avez montré les paysages qui vous plaisent, disait-il ; je veux vous en faire voir un de mon goût. » On passait devant le parc Saint-Fargeau, englouti aujourd'hui par Belleville, et l'on gagnait insensiblement les molles hauteurs de ces « charmantes solitudes » — car c'étaient aussi des solitudes, mais moins sévères; une herbe fraîche y remplaçait les ronces de Saint- Cloud, des cerisiers et des groseilliers les noirs sapins de Sèvres. On n'était pas contraint de demander l'hospitalité à des ermites ; on trouvait des cabarets, où Rousseau aimait à faire lui-même l'omelette au lard, Saint-Pierre le café, objet de luxe apporte de Paris dans une boite. On revenait par un autre che-

Barinr. — Bernardin do Saint-Pierre. 0

min, toujours en cueillant des plantes et en déterrant des racines, et rien ne saurait exprimer le charme que l'épineux et défiant Jean-Jacques savait répandre sur ces excursions. Il s'y montrait simple, bon enfant, camarade facile autant que gai, s'intéressant à tout, causant de tout et prodiguant ses idées avec la magnifique insouciance du riche.

Que Bernardin de Saint-Pierre le mît sur la philosophie ou sur les questions de ménage, sur les Grecs et les Romains ou sur l'hygiène, sur son père l'horloger ou sur Voltaire, la source s'épanchait à larges flots, versant pêle-mêle anecdotes, maximes, théories, descriptions de paysages, jugements littéraires. On eût dit qu'il prenait sa revanche des conversations du monde, où il était connu pour rester court : « Je n'ai d'esprit, disait-il lui-même, qu'une demi-heure après les autres ». Il n'en était pas de même dans le tête-à-tête, et chacune de ses paroles entrait en coup de sonde dans l'esprit de son jeune compagnon, dont les idées avaient besoin d'un peu d'aide pour jaillir. L'effet ne se fit pas attendre. Saint-Pierre a fixé les dates dans une lettre à Hennin du 2 juillet 1778, six ans, par conséquent, après sa liaison avec Rousseau : « Enfin j'ai cherché de l'eau dans mon puits; depuis six ans j'ai jeté sur le papier beaucoup d'idées qui demandent à êlre mises en ordre. Parmi beaucoup de sable, il y a, je l"espère, quelques grains d'or. »

L'enchantement durait jusqu'à la rentrée dans Paris. Le Iront de Rousseau s'ol^eui'<i>-ail dès les

premières maisons des faubourgs: Sa folie le reprenait. Il fronçait le sourcil, hâtait le pas, devenait taciturne et morose. Un jour que son ami essayait de le distraire, il s'arrêta pour lui dire tout d'un coup au milieu de la rue : « J'aimerais mieux être au milieu des flèches des Parthes, qu'exposé aux regards des hommes ». L'accès se prolongeait parfois aussi longtemps qu'il était dans la ville, et personne n'était alors à l'abri de ses coups de boutoir. « Un jour que je lui rapportais un livre,... il me reçoit sans rien dire, d'un air austère et sombre. Je lui parle; il ne me répond que par monosyllabes, toujours en copiant sa musique; il effaçait, et ratissait à chaque instant son papier. J'ouvre, pour me distraire, un livre qui était sur la table. «Monsieur aime « la lecture », me dit-il d'une voix troublée. Je me lève pour me retirer; il se lève en même temps et me reconduit jusque sur l'escalier, en me disant, comme je le priais de ne pas se déranger : « C'est ainsi « qu'on en doit user envers les personnes avec les- « quelles on n'a pas une certaine familiarité. » Saint- Pierre froissé se jurait de n'y plus retourner, et puis on se rencontrait, on arrangeait une promenade, et Rousseau redevenait aimable aux premiers buissons. « Enfin, disait-il, nous voilà hors des carrosses, du pavé et des hommes ». »

Leur intimité dura jusqu'au départ de Rousseau

1. Il a exprimé le même sentiment, pins énergiquement encore, dans un passage de la Huitième Promenade où il se représente échappant enfin « au cortège des méchants ».

68 BERNARDÎN DE SAlNT-PÎÈRRË.

pour Ermenonville, en 1778, peu de temps avant sa mort. Son ami le pleura amèrement et parla toujours de lui avec tendresse et admiration. Il n'ignorait pas sa dette. Il se rendait compte, au moins à moitié, ce qui est déjà beau et louable, que s'il a eu une étincelle du feu sacré, c'est Rousseau qui l'avait allumée dans leurs entretiens. Il n'a jamais caché que ses ouvrages étaient semés d'idées qui leur étaient venues en marchant et qu'ils avaient agitées ensemble à l'ombre d'un arbre ou dans les sentiers verts. Les fruits des promenades avec Jean-Jacques se retrouveront dans les Études de la Nature. En rapprochant celles-ci du Voyage à Vile de France, on verra exactement ce que Bernardin doit à son illustre ami. Le Voyage est à la fois la preuve qu'il savait ce qu'il voulait faire bien avant d'avoir rencontré l'auteur des Rêveries, et qu'il n'en serait jamais venu à bout sans l'élan vigoureux que lui communiqua un génie plus robuste que le sien.

Il tint à peu de chose que sa carrière ne fût brisée au moment même où sa pensée prenait son essor. Le succès du Voyage à l'Ile de France auprès des belles dames faillit être funeste à son auteur. Il fallut payer leurs suffrages, comme toujours. M. de Saint-Pierre fut invité dans les salons. Les jolies femmes se jetèrent à sa tête avec leur indiscrétion accoutumée et lui attirèrent des |><iues cuisantes. Il avait des scrupules et il était vaniteux : le monde se moquait «lises scrupules, sa vanité ne pouvait se consoler des railleries du monde, et les femmes lui en voulaient

de son respect, de sorte que son âme s'empli d'amertume et de dégoût. Il n'en revenait pas de la dépravation de la société et se prenait contre elle d'une irritation maladive. Quelques mois après s'y et i e mêlé, son imagination la lui montrait occupée tout entière, et occupée uniquement, à se moquer de lui, de sa bonté, de sa douceur, de sa fierté, de toutes les vertus qu'il aimait à s'attribuer et qu'il choisissait, selon notre usage à tous, parmi celles qu'il avait le moins. Bientôt il ne put entendre rire sans se figurer qu'on riait de lui. Chaque geste lui devint suspect : « Je ne pouvais même, racontaitil plus tard, traverser une allée de jardin public où se trouvaient plusieurs personnes rassemblées. Dès qu'elles jetaient les yeux sur moi, je les croyais occupées à en médire. Elles avaient beau m'ètre inconnues. » Trente ans après, il était encore persuadé que Mlle de Lespinasse avait voulu l'insulter, un jour qu'elle lui avait offert un bonbon en le louant de sa bonté dans une occasion récente.

Il essaya du duel pour faire taire le murmure railleur qu'il croyait entendre sur son passage. Deux affaires heureuses furent impuissantes à soulager ses nerfs, et des désordres étranges commencèrent à lui faire craindre pour sa raison. Il s'adressa aux médecins, qui lui conseillèrent divers remèdes; mais il aurait fallu de l'argent, et son libraire ne l'avait pas payé. Cependant le mal augmentait, s'exaspérait; enfin la crise éclata : « Des feux semblables à ceux des éclairs sillonnaient ma vue.

Tous les objets se présentaient à moi doubles et mouvants— Mon cœur n'était pas moins troublé que ma tète. Dans le plus beau jour d'été, je ne pouvais traverser la Seine en bateau sans éprouver des anxiétés intolérables — Si je passais seulement, dans un jardin public, près d'un bassin plein d'eau, j'éprouvais des mouvements de spasme et d'horreur. Il y avaii des moments où je croyais avoir été mordu, sans le savoir, par quelque chien enragé. »

Bernardin de Saint-Pierre était fou, non pas fou à lier, ni incurable, mais bel et bien fou. Il le sait, l'avoue, et joint à sa navrante confession une note qui explique comment le public put ignorer son état : « Dieu m'a fait cette insigne faveur, que, quelque trouble qu'ait éprouvé ma raison, je n'en ai jamais perdu l'usage à mes yeux, et surtout à ceux des autres hommes. Dès que je sentais les paroxysmes de mon mal, je me retirais dans la solitude. » Suit une petite discussion métaphysique sur « cette raison extraordinaire » qui l'avertissait « que sa raison ordinaire se troublait ».

A peu près vers le même temps, son frère Dutailly entama la série d'extravagances qui obligèrent à l'enfermer.

Cependant le monde, dont Bernardin de Saint- Pierre avait réussi à se cacher, était pour lui sans indulgence. Il appelait méchant homme celui qui tait que malheureux. Nous sommes ici aux anné< lamentables, années de détresse physique el morale, de maux équivoques, de soupçons absurdes, de

querelles, de rancunes et aussi, hélas! de mendicité. Des amis s'éloignèrent, froissés par une humeur incompréhensible. D'autres furent écartés, et de ce nombre « les philosophes » : d'Aleinbert , Condorcet, tous les familiers de Mlle de Lespinasse. Bernardin de Saint-Pierre a expliqué naïvement, dans une Apologie adressée à Mme Necker pour obtenir sa protection .*, qu'il s'était brouillé avec « les philosophes » parce que ceux-ci ne lui avaient point procuré une gratification de Turgot : « S'ils avaient été mes amis, ajoute-t-il avec indignation, en auraient-ils agi ainsi? Les pensions, les emplois faciles, les bagues au doigt se distribuaient à leurs clients ; ils ne me parlaient à moi que de m'expatrier, quoique je leur en eusse témoigné la plus grande répugnance. » '26 janvier 1780.)

Il se retira du monde et vécut sauvagement dans un triste hôtel garni, ne fréquentant guère que Rousseau, bien fait pour comprendre un misanthrope, et quelques fidèles qui tinrent bon à toutes les quintes, Hennin en tête, dont la patience fut admirable. Sa situation aux Affaires étrangères lui valait d'être chargé des requêtes que son ombrageux et besogneux ami adressait aux ministres, et la tâche n'était ni légère, ni agréable; leur correspondance est là pour l'attester. Saint-Pierre quémandait

1. Cette pièce curieuse ne figure pas dans les Œuvres complètes. Elle faisait partie de la collection d'autographes de M. Feuillet de Conches. J'en dois la communication à l'obligeance de Mme Feuillet de Conches.

sans vergogne : « Je n'ai plus ni linge, ni habits; mes courses à pied ont achevé de les user. Si vous voulez me revoir, faites-m'en donner les moyens. Vous savez que votre département me doit une gratification bien légitime.... Souvenez-vous de m'être utile dans la distribution des grâces du roi. J'en ai grand besoin.... Je suis à l'emprunt et je n'ai rien à attendre qu'au mois de février de l'année prochaine. » Ainsi de suite, de mois en mois, quand ce n'est pas de semaine en semaine. L'argent tardait-il, Hennin recevait une lettre amère où M. de Saint- Pierre s'excusait sur le mauvais temps de ne l'avoir point visité, et ajoutait : « Si j'avais touché la gratification que vous m'avez fait espérer, j'aurais pris une voiture ». L'argent arrivait-il, c'était encore pis pour Hennin, à cause des cérémonies avec lesquelles il fallait le remettre au destinataire. Il y a dans leur correspondance une série de lettres tout à fait comiques à propos d'une somme de 300 livres que Saint-Pierre avait sollicitée avec instance et pour laquelle il veut se faire prier par M. de Vergennes. Il exige « une lettre de satisfaction et de bienveillance » du ministre, et de sa main encore, sinon il refuse les 300 livres. Silence d'Hennin, évidemment poussé à bout par cette prétention extraordinaire. Inquiétude de Bernardin, qui tremble d'avoir été pris au mot. Les 300 livres lui sont remises : il les empoche, les dépense et continue à réclamer sa lettre. Un an après, il la réclame encore, sans avoir cessé de mendier dans l'intervalle.

Il est vrai que cela se passait au temps où les bienfaits du roi honoraient et où la noblesse de France donnait l'exemple de tendre le chapeau à la manne royale. Il est vrai que cela se passait bien près du temps où l'homme de lettres vivait de plates dédicaces , d'emplois subalternes chez les riches et les grands, et s'estimait trop heureux, en l'absence de la propriété littéraire, d'acquitter en flatteries le terme d'une chambre au Louvre ou à l'hôtel de Gondé. Il est vrai qu'on ne doit pas demander des comptes exacts à un cerveau halluciné, et que rien ne pouvait ôter de l'esprit de Bernardin de Saint-Pierre que le gouvernement français lui devait des dédommagements pour son voyage de Pologne, où il assurait avoir risqué d'être pris par les Russes et envoyé en Sibérie. De même pour les mémoires dont il harcelait depuis quinze ans les gens en place et pour ceux qu'il se promettait encore de leur envoyer. De même pour les situations qu'il avait perdues par sa faute et pour celles qu'on lui avait refusées. De même pour les travaux littéraires auxquels il donnait son temps et qui avaient pour but le bonheur de l'humanité. De même pour les services qu'il avait rendus à sa patrie et dont ï Apologie contient une longue liste : « Je me rappelle d'avoir calmé dans le parc de Versailles une Basse-Bretonne furieuse, qui voulait, me disait-elle, aller faire une sédition sous les fenêtres mêmes du roi. C'était lors de la révolte du peuple pour les bleds. Une autre fois j'ai disputé

avec un moissonneur athée. » Comment refuser des pensions à l'homme qui a fait cela !

En bonne justice, on lui devait aussi des dédommagements pour les choses grandes et glorieuses qu'on l'avait empêché d'accomplir. Il avait mûri son plan de colonie idéale et expédié à Versailles projet sur projet. Tantôt il s'offrait à civiliser la Corse, tantôt à conquérir Jersey ou l'Amérique du Nord, tantôt à fonder un petit Etat en France même, dans les domaines du roi. Personne n'avait daigné s'occuper de ses plans, à moins cependant que « quelque protégé bien intrigant, bien avide ' », ne lui ait volé ses idées et ne se prépare à les exécuter en son lieu et place; on voit de ces choses-là dans les cours. Il s'en prenait de la coupable négligence du gouvernement au premier commis des Affaires étrangères, et ne lui ménageait point les reproches. L'excellent Hennin gémissait, s'affligeait, mais ne se fâchait pas. Il comptait sur des dédommagements, lui aussi, et ne comptait pas en vain. Sitôt que cette âme malade se rassurait un peu, elle avait des épanchements délicieux avec l'ami sûr et bon qui ne la brusquait jamais. Ce sont alors, dans leur correspondance, comme des oasis de paix et de poésie. Au commencement de 1781, Bernardin de Saint-Pierre avait quitté sa vilaine chambre meublée, sur le conseil d'Hennin. Il avait loué rue Neuve-Saint-Ktienne-dn- Mont un logement qu'il appelait son donjon, et où la

Page 1