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De Champagny, Discours à l'Académie française, p

terais que toute la France eût pu le voir et l'entendre ! Elle tomberait à ses pieds comme je m'y étais jeté à la fin de cette conversation, quand à deux reprises il m'a pris dans ses bras et m'a pressé sur son cœur. Le roi est, comprend, pense et veut tout ce que la France intelligente et honnête peut désirer, tout ce que réclament et les libertés publiques et la grandeur du pays »....

Cependant le voyage de Londres avait produit aux Tuileries l'impression la plus pénible. Louis-Philippe ne dissimulait point sa colère, et le gouvernement se préoccupait de châtier les auteurs d'une manifestation qu'il jugeait factieuse. On s'arrêta à l'idée d'une réprobation morale émise par les deux Chambres, et, dans l'adresse au roi du 12 janvier 1844, la commission inséra cette phrase : « La conscience publique flétrit de coupables manifestations. » M. Guizot, qui soutint alors avec énergie la proposition, a écrit depuis : « C'était une de ces expressions excessives et brutales par lesquelles les partis s'efforcent quelquefois de décrier leurs adversaires et qui dépassent les sentiments même hostiles qu'ils leur portent »

La discussion s'ouvrit le 15 janvier et Berryer demanda la parole. « On s'attendait, dit M. Thureau-Dangin, que le lion allait rugir, que le puissant orateur allait répondre à la flétrissure en foudroyant de son éloquence irritée les hommes et les principes du gouvernement de juillet. « Il ne fit rien de pareil, et parce qu'au milieu des rumeurs violentes du centre il resta calme, digne et modéré, les gazetiers prétendirent qu'il avait été inférieur à lui-même. Après avoir rappelé les principes qui avaient dirigé toute sa vie, il s'expliqua de nouveau sur le serment qu'on l'accusait d'avoir violé.

.... Je vous ai dit comment, depuis 1830, j'avais compris, pour les hommes de mon opinion, la possibilité, le droit de siéger avec hon-

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