X VIII
Berryer entre dans sa soixante-dix-neuvième année. — Caveau sépulcral des seigneurs d’Augerville ; emplacement consacré à sa famille et à lui-même. — Son respect pour les prêtres; sa vénération pour le Père de Ravignan. — Chute funeste au Jardin d’acclimatation. — Ses deux vieux amis meurent avant lui à quelques jours de distance; on le lui cache. — Pensée délicate de madame de Rothschild. — Dîner en J 867 chez le comte Pillet-Will avec Berryer et Rossini. — Apothéose de l’art musical. — Superstition de Rossini confirmée par sa mort. — Amitié des plus vives entre ces deux beaux génies. — Berryer se prépare à bien mourir. — Il veut aller à Augervilie. — Visites qu’il ne peut recevoir. — Ses adieux au barreau par l’intermédiaire de Me Marie. — Arrivée à Augervilie. — « Chez moi !» — « Mon père ! ma mèrel » — Exclamation pathétique. — Ce qu’était un mot, un cri dans la bouche de Berryer. — La juste satisfaction de soi-même. — Fable des Deux Pigeons. — Prières et douces paroles.
Au seuil de sa dernière année, le 4 janvier 1868, Berryer répondit aux souhaits d’usage que lui adressait une amie : « Je reçois avec plaisir vos compliments k de bonne année, je vous en remercie sincèrement, x Gardez-moi quelque peu de cette bienveillante alx feclion qui a mon âge encourage à vivre. Les ri-
« chesses du cœur sont les seules qui attachent encore « à l’existence celui qui commence aujourd’hui sa « soixante-dix-neuvième année. »
Berryer avait donné un terrain pour l’agrandjssesement de l’église d’Augerville. On avait conservé l’emplacement du caveau sépulcral des anciens seigneurs, quise trouvait au-dessous du chevet de l’église, moitié en deçà, moitié au delà du mur. L’entrée était à l’extérieur dans le cimetière. Berryer la lit couvrit par une construction nouvelle. Au fond de ce caveau étaient les tombes de la famille Cœur. Un de ces cercueils, ayant été ouvert, montra le corps d’une jeune femme qui conservait encore la teinte naturelle de la figure. Mais ce corps, mis ainsi en contact avec l’ait extérieur, ne larda pas à tomber en poussière.
Dans la partie antérieure du caveau , Berryer avaf rassemblé ses parents prédécédés, son père, sa mère sa femme et son frère le général (1). Sa place à lu
(1 ) Des plaques de marbre incrustées dans les dalles de b chapelle indiquent la place des sépultures. On lit :
Sous CETTE CHAPELLE REPOSENT :
Hippolyte-Nicolas BERRYER, général de brigade, ANCIEN GARDE DU CORPS DU ROI, NÉ LE 4 JANVIER 1795, DÉCÉDÉ LE 28 FÉVRIER 1857;
Et Anne-Marie GORNEAU, dame BERRYER,