De Boissieu, Gazette de France, 12 octobre
-salamis, j'ai porté à Wiesbaden cette politique à laquelle je vous ai dit que j'avais dévoué ces trois dernières années et que je n'abandonnerai pas tant qu'il me restera un souffle de vie ; cette politique d'union de tout ce qui est honnête, de tout ce qui est respectable dans mon pays, avec un entier oubli de tous les dissentiments, de toutes les luttes, de toutes les divisions passées. {Nombreuses marques d'assentiment à droite.) Oui! au nom de la société française, j'ai été y porter cette politique; mais ma besogne était faite; l'œuvre était accomplie d'avance; j'ai trouvé, dans le cœur du prince, tous ces sentiments, tous ces principes, toutes ces pensées, toutes ces convictions,
M. Aubry (du Nord). Il n'y a pas de prince ici ! Dites M. de Giiambord !
M. Berryer. Il n'est plus sous vos lois, vous l'avez exilé, je l'appelle par son nom. [Très bien! à droite.)
Oui, il a dans le cœur, il a dans la tête, cette même détestation des complots, des conspirations, des guerres civiles.
Ne parlez pas de trames secrètes : lui et ses amis ont besoin de respirer à l'air libre, au grand air, à découvert.... Groj'ez-vous donc, Messieurs, que celui qui n'a connu que les douleurs des demeures royales soit si imp-^tient d'y rentrer, au risque d'appeler sur le pays des malheurs et dps désastres qui le feraient maudire? Et croyezvous qu'il soit un ami dévoué qui puisse lui conseiller ce jeu terrible et coupable? Non ! je le répète encore une fois, non I Je l'atteste sur l'honneur que j'ai dans mes veines, non I II n'y eut autre chose à Wiesbaden que cette pensée, que cette déclaration qu'il fallait unir dans l'oubli de toutes les révolutions, de toutes les dissensions passées, les bons vouloirs et les intelligences honnêtes de ce pays ; qu'il fallait déraciner de tous les cœurs les ressentiments, les haines, les préventions que les malheurs passés y ont fait germer. Voilà le compte rendu vrai, complet, de notre voyage à Wiesbaden; tout autre compte rendu est altéré ou complètement dénaturé *.
« L'effet de ce discours fut immense, rapporte M. de Falloux, et dune voix unanime on résolut, chez M. de Pastoret, qu'on demanderait à M. le comte de Ghambord la sanction publique du langage de M. Berryer. Un rendez-vous fut pris chez le duc de Noailles, entre M. Mole, M. Guizot et les membres du comité légitimiste alors présents à Paris, afin de