‹ BerryerChapitre 129 sur 211 · A. de Tocqueville, Souvenirs, p · texte numérisé non relu

A. de Tocqueville, Souvenirs, p

tive, les plus grand services. En 1848, il soutint le projet du comité sur les bons du Trésor et les fonds des caisses d'épargne. Le ministre voulait qu'avant de voter le remboursement l'Assemblée attendît et statuât d'abord sur un projet relatif au rachat des chemins de fer. Berryer le combattit.

Les dépôts aux caisses d'épargne, s'écrie-t-il, leur caractère est sacré ; la nécessité du remboursement, à la moindre demande présentée à la caisse du Trésor, de leur remboursement intégral, est reconnu de tous. Ce remboursement est sacré pour une nation qui a de l'honnear.

Et plus loin :

Nous tous qui sommes le peuple, car le peuple français se compose de nous tous, il n'y a pas de fraction du pays qui s'appelle le peuple : le peuple, c'est vous, c'est moi, c'est nous tous. {Oui! Oui! Très bien!)

Notre sentiment à nous tous assurément, c'est de faire tout pour ramener l'ordre et la paix, pour rendre la sécurité au pays ; mais, après ces commotions, quand ces grands intérêts profonds, qui tiennent aux racines mêmes de la société, quand ces questions qui doivent transformer tant d'existences, tant de conditions d'existence dans notre pays, quand ces questions primitives, vitales, originelles, raciniennes, s'agitent dans le pays, croyez-vous, dis-je, que quand de telles questions s'agitent, la paix, le calme, la sécurité, se rétablissent avec une grande promptitude ? Vous voulez nous faire un meilleur état de choses et nous faire attendre jusque-là. C'est trop long, et en matière de finances, ce qu'il y a de plus pressé, c'est le crédit du jour, c'est l'opération du moment; l'ajournement, la lenteur, ce qui suspend la réalisation des valeurs, et qui, en suspendant la réalisation des valeurs, empêche qu'on puisse salarier le travail, l'indemniser, l'associer utilement ; une telle situation est inacceptable ; le mal s'accroît de jour en jour, il s'accroît sans cesse i.

Berryer combattit également, dans la séance du 2 août 1848, le projet de loi de M. Goudchaux, ministre des finances, relatif à l'établissement d'un nouvel impôt sur les prêts hypothécaires. Son discours eut un grand succès. Blessé de

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